Madagascar: Conjoncture - Des perspectives malgré la Covid-19

La Banque centrale de Madagascar (BFM) a présenté les premiers résultats de l'Enquête de conjoncture économique, ECE. Des raisons d'espérer malgré la crise sanitaire.

L'économie toujours en convalescence. Alors que beaucoup attendaient une relance soutenue après la timide reprise depuis septembre octobre. Les premières conclusions de l'ECE menée par la Banque centrale auprès des établissements et des banques révèlent plutôt quelques signes encourageants sur certains indicateurs clés du cadrage macro-économique. Même si la note introductive se prête au pessimisme ambiant. « Les résultats font état d'un ralentissement des activités économiques au premier trimestre de cette année comparé au dernier trimestre de 2020. Cela est dû aux effets combinés d'une baisse saisonnière habituelle au cours de cette période ainsi que des impacts de la résurgence de la pandémie de Covid-19 à Madagascar. Les perspectives de croissance dépendent de l'ampleur de cette deuxième vague de Covid-19 et de capacité de résilience du pays à y faire face, selon les opinions de la majorité des entreprises sondées ».

Il est vrai que les activités touristiques, par exemple, un des secteurs porteurs de la croissance économique, bon an mal an, génératrices de nombreux emplois directs et induits, pataugent encore dans la précarité la plus totale. Par la fermeture des frontières des uns et des autres. Alors que l'idée d'un passeport vaccinal fait son chemin dans les pays fournisseurs de voyageurs pour Madagascar. Ce qui serait un handicap de plus pour la Grande île même en cas de réouverture des frontières.

Sur le front du taux l'inflation, malgré une hausse généralisée des prix des PPN « il a été soulevé qu'il reste contenue avec une variation annuelle de l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) de l'ordre de 5,1% en mars 2021 contre 4,2% à la même date l'an dernier. Cela résulte de la hausse des prix du riz avec une évolution annuelle de son IPC à 8% au lieu de 1,1% un an plutôt ». Une déduction qui va à l'encontre du ressenti sur les étals des épiceries des quartiers.

Chute de la vanille

Au titre des échanges commerciaux, l'ECE précise « quant aux exportations de Madagascar, la valeur nominale des exportations de vanille a baissé par rapport au premier trimestre de 2020, suite à la chute du prix plancher de 365 USD/kg à 250 USD/kg. Il en est de même pour les exportations des entreprises franches avec une diminution de l'ordre de 11,4% en valeur ». L'interférence du ministère de l'Industrie, du commerce et de l'artisanat dans la fixation des prix de l'or vert, a été désignée autant par les principaux acteurs du milieu comme étant à l'origine de cette érosion des prix. Préjudiciable surtout aux planteurs.

« En revanche, les importations de biens alimentaires ont connu une hausse de l'ordre de 36,3% aussi bien en valeur qu'en volume. Les importations des entreprises franches ont également suivi ce rythme ascendant avec une hausse importante de la valeur nominale de 34,2% en raison de la flambée des prix à l'international de près de 40%. Et s'agissant du stock de réserves officielles de changes, il se chiffrait à 1.816 millions de dollars à fin mars 2021, contre 1 845,5 millions de dollars à fin 2020. En termes de couverture des importations de biens et services non-facteurs, ces réserves ont représenté 5,8 mois en fin mars 2021 contre 4,4 mois en fin mars 2020 ». Une performance inattendue en matière de réserves en devises.

Ce qui a eu une répercussion positive au niveau du Marché interbancaire des devises, MID. Où « un regain de valeur de la monnaie nationale par rapport aux devises étrangères a été observé sur le premier trimestre 2021, soit une appréciation respective de 5,6% par rapport à l'euro et 1,1% par rapport au dollar». Encore une évaluation pouvant être sujette à caution. Par rapport au diagramme des fluctuations transactionnelles du MID, publié chaque jour par la BFM. Donnant plutôt l'image d'une dépréciation chronique de l'ariary.

« Par contre, la masse monétaire s'est accrue de 124,9 milliards d'ariary ou +0,9% à fin février 2021 suite à l'élargissement des « Créances nettes sur l'État » du système bancaire de l'ordre de 294,9 milliards d'ariary. Cette hausse de la masse monétaire, combinée à une insuffisance de l'activité économique serait susceptible d'exacerber les pressions sur les prix au cours des prochains mois », évoque le rapport de la BFM. Elle a déjà relevé de taux de facilités pour endiguer une éventuelle dérive inflationniste.

Et comme perspectives l'ECE conclut que « l'économie mondiale devrait être en croissance de +6,0% en 2021. Elle serait de 3,4% en Afrique sub-saharienne. En outre, le commerce mondial rebondirait en 2021 avec une croissance de +8,4%. La demande en nickel et en cobalt serait en hausse avec la demande de voitures électriques. Mais pour le cas de Madagascar, selon les prévisions, la production devrait croître de +3,2%, après un repli de 4,2% en 2020. Elle serait essentiellement tirée par le secteur secondaire dont les industries minières et la branche des énergies et le secteur tertiaire. En tout, de grandes incertitudes planent encore sur l'environnement macroéconomique, notamment l'apparition de nouveaux variants du virus Covid-19, l'évolution des prix des matières premières et la capacité d'ajustement de l'économie dans la situation actuelle. La combinaison de ces paramètres et les caractéristiques spécifiques de l'économie détermineront la vitesse de redressement de l'économie ». Ainsi, tout est lié dans un ensemble assez complexe dans ses composantes.

Plus de: L'Express de Madagascar

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