Niger: Réhabilitation des digues à Niamey après les crues meurtrières de 2020

Le président nigérien Mohamed Bazoum doit visiter dans les prochains jours, les travaux de réhabilitation des digues du fleuve Niger à Niamey. Les fortes pluies des mois d'août et septembre 2020 avaient provoqué des crues historiques, détruisant une partie des digues le long du fleuve.

Alors que la saison des pluies approche, la réhabilitation des digues est très attendue par les riverains du fleuve. Les travaux menés par l'Office national de l'aménagement hydroagricole ont démarré depuis plusieurs jours. Les digues sont reconstituées avec de la latérite compactée. Une solution qui ne satisfait pas Abdou Adamou, président des délégués du camp de déplacés du fleuve situé à l'hippodrome de Niamey.

« C'est du colmatage qu'ils sont en train de faire, déplore-t-il. Il y a des parties où, carrément, l'eau a emporté la digue. Il a fallu qu'on mette des troncs d'arbres et sur ces troncs d'arbre, on mettait encore du banco [de la terre crue, NDLR]. Donc tous ces trucs-là, on devrait les dégager carrément, pour les reprendre à nouveau. Normalement, la solution, c'est qu'on devrait au moins couler du béton du côté fleuve et mettre du banco et là vraiment, il n'y aura pas de problème. »

Un entretien constant

Pour le docteur Bachirou Seyni Bodo, de l'Institut de recherche pour le développement et spécialiste en pédologie, c'est-à-dire la science des sols. Des digues en latérite représentent une solution solide et à moindre coût. Elles demandent néanmoins un entretien constant : « Chaque année, explique ce spécialiste, avant les premières pluies, il faudrait faire une évaluation des capacités des digues et pouvoir travailler dans le cas de leur renforcement. Une digue en latérite bien faite, c'est très bien, parce que c'est totalement imperméable et c'est totalement rigide. Mais l'usure en lien avec l'érosion peut être estompée en faisant de la cimentation conséquente de part et d'autre de la digue. Mais pour cela, il faut y mettre le prix, justement. »

Aujourd'hui, 700 familles de déplacés attendent toujours, au camp de l'hippodrome, de pouvoir regagner leur quartier au bord du fleuve ou d'être relocalisées.

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