Ile Maurice: Vol MK15 Paris-Londres-Maurice - Un passager témoigne d'étranges 'coïncidences'...

Il est l'un des 247 passagers officiellement listés sur le vol MK15, qui a décollé de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle dimanche après-midi. Ce vol a fait une escale de quelque deux heures à London-Heathrow avant de mettre le cap sur Plaisance où il a atterri, le lundi 11 mai, à 10 h 45.

Ce jeune Mauricien, qui est revenu s'installer au pays, a tenu à apporter ce témoignage après la question soulevée dans notre édition de ce mercredi 12 mai, à savoir s'il y avait une dizaine de passagers en provenance de l'Inde sur le même vol que lui... Car, il n'est pas insensible à la crise sanitaire que traverse la Grande péninsule avec le Covid-19 et aux répercussions que cela peut avoir.

Notre interlocuteur a souhaité partager ce dont il a été témoin, à l'immigration, à l'aéroport Charles de Gaulle. «Alors que j'étais dans l'une des deux files d'attente pour le vol MK15, j'étais loin de me douter qu'il y avait des personnes en provenance d'Inde. Jusqu'à ce que j'entende un homme d'une cinquantaine d'années demander à deux membres du personnel où il fallait se rendre pour prendre le vol pour Maurice. Il avait l'air perdu. Je l'entends dire 'Mauritius' trois fois dans un accent indien facilement reconnaissable.» Par contre difficile de dire combien ils étaient au total, puisqu'il ne les a pas tous entendu parler.

Sauf que c'était loin d'être qu'une scène isolée. En se dirigeant vers la porte L42 pour embarquer, notre interlocuteur aperçoit sur le tarmac, à 300 mètres de lui, un avion d'Air India. Il a tout de suite pris des photos et vidéos qu'il a aussitôt transmises à ses parents, avec qui il était en communication au téléphone. «J'ai dit à mes parents que c'était foutu si c'est ainsi que la France pensait contenir la propagation du virus. C'est aussi comme ça que le passager avec un accent indien prononcé, que j'ai entendu plus tôt, a dû arriver à Paris avant de prendre le vol de rapatriement pour Maurice.»

Ouvrons une parenthèse. Un autre fait allait marquer son voyage. Cette fois-ci à Heathrow. Tout l'alcool acheté par les passagers ont fini à la poubelle puisque les sacs n'avaient pas été scellés à l'aéroport Charles de Gaulle. Ce qui a provoqué l'irritation de bon nombre.

Pendant le vol entre Londres à Maurice, rien à signaler de ce côté. Par contre, ce que notre interlocuteur allait voir après l'atterrissage à Plaisance, lundi, était trop 'énorme' pour être une autre coïncidence. «Quand je suis sorti du petit tunnel qui relie l'avion au terminal, avant de prendre l'escalator menant vers l'immigration, une personne se tenait à gauche avec une pancarte où des noms indiens étaient inscrits. Les autres passagers et moi nous avions tourné à droite et à ce moment précis, j'étais trop épuisé après 14 heures de vol pour penser à prendre ne serait-ce qu'une photo. C'est après coup que je l'ai réalisé, nous aurions pu obtenir au moins leurs noms et prénoms», confie-t-il.

De plus, il n'a pas revu l'homme qu'il avait prononcé «Mauritius» trois fois dans un accent indien à Paris. Ce dernier n'a même pas effectué le test PCR obligatoire avec les autres passagers puisque ni lui ni les autres dont les noms étaient inscrits sur la pancarte ne sont passés par l'immigration...

Les questions qu'il se pose depuis et nous aussi : quel trajet ont emprunté les passagers dont les noms figuraient sur la pancarte puisqu'ils n'étaient pas non plus à bord des cinq autobus qui ont pris la direction d'un hôtel situé à Balaclava ? Hôtel choisi par la plupart des voyageurs pour leur quarantaine...

Ont-ils été transportés au second hôtel qui était proposé à Rs 89 000 (contre Rs 35 000 pour celui de Balaclava)? Ou s'agit-il de diplomates qui sont exemptés de la quarantaine et qui doivent s'auto-isoler à la place ?

En tout cas, la liste des 247 passagers, que nous avons épluchée, comporte les noms des détenteurs de passeports mauricien, américain, canadien, belge, espagnol, français, australien, britannique, japonais, irlandais, néerlandais, norvégien, roumain, rwandais, tunisien et italien. Mais pas d'Indien.

Peut-il s'agir de passagers arrivés avec un passeport diplomatique ou autre ? Ce qui est certain, c'est que notre interlocuteur estime que ce dont il a été témoin ne peut être seulement une série de coïncidences.

Nous avons transmis des questions à ce sujet au ministre de la Santé pour le point de presse du comité national de communication en ce mercredi 12 mai. Mais elle est restée sans réponse.

Plus de: L'Express

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