Afrique: Questions et réponses concernant la lutte contre les organismes nuisibles et la gestion des pesticides

communiqué de presse

Les organismes nuisibles et la gestion des pesticides

1. Que sont les pesticides?

Les pesticides sont des substances ou des mélanges de substances d'origine chimique ou biologique destinés à repousser, détruire ou combattre un organisme nuisible ou à réguler la croissance des végétaux. Le terme pesticide englobe les insecticides, les herbicides, les fongicides, les rodenticides, les molluscicides, les produits de préservation du bois et plusieurs autres substances employées pour combattre les organismes nuisibles. Sont également inclus les régulateurs de la croissance des végétaux, les défoliants et les agents dessiccateurs.

Les pesticides sont utilisés dans l'agriculture depuis des milliers d'années, mais ils se sont généralisés à partir des années 1940, grâce à l'essor des pesticides chimiques de synthèse et au développement rapide des biopesticides au cours de la dernière décennie. Aujourd'hui, il existe plus d'un millier de pesticides sur le marché (pesticides chimiques, microbiens, semi-chimiques et botaniques).

2. Les pesticides sont-ils compatibles avec l'agriculture durable?

La vision que défend la FAO pour une alimentation et une agriculture durables est celle d'aliments sains et nutritifs accessibles à tous, et d'une gestion des ressources naturelles qui préserve les fonctions des écosystèmes afin de répondre aux besoins actuels et futurs de l'humanité. L'équilibre est délicat à trouver.

La FAO estime qu'entre 20 et 40 pour cent des rendements agricoles mondiaux sont perdus chaque année en raison des dommages occasionnés par les organismes nuisibles aux végétaux. Nous pouvons difficilement nous permettre de perdre des récoltes alors que l'insécurité alimentaire menace toujours plus d'individus et qu'il nous faut faire face au changement climatique. La production vivrière mondiale doit augmenter de 50 pour cent d'ici à 2050 pour pouvoir nourrir une population mondiale en expansion. La lutte contre les organismes nuisibles est essentielle pour atteindre l'objectif de développement durable 2, qui vise à éliminer la faim, à assurer la sécurité alimentaire, à améliorer la nutrition et à promouvoir l'agriculture durable d'ici à 2030.

La FAO promeut la lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) afin de protéger les cultures de façon durable. L'IPM mobilise différentes stratégies fondées sur les écosystèmes ainsi que l'ensemble des techniques de lutte contre les organismes nuisibles et des pratiques défavorables au développement des populations de ravageurs, et préconise une utilisation judicieuse des pesticides en dernier recours uniquement, quand aucune solution non chimique ne convient, et d'une manière qui limite les risques pour la santé humaine et l'environnement.

3. Quel rôle la FAO joue-t-elle dans la gestion des pesticides?

La FAO traite de la gestion des pesticides de manière globale, en tenant compte de toutes les mesures réglementaires et techniques nécessaires au cours du cycle de vie des pesticides afin d'en assurer la sécurité et l'efficacité et de prévenir les effets néfastes sur la santé et l'environnement, y compris les humains, les animaux, les végétaux et les écosystèmes. Le Code de conduite international sur la gestion des pesticides élaboré par la FAO et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) détaille cette approche. Il aborde toutes les étapes du développement d'un pesticide: fabrication, formulation, homologation, emballage, distribution, stockage, transport, utilisation et élimination finale du produit et/ou de son contenant.

Sur la base de ce Code de conduite, la FAO fournit aux pays des conseils techniques, politiques et stratégiques afin de réduire les risques liés à l'emploi des pesticides tout au long de leur cycle de vie. Dans le cadre de ses travaux dans ce domaine, l'Organisation a élaboré 46 directives techniques ainsi qu'une boîte à outils sur l'homologation des pesticides pour aider les États Membres à évaluer les risques de ces produits de manière scientifique en vue de leur homologation. La FAO prête son concours au renforcement des capacités nationales de gestion des pesticides et soutient la collaboration régionale.

4. Comment fonctionne la lutte intégrée contre les ravageurs?

L'IPM insiste sur la production de cultures saines avec une perturbation minimale des agroécosystèmes et préconise le recours aux mécanismes naturels de lutte contre les organismes nuisibles. Cette approche combine les savoirs autochtones et traditionnels et les technologies modernes tout en limitant le recours aux pesticides, en reconnaissant néanmoins que ces produits sont parfois nécessaires en dernier ressort, lorsqu'aucune autre option ne convient. Quand on estime que les pesticides s'imposent, il est primordial de les choisir avec soin et de respecter les directives de gestion de ces produits afin de limiter les risques pour la santé des populations et de l'environnement. Les biopesticides, qui sont d'origine naturelle et jugés plus respectueux de l'environnement, sont des éléments clés de l'IPM qui permettent de limiter l'emploi des pesticides chimiques.

Les programmes de la FAO relatifs à l'IMP montrent qu'il est possible de faire baisser notablement le recours aux pesticides sans que les rendements agricoles ni les bénéfices des agriculteurs en pâtissent, même dans les zones où les ravageurs exercent une pression croissante. Pour l'heure, environ 10 millions d'exploitants ont été formés aux procédures IPM grâce aux programmes de fermes-écoles menés par la FAO et au niveau régional dans 95 pays d'Afrique, d'Amérique latine, des Caraïbes, d'Asie et d'Europe orientale.

