Cote d'Ivoire: Retour de Laurent Gbagbo, législatives dans le Gbéké, insertion socio-professionnel des jeunes du RHDP - Amadou Koné dit ses vérités

Ministre du Transports, Amadou Koné est aussi coordonnateur régional du RHDP Gbêkê 1 et membre du conseil politique du RHDP. Tête de liste de son parti dans le Gbêkê, à l'occasion des élections législative du 6 mars dernier, il était l'Invité de la tribune du Patriote le jeudi 6 mai dernier.

A cette occasion, le ministre des Transports a abordé plusieurs sujets liés à son département ministériel, notamment les accidents de la circulation, la réforme du permis de conduire, le renouvèlement du parc automobile, ainsi que l'usage du gaz butane dans les véhicules et le métro d'Abidjan, entre autres. Le ministre a donné aussi son point de vue sur le retour de Laurent Gbagbo, les législatives dans le Gbêkê et l'insertion socio-professionnelle des jeunes du RHDP. Nous vous proposons l'intégralité des échanges sur ces trois questions.

Législatives du 6 mars dans le Gbêkê, retour de Laurent Gbagbo, insertion socioprofessionnelle des jeunes du RHDP "Avant tout, je voudrais préciser que je ne suis ni porte-parole du RHDP ni mandaté par le RHDP pour parler au nom du RHDP, même si je suis coordonnateur régional de Gbêkè 1, membre du conseil politique du RHDP. Je considère que le parti est structuré. Il a un porte-parole principal, des adjoints. Nous avons un directeur exécutif du parti, un président du directoire. Je ne parle donc pas au nom du RHDP. Il y a donc des questions sur lesquelles je ne vais pas m'attarder. Je pourrai à la limite apporter des réponses politiques sur ma circonscription.

Pour ne pas vous décevoir, je peux mener quelques réflexions à titre personnel. En résumé, avec votre permission, je pourrai parler des élections législatives à Bouaké, dans le grand centre.

Deuxièmement, je voudrais parler du climat politique ambiant avec le retour de l'ancien président Gbagbo, en donnant mon sentiment et enfin m'adresser aux militants du RHDP, les jeunes dont vous avez parlé. Sur le Gbêkê, quelles étaient nos ambitions ? Évidemment, nous voulions gagner tous les sièges de député.

En ce qui me concerne, ce qui était important, c'était de ne pas reculer. Le RHDP avait cinq sièges à la dernière législature. Il ne fallait pas avoir moins de cinq sièges, au moins. Je note qu'avec Diabo, remporté par Jacques Assahoré et les quatre sièges de Bouaké, nous avons gardé les cinq sièges. Il n'y a donc pas de recul en termes de nombre de sièges pour le RHDP dans le Gbêkê.

Bien sûr, on aurait voulu en avoir plus. A côté de cela, je note qu'alors qu'en 2018 pour les élections régionales dans le Gbêkê, on avait été battu par le PDCI avec plus de 20.000 voix d'écart - nous étions à près de 30% quand le PDCI était à plus de 60% - pour ces législatives, en termes de suffrages exprimés, le RHDP a engrangé 59%. Nous sommes partis de moins de 40% à 59% en termes de suffrages exprimés.

C'est vrai, grâce au poids de Bouaké, mais en politique, tout est une question de stratégie. Il y a des endroits où vous êtes forts, il y en a d'autres où vous êtes faibles. Là où vous êtes forts, il ne faut pas décevoir les gens pour qu'ils puissent sortir pour aller voter. Vous pouvez être forts mais les gens décident de ne pas voter parce qu'ils sont fâchés.

Pour qu'ils ne soient pas fâchés, il y a un certain nombre de choses que vous devez faire. Vous devez par exemple être présent sur le terrain, régler les problèmes, écouter les militants. Moi, je considère que pris comme ça, on a cinq députés dans cette législature. On en avait cinq dans la législature passée.

En 2018, aux élections régionales, on avait moins de 40% de voix. En 2021, à l'issue des législatives dans la même circonscription électorale, nous avons 59%. Au-delà de Bouaké, dans le grand centre, le RHDP a une progression de 6% en termes de suffrages. C'est satisfaisant. Maintenant, qu'est-ce qui n'a pas marché pour qu'on n'ait pas tous les sièges ?

Quand vous allez à des élections, vous avez une ambition. On aurait voulu avoir plus d'élus. Mais, je suis content de ce que nous avons réalisé comme score dans l'ensemble. Avoir 2/3 de l'Assemblée nationale pour faire quoi ? Pour faire ce que vous pensez qu'on veut faire. 2/3 du parlement, oui. Moi, je suis très content.

En ce qui concerne le retour du président Laurent Gbagbo, il y a eu le temps des palabres. Les palabres ont eu des conséquences. Les conséquences de ces palabres ont été gérées par une instance internationale au niveau judiciaire. Il y a eu le temps de la justice. Il est maintenant temps de se concentrer pour le travail et tirer les leçons de tout ce qui s'est passé. Il faut surtout savoir que 2021, ce n'est pas 2002, ce n'est pas 2010. Ce n'est pas non plus 1999. On entend beaucoup de choses ces derniers temps. Il y a des propos qui sont tenus.

Après, il y a les responsabilités. Des gens d'un certain niveau, je pense, sont conscients de leurs responsabilités. Nous sommes dans un contexte, j'ai dit que je ne suis pas porte-parole du RHDP, mais en tant que citoyen, je voudrais faire savoir que nous sommes dans un contexte qui est totalement différent de 2002 ou 1999, parce qu'on nous rappelle ça de temps en temps. Je pense que ce contexte a pesé aussi dans tous les efforts qui sont faits par le Président de la République et le gouvernement pour qu'il y ait une réconciliation. Les choses avancent. Nous sommes dans un contexte de sécurité qui est inquiétant.

