Madagascar: Journée des infirmières - « J'étais seule au poste durant 6 ans »

Holimandimby Antsirariravaka, infirmière dans un Centre de Santé de Base I Antanimarina Ambatomirahavavy, région Itasy témoigne de sa difficulté à travailler seule avec des moyens humains et matériels qui manquent. Travailler dans des zones éloignées de la capitale semble être un défi pour des paramédicaux qui devront parfois travailler seul dans des conditions imparfaites. Antanimarina se trouve à 8 km de la Commune d'Ambatomirahavavy. Elle y a travaillé en tant qu'infirmière dans cette zone à peu plus de 8 ans.

Durant près de six ans, cette infirmière avait joué le rôle de médecin, infirmière, sage-femme au niveau du CSB. Son rythme de vie quotidien n'est pas du repos. « C'était dur, puisque il y avait un temps où à force de cumuler des heures de travail, j'étais tombée malade. Je prends en même temps le côté administratif comme les documents et je prends en charge les malades aussi. Des femmes qui devraient accoucher sont venues, des malades ont fait la queue devant le centre. Le lendemain, je n'avais pas le choix que de prendre en charge ces patients en urgence », témoigne-t-elle.

Ce CSB I prend en charge deux fokontany. Dans ce centre, il n'y pas d'électricité. Les patients et l'infirmière s'adaptent avec les moyens du bord. « Lorsque nous n'avons pas eu de panneau solaire comme source d'électricité. Ceux qui avaient accompagné les femmes qui accouchent devraient porter une bougie pour éclairer dans la nuit », livre-t-elle.

Pour pallier à ce problème, l'infirmière a été obligée d'acheter un panneau solaire pour pouvoir travailler pendant la nuit. « J'ai dû acheter un panneau pour continuer à charger le téléphone qui doit être constamment en veille », enchaîne-t-elle. Par ailleurs, les moyens de protection et le matériel manquent dans ce CSB I, le lit pour accueillir est insuffisant. « On ne possède qu'un seul lit dans ce centre. Lorsqu'une femme vient d'accoucher. On est obligé de réduire son temps d'hospitalisation pour pouvoir libérer la place en cas d'urgence », déplore-t-elle. Par rapport à la situation sanitaire dans le pays, les équipements de protection adéquats ne sont pas également complets. « Nous devons sortir de l'argent de notre poche comme pour acheter un gel désinfectant », indique-t-elle.

Plus de: L'Express de Madagascar

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