Madagascar: Kidnapping - Le célèbre Del Kely succombe à ses blessures

Insaisissable depuis des années, l'enfant terrible du kidnapping Del Kely arrive à la fin de sa saga criminelle. Il a été frappé d'une balle en pleine cuisse lors de son arrestation à Moramanga hier.

Les forces de gendarmerie ont frappé un coup d'éclat hier. En fin de matinée, le célébrissime ravisseur, Del Kely, tristement connu dans les rapts contre rançon en zones rurales, a été appréhendé. Le fugitif a été arrêté à Morarano Gara Moramanga après une traque qui a duré des années. Frappé d'une balle à la cuisse lors d'une opération visant à le coincer, le bandit notoire a été capturé vivant. Évacué à l'hopital de Moramanga, il a succombé à ses blessures dans la soirée. Les gendarmes ont utilisé une seule cartouche pour mettre fin à sa longue cavale lorsque les deux camps se sont retrouvés nez-à-nez. Cette arrestation de Del Kely survient le lendemain même de la déclaration du général de division Andry Rakotondrazaka, commandant la Circonscription Inter-Régionale de la Gendarmerie Nationale (CIRGN) à Antananarivo.

« Nous allons mettre fin aux sévices de Del Kely et de ses acolytes. » a-t-il informé avant-hier devant la presse, dans le cadre de cette opération. Le commandant de la CIRGN Antananarivo s'est rendu en personne sur les lieux pour coordonner l'opération.

« Ce résultat illustre la parfaite combinaison entre le volet humain, tactique et stratégique.» confie le général de division Andry Rakotondrazaka.

Stratégie

« Le déploiement opérationnel était accompagné de sensibilisations consistant à aider les populations vivant sous le joug de Del Kely et de ses comparses, qu'elles se ressaisissent et retrouvent confiance en elles. Emprisonnées dans une terreur ambiante, elles avaient peur de collaborer avec les autorités et n'osaient même pas indiquer aux gendarmes les directions prises par les malfaiteurs sous peine de représailles par ces derniers. La sensibilisation ainsi conduite et la responsabilité des autorités locales les a aidée à ouvrir les yeux et ne plus laisser les fruits de leur labeur à la merci de Del Kely et ses congénères. » poursuit le commandant de la CIRGN Antananarivo.

En enchaînant sur le volet tactique, l'officier général indique qu'il suffisait d'étrangler Del Kely et ses hommes dans le triangle des régions Analamanga, Alaotra Mangoro et Betsiboka en tenant à l'œil toutes les brèches. Pris dans le traquenard des gendarmes, le bandit notoire a fui Analamanga pour se rendre à Morarano Gara où il a été coincé.

À Morafenoboana Maevatànana, l'armée a également capturé deux présumés complices de Del Kely et un sorcier, dimanche. Les deux hommes ont été pris en possession de deux fusils de chasse et de quelques dizaines de munitions. Et sur le sorcier, des grigris. Les trois hommes ont été livrés à la gendarmerie locale pour la suite des enquêtes.

Del kely et ses comparses écumaient surtout les zones tampons des districts d'Anjozorobe, Tsaratanàna et d'Ankazobe. Les otages sont enlevés dans les agglomérations pour être conduits dans le triangle de no man's land enfoui entre ces trois districts. Les ravisseurs réclamaient des rançons s'élevant à des dizaines de millions d'ariary aux familles des victimes contre leur libération. Les personnes issues de familles fortunées et qui vivent de l'élevage bovin, l'agriculture et le commerce sont leurs cibles.

Plus de: L'Express de Madagascar

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X