Afrique du Nord: Transition numérique et e-gouvernance - Pourquoi cela dépend d'une volonté politique solide

Adnane BEN HALIMA, Vice-président en charge des relations publiques de la région Méditerranée de Huawei Northern Africa.
11 Mai 2021
billet

L’Afrique est en pleine mutation numérique. La pandémie de la Covid-19 a indéniablement accéléré cette transformation, mais la tendance était déjà amorcée, malgré des constats qui diffèrent d’un pays à un autre.

En Tunisie par exemple, le projet d’identifiant administratif unique est déjà en gestation depuis plusieurs années, témoin d’une mouvance digitale bien enclenchée. Aujourd’hui, et encore plus demain, le numérique est incontournable pour les entreprises comme pour le fonctionnement de la société.

L’essor du numérique passe par une évolution des mentalités

Si le rythme de déploiement du numérique varie d’une région à une autre, des prérequis sont nécessaires. Les infrastructures sont essentielles pour l’accès à l’électricité, la connectivité, ou encore l’utilisation des appareils. Mais le cœur battant des gouvernements pour fournir leurs services aux citoyens sont les centres de données et le cloud computing.

Ce sont eux qui permettent de connaître, identifier et relier les informations comme la santé, la finance, les aspects administratifs. La tendance est donc à l’essor du numérique, malgré des disparités régionales. Beaucoup de choses restent à faire, tant sur le plan des infrastructures que sur le cadre législatif. Le Togo, par exemple, a donné la priorité au numérique grâce à une impulsion politique pour la transformation du pays.

Aussi, l’aspect technique de la transition numérique est bien sûr important mais il ne faut pas négliger la résistance au changement. Changer les mentalités implique une volonté politique déterminée. Les infrastructures seules ne suffisent pas : pour pouvoir assurer la transition numérique, il faut former les fonctionnaires qu’ils sachent utiliser les nouveaux outils. Il faut développer des systèmes aux interfaces intuitives, user-friendly, pour en faciliter l’adoption. Et il faut une impulsion du politique pour légiférer sur la transition numérique.

La synergie entre les États et les acteurs privés est nécessaire à la transition numérique

De manière générale, les infrastructures de chaque pays sont gérées par les opérateurs locaux. Leur rôle est de fournir un service commercialement rentable. S’il ne l’est pas, c’est à l’État de prendre en charge son fonctionnement. Il faut militer pour un service public universel, profitable à tous les citoyens. Tous ne sont pas forcément desservis par les opérateurs : le rôle de l’État est donc essentiel. D’une part en encourageant l’usage des technologies par un cadre réglementaire adapté, d’autre part en garantissant l’accès aux services digitaux par une connectivité fiable et généralisée.

Le rôle des fournisseurs comme Huawei est ainsi d’accompagner cette transformation numérique grâce à des solutions adaptées à tous les scénarios. Que ce soit pour fournir une connexion fixe ou mobile, la clé est de s’adapter à l’environnement, par exemple quand il n’y a pas d’accès au réseau, ou même à l’électricité. Il faut travailler conjointement avec les États pour vulgariser l’usage de la technologie.

L’autre challenge pour la transformation digitale est la capacité des ressources humaines à travailler sur des systèmes numériques de e-gouvernement. Il faut des startups et des PME locales pour développer les cas d’usages, car le service public est lié à plusieurs secteurs. Les infrastructures et le matériel sont importants, tout autant que la dimension applicative pour fournir le service.

Des entreprises, de préférence locales, peuvent s’en charger. Pour cela, il faut dynamiser l’écosystème des compétences. Un levier majeur pour la transformation numérique réside dans l’éducation : il faut former les nouvelles générations aux enjeux des TIC, pour créer la force numérique de l’Afrique.

Le succès de la gouvernance digitale dépendra des impulsions politiques

La responsabilité des grands fournisseurs comme Huawei est de fournir des solutions adaptées à différents scénarios suivant les pays. Chaque situation est variable et la réalité de chaque territoire est unique. Dans certains pays, la technologie mobile est avancée. Dans d’autres, elle se substitue aux technologies fixes. Cette stratégie fonctionnait jusqu’alors dans les pays d’Afrique du Nord, notamment au Maghreb. Mais les limitations dans les bandes passantes sont progressivement devenues incompatibles avec l’augmentation de la consommation de données.

Pour cette raison, il faut des infrastructures fixes à long terme, basées sur des technologies puissantes adaptées à l’explosion de la demande. Des solutions adaptées sont déjà en cours de déploiement. Les smart grids et les sites télécoms intelligents permettent de palier aux prérequis en termes d’électricité et d’énergie. Il faut poursuivre les efforts d’adaptation, en favorisant une synergie en l’électrification et la fibre optique.

L’essor de la e-gouvernance repose sur cette adaptabilité. La rapidité de déploiement est également essentielle, comme l’accessibilité des appareils numériques, pour rendre la technologie accessible à tous. Il faut accompagner les gouvernements dans la création d’un service public universel, via des initiatives pour la tertiarisation de l’économie. Les avancées techniques sont évidemment fondamentales, mais doivent être accompagnées d’une vision politique claire pour implémenter la transition numérique. Ainsi, la transition numérique doit être mise au centre des priorités gouvernementales.

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