Maroc: Journée internationale de l'Arganier - Cinq questions au délégué de l'ANDZOA à Guelmim

interview

Guelmim — A l'occasion de la célébration de la première Journée internationale de l'arganier (10 mai), le délégué de l'Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l'arganier (ANDZOA) dans la région de Guelmim-Oued Noun, Ahmed El Farak, met en avant, dans un entretien avec la MAP, les efforts consentis pour valoriser et préserver cet arbre en tant que patrimoine culturel, économique et écologique.

1- La proclamation d'une Journée internationale de l'arganier est intervenue après une série de plaidoiries. Quels sont les efforts déployés par le Royaume à cet égard?

Le Maroc s'est engagé depuis des années dans la valorisation et la préservation de cet arbre unique à la faveur de la création, sur hautes instructions royales, de l'ANDZOA (11 novembre 2009) afin de mettre en valeur l'Arganier et de souligner son importance économique, au niveau national et international. Pour mettre en oeuvre le programme de travail de l'agence, une stratégie a été élaborée pour développer les oasis et les arganiers, dont les grandes lignes ont été présentées à Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 4 octobre 2013, qui vise à rendre les champs d'intervention de l'Agence un domaine protégé, attractif et compétitif.

L'Agence et le ministère de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural, des eaux et forêts, ainsi que d'autres acteurs de terrain ont multiplié les réunions et les consultations avec les partenaires nationaux et internationaux qui ont abouti à la proclamation par l'ONU d'une Journée internationale de l'Arganier.

Cette reconnaissance onusienne reflète une meilleure compréhension par la communauté internationale des dimensions économiques, sociales, médicales et écologiques de l'Arganier, en plus de la réalisation de projets.

2 - Quels sont les efforts déployés pour préserver l'arganier?

Quand on parle de l'arganier, il faut distinguer deux types de cet arbre. Il y a l'arganier forestier situé au domaine forestier et supervisé par le secteur des eaux et forêts, tandis que l'arganier agricole est géré par l'ONDZOA à travers un projet de plantation de 10.000 hectares en terres privées dans le cadre d'un programme développement de l'arganiculture dans les zones vulnérables à Chtouka Ait Baha, financé en partenariat avec le gouvernement marocain et le Fonds vert pour le climat (49,3 millions de dirhams). Nous sommes sur le point d'achever le lancement de tous les marchés pour la plantation de cet arbre.

À travers ce projet ambitieux, nous cherchons à préserver le sol de la désertification, à créer des emplois et à fournir des revenus stables au profit des bénéficiaires, en plus de répondre aux demandes du marché national et international de l'huile d'argan et de ses dérivés.

Outre ce projet, il existe une stratégie de génération verte s'étendant jusqu'en 2030, à travers laquelle nous cherchons également à planter 50.000 hectares de terres privées et communales.

3- Quelles sont les mesures adoptées pour le développement durable de cette filière dans la région de Guelmim-Oued Noun?

Dans le cadre du programme développement de l'arganiculture dans les zones vulnérables, un projet de plantation de 1266 hectares dans la région de Guelmim-Oued Noun (253.000 arbres) sur les 10.000 ha au niveau national a été lancé.

Faisant partie du Plan Maroc Vert (PMV), deuxième pilier, ce projet vise à développer l'arganier agricole comme modèle économique adapté au changement climatique.

La plantation de cette zone, dont la densité moyenne est estimée à 200 arbres par hectare, est concentrée au niveau régional dans les provinces de Guelmim (623 ha dont 466 sont plantés) et Sidi Ifni (643 ha dont 409 hectares plantés) et nous sommes en train de planter 157 ha. Le marché de la plantation de 185 ha est en cours d'approbation, tandis que celui de 49 ha sera bientôt annoncé.

Ce projet, dont l'état d'avancement a atteint 50%, a été lancé dans la région en janvier 2020, pour un coût total de 4,13 millions de dirhams sur trois ans.

Il vise à augmenter les revenus des agriculteurs et à offrir des postes d'emplois. Depuis le début de ce projet, 84.634 jours de travail ont été créé, dont 55.084 à Sidi Ifni, et 29.550 à Guelmim, tandis que le nombre de bénéficiaires du projet s'est situé à 1278 agriculteurs propriétaires de terres privées. Ces bénéficiaires sont regroupés en 27 associations et coopératives intéressées par l'extraction de l'huile d'argan et de ses dérivés, dont 9 à Guelmim et 18 à Sidi Ifni.

4 - Quels sont les avantages écologiques de l'arganier?

L'arganier joue un rôle majeur dans la protection de la diversité biologique et dans la lutte contre les effets de la sécheresse et du changement climatique, ainsi que dans la protection des sols et l'amélioration de la surface végétale.

C'est un arbre de grande valeur par la demande croissante d'huile d'argan et de ses dérivés, que ce soit sur le marché national ou international.

5 - Peut-on parler du déclin des superficies d'arganiers?

L'arganier est endémique du ouest-sud du Royaume, une région qui se caractérise par un climat sec et semi-aride, ce qui affecte cet arbre en termes de réduction de la superficie.

Plusieurs facteurs y contribuent, notamment la désertification et la précipitations irrégulières, en plus du phénomène de surexploitation et de surpâturage, notamment en période de sécheresse.

S'y ajoute l'abattage des arganiers pour la production de charbon de bois, bien que ce processus ait diminué ces derniers temps grâce à la prise de conscience de la population de l'importance économique et sociale de cet arbre, ce qui pourrait contribuer au développement d'un système d'arganier durable et rentable.

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