Afrique de l'Ouest: Emplois des jeunes, industrialisation de l'Afrique, immigration clandestine, intégration... - Le président de la Cour de justice de l'Uemoa ne fait pas dans la langue de bois

Le président de la Cour de justice de l'Uemoa a rappelé hier, lors de la prestation de serment du nouveau président de la Commission de l'Uemoa Abdoulaye Diop que « depuis longtemps on nous alerte que nous sommes assis sur une chaudière (... ), une bombe à retardement, car notre jeunesse regarde ». Selon Daniel Amagoin TESSOUGUE, « pour notre développement, ne comptons pas sur des amis, sur l'extérieur. Nous n'avons d'amis que nous-mêmes. Tous les autres, sont amis de leurs Intérêts, pas des nôtres ».

Daniel Amagoin Tessougue, président de la Cour de justice de l'UEMOA.

« America first ! », dixit l'ancien président américain Donald Trump. Slogan que semble appuyer le président de la Cour de justice de l'Uemoa. En effet, Daniel Amagoin TESSOUGUE qui s'exprimait, hier, à l'occasion de la prestation de serment du sénégalais Abdoulaye Diop porté à la tête de la Commission de l'Uemoa le 14 avril dernier, a soutenu que « pour notre développement, ne comptons pas sur des amis, sur l'extérieur ». Pour lui : « Nous n'avons d'amis que nous-mêmes. Tous les autres, sont amis de leurs intérêts, pas des nôtres ».

Messieurs les commissaires, recevez les félicitations appuyées de la Cour, dit le président de ladite Cour. Qui souligne : « A votre tour, vous allez ajouter d'autres pierres à l'édification de la maison commune Uemoa. » Ce sera dans un contexte bien critique, précise-t-il dans la foulée. A avant de faire savoir qu'il urge néanmoins que l'Afrique tire son épingle du jeu.

Votre dédicace devra être de relever le défi de notre sous-région, où la pauvreté et la misère semblent avoir élu domicile, lance-t-il à l'endroit des nouveaux membres de la Commission. A qui il rappelle que « depuis longtemps on nous alerte que nous sommes assis sur une chaudière, quelqu'un a dit, une bombe à retardement, car notre jeunesse regarde ».

Elle nous Interpelle, elle est impatiente, insiste M. TESSOUGUE. En effet, pour lui, quand la jeunesse d'une nation, en arrive à choisir la mort dans le Sahara ou sur des plages en quête de bonheur dans un hypothétique El Dorado, plutôt qu'à vivre dans sa patrie, les décideurs se doivent de se poser des questions.

Car, argue-t-il, chaque cadavre solitaire dans le Sahara ou sur les plages, chaque corps desséché, constitue autant de points d'interrogation. En ce sens, Abdoulaye Diop et Cie ont du lourd sur leurs épaules. Car, « il faut être capable de trouver des solutions à tous ces maux qui taraudent notre continent ».

« Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. »

Souvenons-nous de l'apostrophe de Aimé Césaire dans son discours sur le colonialisme, dit-t-il. Avant de citer : « Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. »

Selon lui, l'Afrique est encensée, comme étant le continent vers lequel les investisseurs du monde entier se précipitent actuellement, car elle est une terre nouvelle pleine de promesses d'enrichissement. Effectivement, les investissements étrangers progressent rapidement, mais pour le bien des autres, soutient le président de la Cour de justice de l'Uemoa. Lequel souligne qu'étonnamment, notre continent reste le creuset de la misère et du pessimisme.

« (... ) la Jeunesse n'acceptera plus qu'on lui fasse croire que le chômage est une fatalité. »

Seulement, la Jeunesse n'acceptera plus qu'on lui fasse croire que le chômage est une fatalité, confie Daniel Amagoin TESSOUGUE. D'après qui, nos matières premières devront être dédiées à nous d'abord et ce sera bientôt la réclamation forte de la jeunesse, afin que cessent ces morts bêtes de bras valides dans l'océan et le désert.

Dans la même lancée, il appuie que l'industrialisation devra se faire de gré ou de force car l'Afrique doit occuper sa place au soleil. A l'en croire, avoir une économie compétitive ne sera plus une question de choix, mais une obligation.

« Nous devons être capables de mutualiser nos forces et nos atouts, surtout que toutes nos Constitutions proclament œuvrer à la réalisation de l'intégration sous régionale ou régionale, voire à aller jusqu'à l'abandon partiel ou total, de souveraineté pour la réalisation de l'Unité africaine. », plaide TESSOUGUE.

Qui soutient que les rues qui grognent un peu partout, sonnent déjà comme une alerte. « Enfin, je ne me hasarderais pas à être plus docte que vous dans un domaine dont vous êtes Ies meilleurs spécialistes, conclut modestement le chef de la Cour de justice de l'Uemoa.

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