Afrique de l'Ouest: Mahamat Idriss Déby au Niger - Les 5 raisons d'une visite

interview

S'il n'y avait qu'un pays, ça ne pouvait être que celui-là, au regard du contexte sécuritaire interne au Tchad et de la sous-région.

Pour sa première visite hors du territoire national, le nouveau président tchadien, Mahamat Idriss Déby, s'est en effet rendu hier lundi 10 mai 2021 au Niger. Un pays avec lequel le Tchad partage une communauté de destin : une frontière commune longue de 1 175 km ; les luttes contre Boko Haram et les groupuscules terroristes, respectivement dans le bassin du lac Tchad et dans la bande sahélo-saharienne, et plus récemment contre les rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT) qui se sont servis du territoire nigérien comme base de repli quand ils étaient acculés par les troupes loyalistes.

A cela s'ajoute le fait que le chef de l'Etat nigérien, Mohamed Bazoum, et son homologue mauritanien, Mohamed Ould El-Ghazaouani, ont été mandatés par leurs pairs du G5 Sahel pour jouer les messieurs bons offices entre les nouvelles autorités tchadiennes et une partie de la classe politique et de la société civile qui ne cesse de critiquer la dévolution dynastique du pouvoir en marche à N'Djamena après la mort au front d'Idriss Déby Itno le 20 avril dernier.

Cinq raisons suffisantes donc qui ont conduit «Petit Déby» à Niamey, où il s'est longuement entretenu avec le successeur du président Mahamadou Issoufou.

Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de quoi il a été question au cours de ce tête-à-tête entre les deux chefs d'Etat.

On peut en effet imaginer aisément que le jeune général de corps d'armée de 37 ans a sollicité le soutien du Niger pour venir à bout de la rébellion dont le chef d'état-major général de l'armée tchadienne, Abakar Abdelkerim Daoud, a du reste annoncé la déroute. Et c'est en commandant victorieux que le général, qui a par ailleurs décrété la fin des opérations, est rentré dimanche à N'Djamena avec dans son paquetage 156 prisonniers de guerre.

Simple propagande, comme on en voit souvent en pareille circonstance, ou réalité du terrain? On ne tardera pas à le savoir.

En attendant, l'héritier du défunt maréchal du Tchad a profité de son séjour chez le voisin pour rendre visite au contingent tchadien du G5 Sahel stationné à Téra, à 180 km de la capitale nigérienne. Un bataillon fort de 1 200 hommes qui, après plusieurs rendez-vous manqués, avaient été dépêchés dans la fameuse zone des «Trois-frontières» à l'issue du sommet de G5 Sahel qui s'était tenu le 15 février dernier à N'Djamena.

Le Tchad, on ne le sait que trop, est l'un des maillons forts de la force conjointe et c'est de ce fait l'une des principales monnaies d'échange politico-diplomatiques du pays, déjà du temps du père, et sans doute encore plus maintenant que la légitimité du fils, soupçonné de préparer un «plan de succession», est contestée.

Qu'ils le veuillent ou non, les autres pays, à commencer par le Niger, sont obligés de composer avec cet encombrant voisin.

Le pays d'Hamani Diori, comme on le sait, est dans l'œil du cyclone depuis de nombreuses années et est régulièrement la cible d'attaques terroristes, d'attentats et d'assassinats en masse de populations civiles, particulièrement ces derniers temps dans la région de Tillabéri, qui fait frontière avec le Mali.

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