Ile Maurice: Bazar de Port-Louis - Les marchands de souvenirs n'attendent pas de retour à la normale avant 2022

Cela fait plus d'un an que les commerçants de la section souvenirs du bazar de Port-Louis font preuve de patience. Ils espèrent que les touristes visiteront bientôt leurs échoppes pour rapporter un souvenir de Maurice à leurs proches. Certains ont pensé à se reconvertir, mais faute de capital, ils ne peuvent aller de l'avant.

Depuis le 1er mai, date de la deuxième phase du déconfinement, les rues de Port-Louis sont animées. Toutefois, du côté du bazar central, le contraste est saisissant entre la section spécialisée dans la vente de fruits et légumes et celle des objets souvenirs.

Une situation qui dure depuis plus d'un an, au grand dam de Naden Bakshya qui peine à joindre les deux bouts. «Mon épouse, mon enfant et moi devons vivre chez ma mère. Depuis plus d'un an, c'est sa pension et l'aide financière du gouvernement qui nous aident à vivre.»

Le 1er mai, il a rouvert sa boutique comme ses confrères: «Il faut aérer le magasin. Nous ne pouvons nous permettre de perdre notre stock. Mais souvent, je retourne chez moi sans n'avoir rien vendu.» Une situation qu'il dit subir depuis mars 2020.

Changer mais pour faire quoi ?

«Sans les touristes, l'on ne peut vivre. 80 % de notre clientèle est étrangère et 20 % sont des expatriés de passage.» Naden Bakshya a bien pensé à vendre son local pour se reconvertir, «nous avons réalisé que ne pouvions dépendre uniquement du marché touristique. Il faut se réinventer», mais les finances lui font défaut. De plus, il ne se sent capable de porter une telle aventure à bon port. «Nous devons être patients et attendre.»

Une patience qui mine Sanjay, commerçant dans l'endroit depuis plus de trente ans. Ce dernier ne serait pas contre le changement. «Mais pour aller faire quoi ? Car beaucoup sont dans le même cas.»

Il raconte que les Mauriciens ne viennent s'aventurer dans cette partie du bazar. «Je pense que les gens ne savent même pas que nous existons. Beaucoup pensent que cette aile n'est réservée qu'aux touristes. Nous avons bien tenté de faire un peu de pub sur les réseaux sociaux, mais sans succès.»

À moins d'une aggravation de la situation pandémique, Sanjay ne s'attend à un retour à la normale avant 2022. «Nous allons rouvrir les frontières. Mais est-ce que les autorités nous considéreront dans les mesures qui seront instaurées ? Et si les hôtels organisent des visites pour les touristes, penseront-ils à nous ou privilégieront-ils leurs contacts ?»

Toutefois, il espère que la municipalité de Port-Louis respecte ses engagements envers les commerçants. «Après le premier confinement en 2020, nous avons fait part de notre situation financière à la municipalité, et de notre incapacité à payer nos frais. Il y a eu un engagement verbal. Aujourd'hui, nous craignons qu'à la reprise des activités, l'on nous demande de nous acquitter de certaines dettes.»

Plus de: L'Express

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