Maroc: La réserve de Jbilat, un rôle indéniable dans la protection des Gazelles Dorcas

Commune de Sidi Bouothmane (Rehamna) - Située à une vingtaine de minutes seulement de Marrakech, aux abords de la route nationale n°9 reliant Marrakech et Casablanca, au niveau de la commune de Sidi Bouothmane (province de Rehamna), la réserve de Jbilat, se veut un espace naturel et écologique si singulier et hautement favorable à la protection et à la conservation des Gazelles Dorcas.

Etendue sur une superficie de 280 ha du domaine forestier, cet espace, depuis sa création en 1998, se trouve doté d'un habitat favorable, jadis restauré, à même de permettre la préservation, la conservation et le développement de cette espèce de la faune sauvage phare des ongulés autochtones du Maroc à savoir : la Gazelle Dorcas figurant sur la liste rouge des espèces sauvages menacées d'extinction et qui ont le mérite d'être protégées au Maroc.

De par sa position géographique stratégique et privilégiée entre l'Afrique et l'Europe, son ouverture sur la Méditerranée et l'Océan Atlantique, la diversité des conditions écologiques (climats, reliefs, ... ) de son territoire, le Maroc dispose d'une histoire biologique et écologique très riche qui le place au second rang en termes de richesse en biodiversité à l'échelle de l'ensemble des pays du bassin méditerranéen.

De ce fait, cette réserve gérée par la Direction Provinciale des Eaux et Forêts et de la Lutte Contre la Désertification de Rehamna, illustre, si besoin est, l'un des modèles qui dénotent de l'intérêt tout particulier que le Maroc s'est accordé pour répondre aux questions du Développement Durable en s'investissant dans la dimension de la préservation de la biodiversité et ses écosystèmes naturels.

Cette biodiversité dont regorge le Royaume explique clairement la splendeur et la diversité des paysages et des milieux naturels de haute qualité dont il dispose, outre le fait qu'elle confère au Maroc une valeur patrimoniale si singulière dans le domaine naturel et environnemental.

Ces ressources naturelles riches et variées, demeurent "fragiles" et "fragilisées", en raisons de plusieurs facteurs (changements climatiques, urbanisation, comportements irresponsables...), ce qui est de nature à imposer leur protection et préservation pour les générations montantes, en tant que "défi majeur".

C'est dans ce sens que le Maroc, parfaitement conscient de l'impératif de préserver son patrimoine national naturel et écologique, a adhéré à nombre de conventions internationales, à même de hisser au rang de priorité des priorités, la protection de la nature et de la biodiversité et la lutte contre la désertification.

De même, le Royaume s'est lancé dans l'élaboration d'études stratégiques visant à préserver ses richesses en diversité biologique (faune et flore) notamment, la faune sauvage emblématique et celle menacée d'extinction en l'occurrence : les ongulés sauvages dont on recense sept (07) espèces autochtones.

La nouvelle stratégie "Forêts du Maroc 2020-2030", Lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 13 février 2020 à Chtouka Aït Baha, vise dans le deuxième axe stratégique "la gestion et le développement des espaces forestiers selon leur vocation".

A cet effet, le Département des Eaux et Forêts a lancé de vastes programmes de conservation et de réhabilitation de la biodiversité, notamment, la grande faune sauvage et ses habitats naturels, qui sont placés, désormais, au cœur de ses priorités stratégiques.

Grâce à cette vision stratégique développée par le Royaume et aux efforts déployés par le Département de tutelle, la Gazelle Dorcas a pu être sauvée de la disparition.

Cette espèce emblématique était portée par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN), sur la liste des animaux sauvages menacés d'extinction, alors qu'actuellement le Maroc en compte un effectif de plus de 5.000 Gazelles Dorcas.

Doté d'un récent arsenal juridique pour la préservation de ses espaces naturels, le Département des Eaux et Forêts a aménagé des sites clôturés, en vue de la sensibilisation du public au respect et à la protection de la biodiversité, la promotion de l'éducation relative à l'environnement, et du développement d'un écotourisme responsable.

C'est dans ce cadre que s'inscrit la création de la réserve de Jbilat qui a pour objectif : la conservation et la valorisation de la Gazelle Dorcas et ce, dans la perspective de sa réintroduction en milieu biogéographique naturel, a expliqué à la MAP, Mme Karima Kanouni, Cheffe de service du partenariat pour la Conservation et le Développement des ressources naturelles au niveau de la Direction Régionale des Eaux et Forêts et de la Lutte contre la Désertification du Haut Atlas- Marrakech.

Et de poursuivre que cette réserve naturelle constitue également un espace éducatif pour sensibiliser les visiteurs et les écoliers aux causes du déclin des espèces sauvages et par là, à la nécessité de leur préservation et de leur habitat naturel.

Cette réserve a ainsi bénéficié d'un programme d'aménagement englobant le renforcement des clôtures, la surveillance, l'aménagement de points d'observation de la faune sauvage, et l'aménagement de circuits pédagogiques pour les visiteurs, a rappelé Mme Kanouni.

"Cette réserve compte actuellement, plus de 170 Gazelles Dorcas, en semi- captivité, après leur translocation de la réserve de Rmila à Marrakech", a-t-elle précisé.

M. Karim Nassri, Chef du secteur forestier de Jbilat, a fait savoir, quant à lui, que dans le cadre des missions qui lui sont dévolues, des rondes de contrôle et de surveillance sont effectuées de façon quotidienne et permanente, à l'intérieur de cette réserve, en vue de s'assurer de l'état de santé des Gazelles Dorcas et de vérifier l'état du grillage clôturant ce site, de manière à éviter l'intrusion de tout animal nuisible qui risque de mettre en danger la vie des Gazelles.

Sur un autre registre, et afin d'éviter tout risque pouvant constituer une menace réelle pour la réserve et les populations des Gazelles Dorcas notamment, les incendies, nous procédons de manière continue à l'aménagement et au désherbage des tranchées pare-feu, a-t-il conclu.

In fine, la réserve de Jbilat demeure donc, l'un des exemples éloquents de ces réserves soigneusement aménagées et développées, de manière à jouer un rôle majeur en matière de protection et de conservation de la biodiversité mais aussi, dans la sensibilisation et l'éducation environnementale.

En outre, ce site naturel à forte valeur, aux côtés d'autres espaces écologiques si singuliers, sera amené, à l'avenir, à jouer un rôle de taille aux niveaux local et régional, en contribuant à la promotion d'une activité touristique purement "éco-friendly" et à la diversification des leviers de croissance économique au niveau de la province de Rehamna.

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