5. Comment la FAO agit-elle sur le terrain pour réduire l'utilisation des pesticides et les risques connexes?

La FAO favorise un moindre recours aux pesticides et la réduction des risques qu'ils présentent en aidant les pouvoirs publics à réglementer les types de pesticides auxquels les agriculteurs ont accès, et en renforçant les systèmes d'inspection et de contrôle ainsi que les cadres réglementaires permettant d'évaluer, d'interdire ou de décourager l'emploi des produits les plus toxiques. Par l'intermédiaire des fermes-écoles présentes dans plus de 100 pays, l'Organisation collabore directement avec les exploitants afin de renforcer leurs capacités en matière de lutte intégrée

contre les ravageurs et de gestion des pesticides, d'améliorer la sécurité alimentaire et les moyens d'existence, de sensibiliser aux risques liés aux pesticides chimiques et de faire connaître les solutions de remplacement efficaces qui comportent peu de risques, telles que les biopesticides.

6. Quel est le rôle de la FAO au niveau mondial?

La FAO pilote les travaux du système des Nations Unies en matière de pesticides, établit le cadre international de gestion de ces produits et aide les pays à appliquer les politiques, les technologies et les pratiques optimales aux plans national et régional. La FAO et ses partenaires ont mis au point des instruments de politique générale majeurs qui permettent d'orienter les pays dans l'instauration d'un environnement juridique et réglementaire adapté à la gestion des pesticides et des risques y afférents. Il peut s'agir d'instruments volontaires comme les directives techniques, les outils ou le Code de conduite, ou de textes contraignants tels que la Convention de Rotterdam, entrée en vigueur en 2004.

La FAO a également coopéré avec l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour établir plus de 5 000 normes du Codex Alimentarius qui définissent des limites maximales de résidus dans les aliments, ainsi que plus de 3 000 normes de qualité des pesticides. Les évaluations réalisées par les organes scientifiques consultatifs - Réunion conjointe FAO/OMS sur les résidus de pesticides (JMPR) et Réunion conjointe FAO/OMS sur les spécifications des pesticides (JMPS) - contribuent à l'établissement de normes internationales qui aident les pays à évaluer et à atténuer les risques liés aux pesticides.

L'élimination des risques liés aux pesticides très dangereux est une priorité de la gestion des produits chimiques à l'échelle internationale. Conjointement avec l'OMS et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la FAO est en train d'élaborer un plan d'action mondial sur les pesticides particulièrement dangereux dans le but de fortement réduire les risques associés à ces produits avant 2030.

7. Qui sont les partenaires de la FAO pour combattre les organismes nuisibles et gérer les pesticides?

La FAO collabore avec toutes les parties prenantes concernées pour se saisir des enjeux liés à la lutte contre les ravageurs et à la gestion des pesticides. Parmi les principaux partenaires figurent des organisations internationales et régionales, des organismes publics, des universités et instituts de recherche, des organisations non gouvernementales (ONG) et le secteur privé. La FAO travaille de concert avec tous ses partenaires pour élaborer des directives techniques et intervenir dans les situations d'urgence en matière de gestion des pesticides au niveau mondial.

Avec l'appui d'autres organisations internationales, la FAO pilote les efforts de gestion des questions agrochimiques avec pour objectif de réduire l'utilisation des pesticides très dangereux par le truchement du Programme interorganisations pour une gestion rationnelle des produits chimiques et de l'Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques (SAICM).

8. Quel est le rôle du secteur privé?

La FAO est convaincue que la mobilisation du secteur privé peut contribuer à dégager des approches innovantes et efficaces pour répondre à certains des problèmes que doit surmonter l'agriculture durable. L'Organisation compte plus de 30 accords de partenariat en cours avec des acteurs du secteur privé.

Ci-dessous figurent des exemples de collaboration entre la FAO et des entités privées concernant la gestion des pesticides et la lutte contre les organismes nuisibles.

Participation et investissement du secteur privé en faveur de la recherche et de l'innovation dans le domaine de la lutte contre les ravageurs et de la gestion des pesticides

À la suite de l'apparition récente de foyers de chenilles légionnaires d'automnes, des entreprises privées ont élaboré de nombreux produits et technologies de lutte biologique et physique innovants, en proposant des biopesticides, des ennemis naturels et des dispositifs de piégeage. Ces solutions jouent un rôle important dans le suivi et la gestion durable de ce lépidoptère aux effets dévastateurs qui menace la sécurité alimentaire en Afrique, en Asie et au Proche-Orient.

Mobilisation du secteur privé à l'appui de l'élaboration et de l'utilisation de technologies intelligentes et novatrices En coopération avec le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC), la FAO a mis au point le Système de surveillance et d'alerte rapide sur la légionnaire d'automne, destiné aux téléphones mobiles. Cet outil lui permet de suivre l'apparition sur site de cet organisme nuisible et de fournir rapidement des conseils techniques aux États Membres et aux agriculteurs.

Partenariat avec le secteur privé contre la recrudescence du criquet pèlerin en Afrique de l'Est

La FAO a noué un partenariat avec le secteur privé dans le but de donner davantage d'ampleur aux activités de suivi et de signalement des infestations de criquets pèlerins. Ces améliorations ont joué un rôle crucial dans la protection de la sécurité alimentaire et des moyens d'existence de millions d'individus.

En mobilisant le secteur privé, la FAO peut accéder à certaines données, innovations, pratiques et technologies et ainsi faire circuler les informations et les connaissances entre toutes les parties prenantes en vue de promouvoir les interventions positives et d'accélérer le changement. L'Organisation fait preuve d'une transparence totale en ce qui concerne ses engagements avec le secteur privé. Dans cette optique, elle fournit à l'ensemble des parties intéressées, y compris le grand public, des renseignements sur l'ampleur de la participation du secteur privé, le nom des entités avec lesquelles elle travaille, et la nature des activités concernées. De plus, la FAO veille à ce que toutes ses collaborations avec le secteur privé soient conformes et contribuent à son mandat, à ses activités et à ses objectifs. La transparence est essentielle pour garantir et préserver la neutralité et l'intégrité de l'Organisation.

Plus de: FAO

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X