Madagascar: Diana - Les artisans à bout de souffle

La pandémie laisse beaucoup de séquelles dues à la longue période de la crise sanitaire. L'absence des touristes étrangers pèse lourd sur le secteur artisanal, car les vendeurs et les créateurs d'arts malagasy sont maintenant à bout de souffle.

Selon les données statistiques fournies par le département régional du tourisme, cette partie septentrionale de la Grande île n'avait accueilli que douze mille touristes en 2020 alors qu'ils étaient soixante- dix mille l'année précédente. Cependant, seuls 25% des clients de l'année passée forment la vraie clientèle consommée, les restes ont été des rapatriés. Une situation catastrophique pour l'ensemble des artisans antsiranais.

L'absence de travail est le corollaire direct de la crise de la pandémie de Covid-19 sur le secteur artisanal. À cela s'ajoutent les nombreux retards de paiement des produits finis. Ces deux facteurs ont plongé les entreprises artisanales dans un coma profond.

Tout au ralenti

Lantonirina Rakotondraibe vit de l'artisanat depuis des années et possède une boutique artisanale au bord de la route de Bazarikely. Elle est issue d'une famille de sculpteurs de la région d'Ambositra qui travaille avec elle depuis qu'elle a décidé de rester dans le Nord. Son activité prospère, mais à l'heure actuelle, elle se plaint de sa situation car la crise sanitaire a mis à genoux l'artisanat malgache. Membre de l'EFOI (Entreprendre au féminin de l'océan Indien), elle dévoile que la plupart des entreprises artisanales de la région sont de petite taille ne disposant pas de gros moyens financiers, donc sans moyens suffisants pour pouvoir faire face aux conséquences de la Covid-19. Le confinement a malheureusement porté le coup de grâce presque toutes, car les commandes et les ventes ont baissé de façon drastique sans que les entreprises aient pu s'y préparer.

Selon ses explications, l'art malgache est très populaire, mais les étrangers en sont les principaux clients. Depuis l'apparition du coronavirus, même les touristes nationaux ou régionaux qui comptent offrir des cadeaux à leurs proches, sont absents sur le marché.

« Je n'ai jamais connu une crise pareille depuis des lustres. Ce sont mes petites économies de 2019 qui m'ont permis de subvenir à mes besoins en 2020, mais l'année 2021 s'annonce catastrophique. Maintenant, je suis endettée et je ne peux plus payer mon loyer, car la facture de la Jirama et la nourriture priment », déplore-telle. Et d'ajouter que cette crise sanitaire a contraint nombre de commerces artisanaux à arrêter leurs activités.

Plus de: L'Express de Madagascar

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