Gambie: Une doyenne de la lutte pour les Droits de l'Homme témoigne devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations

Mme Fatou Jagne-Senghore, membre de l'organisation Article 19 et militante avertie de la lutte pour les Droits de l'Homme a témoigné devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) en vue de donner la perspective de l'ONG et aider la Commission dans ses travaux.

La militante des Droits de l'Homme et de la Femme a rappelé à la Commission que les militants des Droits de l'Homme ont contesté les actions du gouvernement aussitôt après la manifestation du 10 Avril des étudiants.

Elle a rappelé que Muhammed Sillah, le porte-parole d'Amnesty International avait été l'objet d'arrestation et de mauvais traitements de la part de l'Agence Nationale de Renseignement (NIA) suite à une déclaration qu'il a faite sur les antennes de la BBC.

Mr Sillah, selon elle, a non seulement été arrêté et brutalisé par les agents de l'Agence Nationale de Renseignement, mais il a décidé en conséquence de partir en exile afin de préserver sa vie.

" Shyngle Nyassi, qui était membre d'une organisation politique, a également été arrêté. La question du locus standi, parmi tant d'autres, a été abordée dans ce dossier lorsque son avocat a essayé d'obtenir sa libération sous caution. Mr Nyassi a par la suite été remis en liberté. "

Poursuivant son témoignage, le témoin a déclaré qu'Article 19 est une Organisation de Défense des Droits de l'Homme qui lutte pour l'Accès à l'Information et la Liberté d'Expression. Elle a également ajouté que l'organisation compte des Bureaux de Région dans des pays tels que le Sénégal, le Kenya et la Tunisie parmi tant d'autres.

Elle a rappelé que le gouvernement avait entrepris en 1999 de restreindre les activités de la presse à travers la mise en place d'une Commission de Régulation de la Presse. Cette Commission aurait eu pour objectif, et ce, sous la stricte supervision du gouvernement, de veiller au recensement et à la surveillance des organismes de presse.

Nous avons écrit un Mémorandum adressé du gouvernement de la Gambie et l'Union de la Presse Gambienne a institué une procédure judiciaire à la Cour Suprême contre le projet de loi visant la création de la Commission. Le gouvernement a par conséquent procédé au retrait du projet de loi. Tandis que ce processus était en cours, le journaliste de renom Deyda Hydara et d'autres personnalités telles que Demba Ali Jawo, Pan Nderry, M'Bai et Suwabou Conateh ont pris contact avec l'ONG Article 19 en vue de dénoncer le projet de création de la Commission comme étant une entrave à la liberté d'expression.

Malheureusement, Dayda a été assassiné en Décembre 2004. Le gouvernement a alors procédé à la modification de deux lois en vigueur et à l'augmentation de la caution pour les personnes animées du désir de créer des organes de presse. En outre, la législation sur la diffamation a été endurcie.

Le témoin a déclaré que les journalistes faisaient régulièrement l'objet de poursuites judiciaires car ils étaient constamment accusés de trahison, de diffamation et de publication de fausses nouvelles par le gouvernement de l'ancien Président Jammeh, et ce, en vue d'empêcher les journalistes de remplir leurs fonctions.

Mme Senghore a révélé à la Commission que les journalistes étaient constamment persécutés par l'Agence Nationale de Renseignement (NIA) qui a procédé, et ce, de manière arbitraire, à la fermeture de plusieurs organes de presse.

La doyenne de la lutte pour les Droits de l'Homme a rappelé à l'attention de la Commission que l'ONG Article 19 avait adressé une correspondance à l'ancien Chef de l'Etat, une plaidoirie pour une enquête sur les circonstances de la mort brutale de Deyda Hydara et protester contre la modification du Code Pénal dont les excès auraient constitué un véritable obstacle aux journalistes dans l'exercice de leurs fonctions.

" Concernant le sujet du harcèlement dont ont été victimes des journalistes dont Abdoulie John, un reporter de la Presse Associée qui était mis sous surveillance et dont le passeport avait été saisi, nous avons facilité sa relocalisation au Sénégal. Il a fait son retour suite au changement de gouvernement. "

Elle a affirmé que les militants des Droits de l'Homme ont également exprimé des opinions et analyses juridiques sur certains projets de loi sur la presse qu'ils ont publiées et transmises au gouvernement.

Poursuivant son témoignage, le témoin a déclaré qu'elle avait eu une réunion concernant le sujet des Droits de l'Homme en Octobre 2016 avec le dernier Procureur Général et Ministre de la Justice sous l'ère Jammeh.

Cependant, la réunion n'avait pas connu une conclusion satisfaisante en raison de la précarité de la situation politique à l'époque. L'ancien Procureur General Singhateh lui avait cependant révélé son impuissance quant à la résolution de l'affaire concernant Solo Sandeng.

La conseillère juridique adjointe Njie-Jabbie lui a dit que l'ONG Article 19 a été le porte-parole des sans-voix et a contribué énormément au respect et à la préservation des Droits de l'Homme dans ce pays.

Elle a déclaré qu'environ une centaine de journalistes sont partis en exile tout en ajoutant qu'il ne doit exister selon les Droits de l'Homme aucune discrimination en matière d'aide et d'assistance humanitaire.

Elle a cependant précisé que leur contribution ne se limitait pas à porter secours aux journalistes car ils ont également guidé et orienté d'autres personnes en quête d'assistance vers l'organisme approprié.

Selon elle, un grand nombre de journalistes dont Abdoulie Ceesay, l'ancien Directeur General de Teranga FM, ont été injustement incarcérés dans plusieurs centres de détention du pays.

Le règne de l'ancien Président Jammeh marqué par une multitude d'atrocités contre les Gambiens '

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