Soudan: Repression meurtrière de manif au pays

Que peut le Premier ministre Abdalah Hamdok ?

Un triste anniversaire qui vire au drame ! C'est le moins que l'on puisse dire de ce qui est arrivé au Soudan, le 11 mai dernier. En effet, alors que des milliers de Soudanais, en dépit des barrages et autres patouilles de forces de sécurité, entendaient honorer la mémoire des leurs tombés, il y a de cela deux ans, la situation a très vite dégénéré.

Tant et si bien que l'on dénombre, selon un bilan encore provisoire, deux morts sur le carreau et une trentaine de blessés. De quoi provoquer la colère du chef du gouvernement, Abdalah Hamdok, qui n'est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer « un crime » perpétré contre « des manifestants pacifiques, qui ne sera ni toléré ni ignoré » et ce, à l'issue d'une réunion d'urgence tenue avec ses ministres de l'Intérieur et de la Défense, mais aussi avec le patron du renseignement et le gouverneur du district de Karthoum.

En réaction, l'armée, tout en déplorant ces « événements malheureux », a promis à la Justice qu'elle remettrait toute personne dont l'implication est avérée. Faut-il croire en la bonne foi de l'armée soudanaise ? Assurément, non puisqu'elle entend, par cette forme de roublardise, gagner du temps pour in fine avoir le Premier ministre qui, faut-il le rappeler, est un civil, à l'usure.

Les bidasses sont ainsi faits que quand ils goûtent aux lambris du pouvoir, ils font feu de tout bois pour le conserver

Car, tant qu'à faire, pourquoi n'avoir pas accepté de coopérer avec la Justice dans le cadre des enquêtes portant sur la répression de la manif du 11 mai 2019 qui avait coûté la vie à plus de deux cents personnes pour lesquelles les insurgés soudanais continuent de réclamer justice ? A moins que, voulant noyer le dossier, le général Hemeti qui est directement mis en cause dans ce massacre à grande échelle, ne profite de l'occasion pour livrer des lampistes à la Justice pour que ceux-ci paient pour tous les crimes commis par l'armée.

Mais quand bien même il le voudrait, il ne le pourrait pas d'autant que les Soudanais ne sont pas dupes. Las des décennies de dictature de Omar el-Bechir, ils n'entendent plus se laisser conter fleurette. Ils ont d'autant plus intérêt à maintenir la pression que s'ils n'y prennent garde, les militaires qui ont confisqué leur révolution, risquent de ne pas quitter le pouvoir à la fin des délais de trois ans impartis à la transition.

Surtout quand on sait que certains des officiers supérieurs dont le numéro deux de la transition, pourraient avoir maille à partir avec la Justice ; tant ils ont des choses à se reprocher. En tout cas, les bidasses sont ainsi faits que quand ils goûtent aux lambris du pouvoir, ils font feu de tout bois pour le conserver, fût-ce parfois au prix des vies de leurs compatriotes. D'où l'impérieuse nécessité pour les Soudanais, d'ouvrir l'œil et le bon.

Plus de: Le Pays

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X