Afrique: Discours du Directeur général à l'occasion du Dialogue virtuel des Nations Unies sur l'architecture de préparation et de riposte face aux pandémies

Merci, Monsieur l'ambassadeur.

J'ai attentivement écouté tous les intervenants qui se sont exprimés ces dernières heures. Je pense que nous sommes tous d'accord sur la nature d'une grande partie des problèmes rencontrés, à savoir :

le manque de capacités aux niveaux national et mondial ; les lacunes concernant le partage rapide des données et des agents pathogènes ; le manque de financement adéquat ; la répartition inéquitable des interventions médicales ; le manque de solidarité et de coopération mondiales.

Permettez-moi donc de vous faire part de quelques réflexions sur la voie à suivre concernant chacun de ces problèmes.

Premièrement, pour ce qui est du partage en temps voulu des données et des agents pathogènes, il est clairement nécessaire d'améliorer le dispositif mondial d'alerte rapide, sur la base de l'approche « Une seule santé », et de mettre en place un système utilisé dans le monde entier aux fins du partage d'agents pathogènes et d'échantillons cliniques.

Deuxièmement, s'agissant du financement, je suis d'avis que le moyen le plus efficace de mobiliser des ressources aux fins de la préparation aux pandémies est de tirer parti des vastes moyens dont disposent le FMI, la Banque mondiale et les banques régionales de développement, et des liens qu'ils ont avec les trésors publics nationaux.

Pour ce faire, il faudrait simplifier les processus de mobilisation des fonds nationaux et internationaux destinés à la préparation et à la riposte aux pandémies.

Troisièmement, concernant les interventions médicales, nous devons bâtir une chaîne d'approvisionnement de bout en bout en cas d'urgence sanitaire, de la recherche et de l'innovation à la fabrication et à la distribution au niveau des pays.

Quatrièmement, comme vous le savez, pour remédier au manque d'établissement des responsabilités et de coopération constaté au niveau mondial, de nombreux pays adhèrent désormais à l'idée d'un traité international sur la préparation et la riposte aux pandémies, afin de promouvoir la mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI) et de donner un cadre à la coopération et la solidarité internationales.

Il s'agirait d'un traité qui ferait front pour une OMS renforcée et dotée de davantage de moyens et de ressources durables, qui dispose d'un pouvoir fédérateur et d'un mandat uniques d'envergure mondiale.

Alors que nous attendons les recommandations issues des différents examens et forums comme la présente manifestation, nos États Membres nous conseillent d'agir concernant plusieurs de ces priorités, y compris au moyen du BioHub, d'un système amélioré d'alerte rapide, de l'Accélérateur ACT, de l'examen universel de la santé et de la préparation et d'autres initiatives.

La pandémie nous a fait comprendre une vérité fondamentale : la santé est un droit humain, pas un luxe réservé à une poignée de personnes, et la pierre angulaire du développement national.

Quelques mois avant le début de la pandémie, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies tenue en septembre 2019, les dirigeants mondiaux ont entériné la déclaration politique sur la couverture sanitaire universelle (CSU).

La pandémie n'a fait que nous montrer pour quelle raison cet engagement est si important et les investissements dans des systèmes de santé résilients, qui reposent sur des soins de santé primaires solides, constituent le meilleur investissement que l'on puisse faire dans la sécurité sanitaire mondiale.

Il faudra prendre des engagements audacieux si l'on veut prévenir la prochaine pandémie.

Mais n'oublions pas pour autant les engagements audacieux qui sont nécessaires en ce moment même pour maîtriser la pandémie actuelle.

Le principe est le même : nous avons besoin d'accroître le partage, qu'il s'agisse des ressources financières pour financer intégralement l'Accélérateur ACT, des doses et de la capacité de production de vaccins, et ce dès aujourd'hui, et de la technologie, du savoir-faire et de la propriété intellectuelle pour augmenter rapidement et massivement la production de vaccins.

Si nous ne pouvons pas prendre les engagements audacieux nécessaires pour mettre fin à cette pandémie, comment le monde peut-il espérer que nous prendrons les engagements audacieux nécessaires pour arrêter la prochaine ?

Je vous remercie encore une fois, Monsieur l'ambassadeur, nous apprécions énormément le rôle moteur joué par les États-Unis. J'ai reçu la lettre envoyée par le Président Joe Biden le jour de son entrée en fonctions, et j'ai parlé à la Vice-Présidente Kamala Harris le lendemain et le Dr Tony Fauci s'est adressé à notre Conseil exécutif.

Même si nous attendons encore les recommandations du Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie, du comité d'examen du Règlement sanitaire international (RSI) ainsi que d'autres mécanismes et de forums comme la présente manifestation, nous mettons déjà en œuvre certaines initiatives, car nos États Membres le souhaitent vivement.

L'OMS est une organisation qui ne cesse jamais d'apprendre. Pour nous, le changement est une constante, et nous continuerons d'écouter les différentes voix et de tirer des enseignements.

Merci encore.

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