Congo-Kinshasa: Epée de Damoclès

Fini donc le règne sans fin des intouchables. Fini donc l'autre moment où les mythes et les prophéties donnaient du fil à retordre à l'avancée de la démocratie. Mais, au fond, où en est-on avec tout ce big-bang politique marqué essentiellement par l'arrivée sur scène, depuis octobre 2020, de l'Union sacrée de l'Opposition ? Terrain miné. Tournure vertigineuse.

Après Mabunda, l'épopée Thambwe Mwamba avec ses démissions au rythme saccadé rappelle encore à la mémoire collective ce que signifie bien la fin d'un régime ou, même, le raté de son incarnation dans la tête de "Fatshi Béton" dont les idées fulminent vers d'autres horizons, vers d'autres pistes situées bien loin des sentiers battus d'il y a vingt ans.

D'où, l'épée de Damoclès en marche. Ce week-end, en effet, sur les terres paralysées du Katanga, après la chute de Zoé Kabila, tout a donc tourné au vinaigre au Tanganyika.

Aujourd'hui plus qu'hier, les choses iront encore de mal en pis au Lualaba où Muyej et Fifi Masuka sont à couteaux tirés.

Plus près de Kinshasa, dans le Kwilu, c'est la même chanson. L'effet boule de neige est donc passé à sa vitesse supérieure. On dirait que Félix Tshisekedi, depuis les temps mémoriaux de la coalition FCC-CACH, avait déjà donné des signes prémonitoires d'un déboulonnage en profondeur de l'ancien système.

Déjà, à Mbuji-Mayi, Maweja est tombé. En Ituri, Bamanisa, en dépit de la tentative de la résistance, est aussi parti sur la pointe des pieds.

Wale Lufungula, à la Tshopo, en plein Kisanga Singa Muambe, a été, lui aussi, éjecté. Ce week-end, bien d'autres motions de censure aux accents pimentés ont été ficelés et ourdis contre Théo Kasi, au Sud-Kivu et, même, Pieme au Kasaï. Donc, partout et progressivement, tous les Gouverneurs ex-FCC sont partis ou en voie de l'être sans que l'ancien Président, devenu presqu'aphone ne pipe mot.

Et, pourtant, dans l'affaire Zoé, il pouvait bien...

A Kinshasa, les frasques récessives et fantasques de cette même politique ont, plutôt, fait payer la facture salée à Néron Mbungu alors que Ngobila, lui, est resté encore debout. En Ituri et au Nord-Kivu, pendant ce temps, ces sont les hommes aux épaules galonnées qui sont montés au créneau.

Gouverneurs militaires et vice-gouverneurs policiers ont ainsi été nommés en début de la semaine passée, comme pour donner un signal en direction des groupes armés qui, depuis des décennies, écument, tuent, violent, volent et serpentent tous les milieux jusqu'aux pieds des montagnes du Kivu, alors que le peuple d'abord, devenu médusé, croupit dans la misère la plus exécrable.

Plus tard, lorsqu'on en aura fini avec ce processus de remise en question de l'ordre ancien au niveau des provinces, faudrait-il aller jusqu'aux Bourgmestres, aux chefs des chefferies et localités ? Telle est, pourtant, la question lancinante qui se pose à l'ensemble de la classe politique, en commençant, évidemment, par Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Sur le même chapitre précis, lorsqu'il sera nécessaire d'amener le peuple congolais aux prochaines élections, ces mêmes entités territoriales décentralisées devront-elles encore être réadaptées à l'évolution des choses ou elles resteront en l'état ? Après, juste après, ira-t-on vers les entreprises publiques, la diplomatie et les universités et services publics pour déboulonner ? Et, à la CENI ?

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