Congo-Kinshasa: Nonchalance !

L'état de siège décrété dans le Nord-Kivu et en Ituri à travers l'Ordonnance du Président Tshisekedi, ne devrait aucunement ralentir les travaux parlementaires, particulièrement en ce qui concerne les grandes réformes attendues de la présente session parlementaire de mars 2021.

Gouvernement et parlement devront conjuguer des efforts, pour mettre un coup d'accélérateur sur certaines questions essentielles au nom de la stabilité du pays. Les lanceurs d'alerte ont déjà fait leur travail, à savoir que le mode urgence est activé.

Car, au rythme nonchalant où se déroule la session de mars 2021, la réforme électorale est de plus en plus compromise par manque de volonté. Sur les 34 jours restants, il devient illusoire de penser terminer la loi sur la CENI et procéder à sa mise en place. 2023 de plus en plus incertain". Delly Sesanga, membre de l'Union sacrée de la Nation a brisé l'omerta voyant le temps passé. Et d'ailleurs, il n'est pas le seul.

Seth Kikuni, candidat malheureux à l'élection présidentielle de décembre 2018 a remué le couteau dans la plaie. Sans langue de bois, d'après lui, "pour nous distraire, le pouvoir Kabila nous a fait croire jusqu'à la fin qu'il n'y aura pas élections qu'ils ont fini par organiser. Pour nous distraire, le pouvoir de Félix Tshisekedi nous fait croire qu'il y aura élections en 2023 qu'ils ne vont pas finalement organiser". Cette incertitude monte d'un cran à cause de la lenteur de l'Assemblée nationale à examiner les propositions importantes des réformes prévues dans le calendrier de la session de mars. Tout semble pris à la légère.

De ce fait, puisqu'on parle des réformes, le Gouvernement Sama Lukonde doit mobiliser dès maintenant des ressources nécessaires pour doter la CENI des moyens conséquents de pouvoir organiser les élections. Aussi, les deux Chambres sœurs du parlement doivent accélérer avec l'examen et l'adoption de certaines propositions des lois qui vont baliser le chemin à la bonne tenue des prochains scrutins, et ce, à tous les niveaux.

Trois semaines après la proposition de loi organique modifiant et complétant la loi organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, telle que modifiée et complétée par la loi organique n°13/012 du 19 avril 2013 ait été transmise à la Commission Politique Administrative Juridique (PAJ) de la Chambre basse du parlement, le rapport est toujours attendu à ce jour. Triste.

A quand peut-on espérer la désignation de nouveaux animateurs de la CENI en remplacement de l'équipe Nangaa ? Quand est-ce qu'on pourra parler de la loi électorale et la révision de certains articles de la Constitution ? Quand ? Le temps n'est ni notre ennemi encore moins notre allié. C'est le moment de se réveiller et de remettre les pendules à l'heure, de prendre conscience et de travailler réellement pour le développement du Congo. Cela passe à travers ces réformes qui doivent être traitées en urgence. Apprenons des erreurs du passé. Faisons très attention !

Plus de: La Prospérité

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