Sénégal: Diourbel / Emploi et employabilité des jeunes - L'offre de formation inadéquate avec le marché du travail

Les jeunes du Baol pour la plupart sont durement touchés par le chômage. La question liée à l'emploi et à l'employabilité des jeunes constitue une véritable équation car les jeunes âgés de 18 à 35 ans ne peuvent pas trouver de l'emploi à cause de l'inadéquation entre l'offre de formation et le marché du travail. Comme partout ailleurs. Reportage

La question de l'emploi et de l'employabilité des jeunes constitue une préoccupation dans la région de Diourbel. Les jeunes âgés de 18 ans à 35 ans diplômés ou non diplômés peinent à trouver un travail décent. C'est le cas de Monsieur Omar Bayo Fall, un jeune diplômé du Cesti mais également titulaire d'un master 2 en droit privé à l'université Alioune Diop de Bambey. Il a mis en place son propre cabinet qui lui permet de mener des activités de consultance juridique. Il attend que l'Etat trouve des emplois aux jeunes sous plusieurs formes.

Il s'agit, selon lui, d'insérer les jeunes dans la fonction publique mais aussi et surtout essayer de rajeunir l'administration parce qu'il y a beaucoup de retraités qui sont maintenus dans leur poste.

Et il poursuit : « le président de la République a insisté sur cela le 1er Mai dernier, fête du travail. Il a poussé un niet catégorique aux centrales syndicales en leur disant qu'il est tout à fait anormal que des vieux retraités puissent travailler jusqu'à 65 ans alors que les jeunes sont là. Il est bon de tenir un tel discours mais c'est bon aussi d'aller jusqu'au bout de sa logique.

Les vieux partent à la retraité à 60 ans sur les papiers mais il y a des dérogations dans la magistrature et pour les professeurs d'université car ils peuvent aller jusqu'à 65 ans. Mais dans les faits, il y a des vieux qui sont partis à la retraite à 60 ans et qui sont encore maintenus. Il faut penser à rajeunir l'administration mais aussi essayer de faire des politiques qui peuvent encourager les jeunes à s'investir dans l'auto emploi. Il faut essayer d'accompagner les jeunes qui ont osé créer leur propre entreprise avec la DER (Direction de l'entreprenariat rapide) mais aussi dans d'autres structures. Mais le plus important, c'est de financer ceux qui sont prioritaires et ceux qui ont de l'expérience et qui ont des projets ambitieux et éviter la politisation des financements qu'on reproche souvent au gouvernement ».

Quid de la pression sociale ? Et notre interlocuteur de nous révéler : « Le jeune célibataire subit une certaine violence autour de son environnement. On me demande souvent pourquoi je ne me suis pas marié .C'est parce que je n'ai pas encore les moyens .On ne peut dire tout et on ne peut pas passer toute sa vie à raconter ses difficultés aux populations. Mais le plus important, c'est de faire ce qui dépend de soi », a-t-il conclu.

Pour Mme Fatou Ndiaye, titulaire de Master 2 en santé communautaire, il est difficile de trouver un emploi. « Nous sommes restés plus de 6 à 7 ans sans pouvoir trouver un emploi. Il faut que l'Etat mette les conditions idoines pour pouvoir nous insérer dans la fonction publique. L'offre de formation ne répond pas souvent aux besoins du marché du travail. Il faut donc réorienter les offres de formation », a-t-elle lancé.

Plus de: Sud Quotidien

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