Madagascar: Ambilobe - La tension monte entre la commune et les bouchers

Les bouchers d'Ambilobe ont mené une grève hier, protestant contre une décision municipale. Les observateurs espèrent que les autorités la maintiendront.

La tension est montée d'un cran entre la commune urbaine d'Ambilobe et les bouchers locaux. Ces derniers sont en grève depuis hier, pour protester contre une décision, communale qui vise à normaliser leur métier. La commune urbaine a adopté un arrêté le 28 avril, portant sur la réinsertion des bouchers à l'intérieur du marché couvert nouvellement réhabilité Pour plusieurs raisons. D'abord, endiguer la propagation de l'épidémie de Covid-19 ; ensuite, prévenir la « Fièvre de la vallée du Rift » ; enfin, de veiller à l'hygiène et à la propreté des lieux. La lutte contre le vol de zébus n'est pas à exclure.

Toutefois, seuls les bouchers réguliers qui opèrent aux alentours de ce marché couvert, notamment à Matiakoho et Antafiakasaka, sont concernés par cette décision, les vendeurs des quartiers périphériques n'étant pas concernés. L'arrêté aurait dû être appliqué hier, mais ils ont refusé de se conformer à cette décision. Selon leurs explications, la nouvelle infrastructure n'est pas assez grande pour eux. De leur côté, les autorités communales ont campé sur leur position tout en fermant à clé l'abattoir. Aussi les étals de viande ont-ils été déserts sur tous les marchés locaux privant la population d'Ambilobe de viande durant la journée.

Décision concertée

Pour montrer leur mécontentement, les grévistes sont, dans la matinée, descendus dans les rues de la ville d'Ankarabe en brandissant des banderoles portant la mention « Tsy ekenay fidirana bazary fa tsy tandry zahay ao ». Les manifestants ont même organisé un sit-in devant la mairie d'Ambilobe.

Selon les explications fournies par la maire d'Ambilobe, Sylvie Zella Raharilalanirina, ces bouchers ont déjà occupé des places dans le Bazary, mais en 2018, la commune était obligée de les faire sortir de manière provisoire pour faciliter sa réhabilitation, très importante pour la population, pour la ville, et c'est surtout dans leur intérêt. La décision n'est pas unilatérale, car elle est issue d'une réunion concertée entre différentes entités du district, civiles et militaires.

« Ils protestent contre l'organisation et la décision, car seuls seize bouchers sont patentés, le reste est constitué d'informels qui refusent de se soumettre au contrôle. Ce n'est pas une nouvelle procédure. La circulation des troupeaux de bœufs notamment, est soumise à une réglementation afin de combattre le vol et leur commercialisation illicite », indique-t-elle. Une réunion s'est tenue hier entre les membres de l'Organe mixte de conception et les représentants des manifestants afin de dénouer la situation. Dans le cadre de la fête d'Aïd El-fitr , ils sont autorisés à vendre dans leurs endroits habituels, mais à partir de ce jour, ils devront rejoindre le Bazary couvert.

Les observateurs osent espérer que les autorités ne feront pas fi des règlements en vigueur pour satisfaire les bouchers grévistes. Sinon, elles seront tenues pour complices de l'anarchie qui règne dans la circulation des bovidés dans cette partie Nord de la Grande île et qui favorise les voleurs des bœufs.

Plus de: L'Express de Madagascar

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