Congo-Kinshasa: Reprise du procès de l'ex-patron de l'ANR - Kalev Mutond pourra-t-il échapper à la Justice ?

Tribunal - Maillet de justice
analyse

L'ancien administrateur général de l'Agence nationale des renseignements (ANR) de la République démocratique du Congo, Kalev Mutond, pourra-t-il encore échapper à la Justice ? Tout porte à croire que non au regard de l'accélération et de l'enchaînement des événements.

En effet, après des convocations auxquelles l'intéressé n'a pas déféré, la Justice avait émis un avis de recherche avec mandat d'amener. Et comme pour aller plus vite, un procès avait été ouvert devant le Tribunal de grande instance de la Gombe, le 3 mai dernier et a repris le 10 mai 2021.

L'ex-patron des services de renseignements est poursuivi pour atteinte aux droits humains. Qui l'eût cru ? Ce d'autant que cet ancien proche du président Joseph Kabila avait, il n'y a pas longtemps, droit de vie et de mort sur les citoyens de son pays, notamment les défenseurs des droits humains qu'il considérait comme des parias.

Avec l'ouverture de ce procès, l'étau, et c'est peu de le dire, se resserre davantage autour de cet homme qui, subitement, a disparu des radars. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la poursuite du procès de Kalev Mutond, constitue, à n'en point douter, un espoir pour les centaines de personnes qui ont été torturées, humiliées pour les plus chanceuses. Pour autant, l'heure de vérité a-t-elle sonné pour Kalev Mutond? Tout laisse croire que oui.

En tout cas, en attendant de connaître le verdict de ce procès, l'on peut, sans risque de se tromper, dire que la Justice semble déterminée à lui faire rendre gorge, surtout que l'homme n'a plus le parapluie de Kabila qui le protégeait.

On est d'autant plus fondé à le penser que la fuite de cet homme de la RDC, s'apparente, à tout point de vue, à un aveu de culpabilité. Mais aura-t-il le courage d'assumer son passé de bourreau ? Que nenni ! Puisque l'homme est toujours absent à la barre.

La Justice doit donner un signal fort pour dissuader tous les prédateurs des droits humains

En tout cas, Kalev Mutond doit se rendre à l'évidence que le temps de l'impunité est révolu. Et c'est tant mieux pour la RDC. Ce d'autant que le peuple congolais a souffert le martyre sous le régime autocratique de Kabila. Ce procès, pourrait-on dire, est le fruit de l'alternance politique en RDC.

Et il faut souhaiter que le président Félix Tshisekedi qui n'a pas hésité à mettre son directeur de cabinet, Vital Kamerhe, au gnouf pour des raisons de détournement de deniers publics, continue de nettoyer les écuries d'Augias. Cela dit, la Justice gagnerait à poursuivre cette œuvre de salubrité publique en élargissant le cercle des accusés.

Des anciens tortionnaires comme le général de Police, John Numbi, doivent également comparaître pour les nombreux crimes commis sous le régime dictatorial de Joseph Kabila. Si ce dernier sur qui pèsent des soupçons d'assassinat du défenseur des droits humains, Floribert Chebeya, n'avait pas les mains tachées de sang, il n'aurait pas pris la poudre d'escampette.

La Justice congolaise doit, à travers ce procès, donner un signal fort pour dissuader tous les prédateurs des droits humains. Tant que ceux qui se sont donné le malin plaisir de torturer ou tuer d'innocents citoyens, ne payeront pas pour leurs crimes, ni la justice, ni la démocratie ne s'installeront durablement en RDC. C'est dire si la Justice n'a pas droit à l'erreur. Cela dit, il est temps que les juges fassent preuve de courage et d'indépendance. Car, il y va de l'avenir du Congo.

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