Maintenant, il y a le terrorisme. Il y a les djihadistes. Ils ne prospèrent que dans les endroits où il y a une faillite de l'Etat. Ils ne prospèrent que dans les endroits où le tissu social est disloqué et dans les endroits où la pauvreté est importante. C'est le contexte actuel. J'espère que nous, responsables, pensons à cela et que le temps des palabres étant passé, le temps de la justice passée, c'est le temps de la Côte d'Ivoire qui a sonné.

Mettons-nous ensemble pour éviter que nous ne retombions dans les travers du passé. Pour faire cela, il y a des défis. C'est de développer le pays pour ne pas qu'il y ait des poches de pauvreté qui servent de point d'appui à des gens qui tous les jours cherchent des failles, travaillent pour pouvoir attaquer. De ce point de vue, honnêtement, je pense que beaucoup d'efforts sont faits par le Président pour que tous les Ivoiriens puissent vivre mieux, que nous ayons cette cohésion qui ne nous fragilise pas. Tout ce que nous devons faire pour faire reculer les poches de pauvreté, doit être fait.

A force de tirer sur le fil, le fil finira par se casser. A force de considérer que les gens sont des étrangers, qu'ils sont venus d'ailleurs peut nous faire oublier qu'il y a des étrangers plus dangereux qui peuvent venir faire des dégâts plus importants. Le Président Ouattara prend toutes les dispositions pour que le l'ex-président Gbagbo rentre, qu'il soit en sécurité, qu'il puisse bénéficier de tout ce que son statut d'ancien président de la République lui confère. Je pense que le président Gbagbo qui a géré aussi le pays est bien conscient de toute cette situation.

Après, il peut y avoir des militants du RHDP qui sont inquiets, des militants pro-Gbagbo qui sont dans le triomphalisme. Ce n'est pas cela qui est important. Notre rôle, c'est de parler à tout le monde, à nos militants pour leur dire que le contexte a changé, les défis ont changé et qu'il va falloir se donner la main, se pardonner et avancer.

Sur le troisième chapitre relatif aux militants qui ne sont pas contents de leur réinsertion, je rappelle que ce n'est pas un débat nouveau. En 2014, c'était un gros débat. Des solutions avaient été proposées. Je voudrais rassurer tous les jeunes de Côte d'Ivoire, les militants du RHDP y compris, que le président de la République, président du RHDP, et le gouvernement travaillent pour qu'il y ait davantage d'emplois pour les uns et les autres. Ils travaillent pour créer les conditions pour qu'il y ait cette paix, cette stabilité, que les investisseurs continuent de faire confiance à notre pays.

Et que des investissements soient faits pour que les programmes dédiés à l'insertion socio-professionnelle des jeunes, tel qu'élaborés par le ministre Mamadou Touré, soient une réalité. Beaucoup d'argent a été dépensé pour financer ces dernières années les activités pour les jeunes qui étaient porteur de projets. Il faut un dialogue, des discussions. Honnêtement, nous devons être fiers du travail qui a été fait par le Président de la République pour amener le pays là où il est en ce moment.

Ceux qui doivent être les plus fiers, ce sont ceux qui se sont battus pour qu'il soit à la tête du pays. C'est grâce à ce travail et à leur soutien que notre pays aujourd'hui continue d'attirer les gens. En tant que ministre des Transports, je peux vous dire que cette année, pour les fêtes de fin d'année, en décembre, les deux destinations qui ont été le plus fréquentées par la diaspora africaine dans le monde entier, c'était Abidjan et Dubaï.

Continuons à faire confiance à notre pays. Continuons à travailler. Nous sommes à leur disposition pour les écouter, leur donner des conseils, les encadrer. Tout n'est pas de donner de l'argent. II y a aussi tout l'encadrement qu'on peut apporter aux uns et aux autres. Beaucoup parmi nous sont accessibles contrairement à ce qui se dit".

Mot de fin "Ce sont des mots de remerciements et de gratitude. Sentiments de gratitude à l'ensemble des frères et sœurs journalistes qui sont là. Merci à Charles Sanga qui nous a permis d'avoir ce moment d'entretien. Nous n'avons pas épuisé tous les sujets. Je voudrais les assurer qu'aussi bien moi-même que les différents responsables qui sont là, nous nous tenons à leur disposition pour continuer d'échanger sur toutes les questions liées au transport et qui intéressent les uns et les autres.

Le transport est vital. Sans transport, il n'y a pas d'économie, il n'y a pas de vie en société. On est bien conscient de notre responsabilité. Nous restons ouverts. Notre souci est de faire en sorte qu'on vive comme dans les temps modernes. C'est ce à quoi nous aspirons tous. Travaillons ensemble à faire avancer ce pays qui a déjà beaucoup changé.

L'environnement a changé. Il y a quelques années en arrière, notre pays n'était en compétition avec aucun pays francophone du Golfe de Guinée, hormis le Sénégal. Mieux, notre pays apportait beaucoup d'assistance aux uns et aux autres. Il était inconcevable que certains pays investissent pour aller en compétition avec le port d'Abidjan.

Aujourd'hui, nous sommes en compétition. Plus nous allons passer du temps à pinailler sur des choses inutiles, plus nous allons nous faire rattraper et dépasser. Sur le transport de conteneurs, le Togo nous a dépassés. Sur le transport aérien, nous sommes en compétition avec le Sénégal. Sur le transport ferroviaire, nous sommes en compétition avec le Ghana qui aujourd'hui travaille pour avoir une voie ferrée avec le Burkina Faso. Nous sommes en compétition. Nous serons davantage en compétition. Il nous appartient de nous réveiller en toute responsabilité et faire avancer les choses".

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