Cameroun: Port d'effets militaires par les civils - Pas de confusion

L'utilisation confuse, abusive et déviante des effets et insignes militaires par des civils a amené le Mindef à sonner le tocsin.

Par ces temps de Covid-19, où le gouvernement sensibilise au respect des mesures barrières et particulièrement au port des masques des cache-nez estampillés « Mindef» et fabriqués par l'« Atelier central de confection de la Réserve logistique des Armées et de la Gendarmerie » font florès dehors. Ils sont portés indifféremment par militaires et civils.

Les civils qui arborent cet outil de protection se font parfois passer ou sont regardés comme des personnes privilégiées. Et les agressions physiques signalées par le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense et dont se sont rendus coupables des individus arborant des masques anti Covid- 19 estampillés « Mindef» ou « Gendarmerie » sont venues tout gâter. Mais il n'y a pas que le masque «militaire » qui intéresse les civils. Comme un effet tendance, depuis quelques années, certains civils affectionnent particulièrement les tenues vestimentaires aux insignes militaires.

Il y en a de tous les goûts et de tous les âges : uniformes complets, pantalons, culottes, pantacourts, bérets, casquettes, chaussures de combats. Si l'on admet, et c'est aussi une réalité observable, que certains gendarmes et militaires, en activité ou retraités peuvent passer certains de leurs souliers, bérets et ceinturons usagés à des tiers, généralement aux membres de leurs familles, ces dons n'ont rien à voir avec le phénomène qui se vit actuellement.

Ces effets vestimentaires avec lesquels paradent certains civils ne sont pas une dotation ou une donation de l'armée mais proviennent des circuits commerciaux divers. Importés, les tissus aux couleurs et motifs militairessont vendus, confectionnés et écoulés à divers endroits du pays, et portés à des fins civiles. Si des artistes les utilisent pour leurs spectacles, une certaine classe de personnes généralement les jeunes les portent pour les sorties le week-end.

Les plus audacieux arborent jusqu'aux effets et insignes appartenant à des unités spéciales comme le Bataillon d'intervention rapide (Bir), le Groupement polyvalent d'intervention de la gendarmerie nationale (Gpign). Cette mode était en passe de devenir addictive et la hiérarchie de l'armée après plusieurs rappels à l'ordre vient encore de sonner le tocsin.

Dans un communiqué signé et publié le 6 mai dernier, le ministre délégué à la présidence, chargé de la Défense fait savoir que les masques du Mindef ou de la Gendarmerie sont gracieusement des- tinés aux seuls personnels militaires et civils régulièrement répertoriés dans les registres du ministère de la Défense ». Joseph Beti Assomo poursuit en relevant que le port frauduleux desdits masques est assimilé au port illégal des uniformes et autres effets militaires par des individus non habiletés.

Ceux-là, avertit-il, violent la loi N°82/19 du 26 novembre 1982 interdisant l'achat, la vente, la confection, la distribution, le port ou la détention d'effets et insignes militaires par toute personne phy- sique ou morale non autorisée. Dans un ton comminatoire, le Mindef prévient que les services spécialisés de l'armée sont désormais dehors pour les traquer afin de les en dessaisir et ce, sans préjudice des poursuites judiciaires .

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