Algérie: Oran - Les traditionnelles photos de l'Aïd indétrônables

Oran — De nombreuses familles oranaises recourent aux studio-photo pour immortaliser le souvenir d'un Aïd el Fitr célébré dans la piété, la convivialité et la joie. Les supports technologiques modernes tels que les Smartphones et les appareils numériques qui facilitent la prise des photos n'arrivent pas à détrôner le travail du photographe exécuté dans son studio.

Lors d'une virée de l'APS dans quelques studio-photo d'Oran, plusieurs clients attendaient leur tour pour prendre la pose face à la caméra afin d'immortaliser en grande élégance le souvenir de l'Aïd, partagé avec leurs enfants ou petits-enfants.

Pour Mohamed, grand-père d'Aya et Ayman, rencontrés dans un studio à la cité "El Othmania ", il est impératif de mémoriser tous les moments de joie et bonheur passés avec ses enfants principalement durant les fêtes religieuses. "Je tiens à le faire avec mes petits-enfants ", indique-t-il.

Hassina s'est rendue, en compagnie de ses deux enfants, dans un studio à Haï Akid Lotfi pour photographier ses bambins. Elle tient à le faire chez un professionnel car, affirme-t-elle, les moyens technologiques modernes existants ne l'emballent guère. Elle préfère préserver les beaux souvenirs de cette fête "à l'ancienne ".

"Je garde précieusement mes albums-photos qui retracent les moments les plus marquants de ma vie. A mon époque, les photos développées sur papier avaient une grande valeur morale et sentimentale", explique-t-elle.

Elle a ajouté que "les vieilles photos jaunies par le temps que l'on garde précieusement résument des tranches de ma vie. Les regarder me procure une immense joie et éveillent en moi des souvenirs impérissables, sentiments que ne procurent pas les photos stockées dans la mémoire d'un téléphone portable".

Mais, on n'arrête pas le progrès..

Ces fêtes religieuses constituent des opportunités pour les propriétaires de studios photo qui voient doubler, voire tripler le volume de leur travail et de ce fait, leurs recettes.

Mohamed, photographe quinquagénaire, installé au centre-ville, relève que la profession a beaucoup changé comparativement aux années précédentes. Pour lui, l'intrusion des "selfies " dans le quotidien des jeunes, a bouleversé la donne.

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"Partir chez un photographe se limite aujourd'hui aux seules personnes âgées, accompagnant leurs petits enfants. Les jeunes nous boudent carrément", constate-t-il.

"Jadis, l'après-midi de l'Aïd était consacrée aux jeunes, venus se prendre en photos avec leurs jeunes frères, leurs amis ou leurs voisins. C'était une tradition bien ancrée chez eux. Aujourd'hui, ils préfèrent utiliser leurs téléphones portables", regrette Mohamed.

Pour lui, les jeunes constituent "une génération sans mémoire", car "les photos actuelles sont sans âme ni identité. Elles sont stockées pendant quelques temps dans la mémoire des smartphones pour être effacées sans hésitation à un moment donnée pour les remplacer par d'autres", ajoute-t-il.

Mohamed estime que "les téléphones portables et les tablettes numériques ont pris le dessus. Les photos n'ont plus de place chez certains. On sollicite les professionnels que pour les photos d'identité exigées dans la constitution de dossiers administratifs".

De son côté, Hamid, gérant d'un studio-photo au quartier de l'USTO, à l'est d'Oran, fait savoir que "les selfies et les photos express ne racontent rien. Elles sont destinées à être consommées sur les pages des réseaux sociaux. Elles ont une existence éphémère."

Selon lui, il est devenu impératif pour le photographe de diversifier ses services afin de gagner sa vie. Il doit investir d'autres créneaux comme la vidéo, la vente de cartes mémoire, d'album-photos, l'impression de photos sur divers supports. Des créneaux qui nécessitent des investissements dans l'acquisition du matériel et une formation spécialisée pour maitriser ces nouvelles technologies.

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