Congo-Kinshasa: Matata Ponyo - "Je suis venu affronter la justice de mon pays"

Malgré le refus des services de sécurité de le laisser s'exprimer à sa descente d'avion, le Sénateur Matata Ponyo Mapon a réuni, dans son cabinet de travail, les chevaliers de la plume et chasseurs d'images, en vue d'éclairer la lanterne de l'opinion tant nationale qu'internationale sur des allégations lui attribuées au sujet du détournement des fonds alloués au parc Agro-pastoral de Bukanga Lonzo.

D'entrée de jeu, le Premier Ministre honoraire a dénoncé et qualifié le rapport de l'Inspection Générale des Finances qui, à ses dires, est truffé des mensonges et contrevérités.

Il reconnaît, par ailleurs, n'avoir jamais pris un seul centime destiné à Bukanga Lonzo, ni n'avoir la prétention de voler.

Pour le Sénateur élu de Maniema : "Je ne crains pas la justice ; j'ai foi en elle puisque je ne me reproche de rien, voilà pourquoi je suis rentré dans mon pays".

Par ailleurs, Augustin Matata Ponyo Mapon déplore l'instrumentation de la justice au travers un rapport mensonger qui distille des contrevérités dans le but de nuire à sa personne.

Parlant de son retour, il dit avoir reçu beaucoup de messages aux travers des personnes éprises de crainte qui lui interdisaient de ne pas rentrer au Congo puisque sachant ce que la justice ferait de lui.

Sitôt arrivé à Kinshasa, même une pauvre dame rurale a exprimé sa crainte de le voir arrêter.

Cependant, son retour, dit-il, est de confirmer son leadership courageux, mais aussi il n'y a pas de progrès sans leadership.

Pour lui, nombreux sont des pays du monde qui se sont construits autour du leadership. Derrière ce dernier, il y a le courage, la prise de risque et surtout que lorsqu'on sait que la vérité constitue l'arme la plus forte contre le mensonge, la justice finit par triompher quelle que soit la durée.

Pour cela, Matata Ponyo Mapon se devrait de rentrer en République Démocratique du Congo pour affronter cette justice.

Par amour à son pays, il a décliné plusieurs offres juteuses des institutions internationales ce, après avoir quitté la fonction du Premier Ministre, rien que pour le Congo.

Pendant 7 ans d'exercice de hautes fonctions de la République, dont deux années au ministère des finances et cinq années à la Primature, Matata Ponyo Mapon a œuvré pour la bonne gouvernance et les résultats ont été visibles, les meilleurs d'ailleurs depuis 1960, a-t-il fait savoir.

De ce qui précède, Matata Ponyo Mapon refuse d'accepter face à un montage de rester à l'extérieur de son pays, alors que plusieurs personnes lui exige de rester à l'extérieur pour sa sécurité.

Face à tous ces éléments mis ensemble, le Sénateur Matata Ponyo Mapon a levé l'option de rentrer puisqu'il ne se reproche de rien et que le dossier de l'IGF qui a fondé son interpellation est un dossier grossier, truffé des contrevérités. "C'est inacceptable, un pays comme le nôtre, 60 ans après, qu'on continue à parler du néocolonialisme, ce n'est pas quand même les belges qui demandent à une institution comme l'Inspection Générale des Finances de produire un rapport plein de mensonges contre un fils de ce pays", a-t-il dénoncé.

Face à cette réalité, il a préféré rentrer car, la République Démocratique du Congo est un bien commun qui n'appartient pas seulement à une catégorie d'individus qui pensent que mentir c'est bon et dire la vérité c'est mauvais, et que ne pas travailler c'est bon, et que travailler c'est mauvais, a-t-il justifié le pourquoi de son retour au pays.

"Si j'avais peur, je ne serais pas de retour. Je ne crains rien. Sinon, je ne serais pas de retour", a-t-il indiqué.

En outre, il a précisé qu'il faille à un certain moment qu'on sache le pourquoi de notre existence sur terre. Pour lui, notre existence ne se fonde pas sur la jouissance. "Moi, je suis venu à l'humanité offrir le progrès, le bien-être".

Ceci dit, si l'injustice doit se prévaloir contre la justice, Matata Ponyo se dit prêt à s'incliner.

Parlant de la demande de la levée de ses immunités, Matata Ponyo Mapon a fait savoir que si le respect de la vérité était observé, on ne peut pas demander la levée de ses immunités parlementaires du fait que le dossier de l'IGF sur lequel fonde l'action judiciaire contre lui est un dossier truffé des contrevérités et mensonges grossiers, insiste-t-il, tout en promettant aux congolais de mettre à nu ce rapport nauséabond.

Dans l'entretemps, il déplore le fait qu'il soit accusé d'auteur intellectuel pour un dossier traité en conseil des ministres. D'où, son rejet de le faire accusé dans ce sens alors que le dossier a été traité en conseil des ministres.

"Lorsqu'un contrat avait été signé avec les autres entreprises, le Premier Ministre ne signe pas le contrat. Ce dernier est signé par quatre ministres sectoriels qui ont la charge du suivi opérationnel du dossier".

Donc, pour ironiser l'attitude de ses adversaires politiques, les quatre ministres ne sont jamais Responsables, seul lui qui n'a pas apposé sa signature en est responsable.

Dans le même registre, Matata Ponyo dénoncé le comportement peu recommandable de l'IGF qui arrive à Bukanga Lonzo, qui constate l'existence d'un équipement, après vérification, dit n'avoir pas vu cet équipement et l'accoucher comme tel que l'équipement a été détourné par l'ancien Premier Ministre. "Vous initiez un grand rapport sur base des mensonges. C'est une calamité ça !", s'est-il exclamé. D'où, l'importance de dire la vérité rien que la vérité devant 80 millions des congolais qui ont été longtemps, si pas induit en erreur mais, menti par un rapport à un mensonge cousu de toutes pièces qui frise la légèreté avec intention de nuire.

Malgré cela, Augustin Matata Ponyo reste serein et dit avoir foi en la justice, quelle que soit l'issue de ce processus, a-t-il répété.

Sinon, il dénonce encore cette supercherie de convoquer le Congrès de deux chambres parlementaires dans le but d'obtenir cette levée d'immunités sans débat, en violation manifeste des prescrits constitutionnels et réglementaires. "Nulle part au monde, le Congrès qui est une haute institution de la République puisse statuer sur la levée des immunités d'un parlementaire". C'est du folklore, dénonce-t-il, dans un état démocratique.

Répondant à la question sur son tweet sitôt arrivé à Kinshasa, Augustin Matata Ponyo Mapon a indiqué par une illustration selon laquelle :

Si l'on dit de vous que vous êtes sorcier et que vous ne l'êtes pas, vous direz je naitrais saint. Ce n'est pas parce qu'on a dit de vous que vous êtes mauvais que vous allez vous convertir en mauvais.

Ceci dit, le processus qui a été lancé contre lui est fondé sur un faux rapport, injuste et un processus d'instrumentalisation sur des bases fausses et calamiteuses qui tend à instrumentaliser la justice sur base des faussetés.

En sus, l'ancien Premier Ministre attend étaler toute la lumière au cours d'un point de presse sous peu, en vue de dissiper le malentendu orchestré par l'Inspection Générale des Finances qui n'échappera pas aux poursuites judiciaires en cas des mensonges, a-t-il fait savoir.

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