Cameroun: Lutte contre les discours haineux et xénophobes - Les leçons du colloque de Yaoundé

Tolérance,ouverture, pardon et promotion de la réconciliation sont, quelques recommandations formulées par les experts, le 6 mai dernier à la clôture de la rencontre.

Malgré la sensibilisation tous azimuts des pouvoirs publics contre la propension des discours de haine à caractère xénophobe, leur sirène continue de retentir. Dans le souci de les contenir voire, de leur tordre le coup, la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM), a organisé au Palais des congrès de Yaoundé, du 5 au 6 mai dernier un colloque.

Au moment où le train de ces travaux entre en gare, il est chargé d'une trentaine de propositions et de recommandations. Toutes convergent vers un seul et même objectif : « faire du Cameroun une référence du vivre ensemble dans la sous-région, et peut-être sur tout le continent », a déclaré Peter Mafany Musonge, président de la CNPBM. C'était jeudi dernier, lors de la cérémonie de clôture des travaux. Pour remplir ce cahier de charges, les exposants, pendant ces assises, ont indiqué que la victoire sur les propos haineux et xénophobes passe par la tolérance, l'ouverture et l'acceptation de l'autre, malgré la différence. A court terme, ils ont proposé, entre autres, d'assurer une veille médiatique chargée de répertorier les occurrences de discours haineux et de xénophobie, d'intensifier la sensibilisation de la population sur les conséquences de ce type de propos.

Aussi ont-ils sollicité l'engagement formel de la société civile à dénoncer toute association ou organisation partisane fondée sur l'exclusion ethnique ou religieuse. A moyen terme, les experts ont convenu d'interpeler la diaspora sur la nature de son discours, tout comme ils invitent les partis politiques à éduquer nécessairement leurs militants. Ils exhortent également tous les partenaires sociaux à surveiller et évaluer les services publics en rapport avec les discours de haine. Mieux, ils proposent que de nouvelles lois sur de tels discours soient adoptées au Parlement.

A long terme, les scientifiques ont recommandé de procéder à la déstructuration des groupes ethno-régionaux, à la réorientation des perceptions publiques et à la dépolitisation de l'identité ethnique. Avant d'aboutir à de telles conclusions, les exposants ont eu à démontrer que les discours haineux et xénophobes plongent leurs racines dans « la culture, l'interaction sociale, la politique, l'inégal accès aux ressources, l'inégale répartition des ressources ou encore leur absence. » Ensuite, ils ont établi que ces discours se manifestent dans un cadre spatio-temporel, à travers des comportements tels que la difamation, les injures, l'humiliation, la dévalorisation, le dénigrement et l'exclusion de l'autre. Des comportements qui débouchent sur le trouble à l'ordre public, la guerre, le terrorisme, les crimes contre l'humanité, le génocide, etc.

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