Ile Maurice: Yacoob Ramtoola - «La reprise ne se fera que par l'ouverture et la coopération»

Pour la reprise économique, la situation actuelle nécessite une approche holistique, participative et surtout audacieuse, à travers l'innovation, la créativité et la résilience, indique la nouvelle édition de BDO Compass. Pour Yacoob Ramtoola, Group Managing Partner de BDO (Mauritius), il est nécessaire de s'attaquer, à travers des actions pragmatiques, aux défis fondamentaux auxquels ces secteurs ont été confrontés durant ces dernières décennies et de s'engager dans la reprise.

Bien que la pandémie perdure et qu'il reconnaisse l'importance de l'isolement, il estime que «la reprise ne se fera que par l'ouverture et la coopération, à condition que nous respections les mesures sanitaires strictes et le déploiement des vaccins. (...) Nous sommes confrontés à des incertitudes sur la probabilité des futures vagues de la pandémie, mais nous allons surmonter celles-ci». Créer à nouveau de la richesse inversera la tendance de l'endettement des ménages, des entreprises et du pays. Un changement de paradigme serait impératif pour une nouvelle croissance et une économie plus durable et inclusive.

Le tourisme

La crise du secteur touristique a pour conséquence la création de milliers d'autres emplois dans différents secteurs tels que la restauration, le commerce de détail, l'agriculture, le transport, l'artisanat. Toutefois, la réouverture de nos frontières, dans un environnement sûr, ramènera la stabilité. Selon Pamela Leste, Senior Manager Economic, de Market Analysis & Sustainability Corporate Finance, pour que l'industrie du tourisme se stabilise, le dépistage continu du virus, la vaccination, les conditions sanitaires, la diversification de l'expérience client et l'offre d'un service exceptionnel pour pallier la concurrence, sont indispensables. Appliquer des mesures pour faire face au changement climatique en collaboration avec les autorités devrait être considéré. En outre, former et retenir le personnel du secteur touristique en quête d'emplois alternatifs à l'étranger ou dans des secteurs totalement différents après cette expérience amère du Covid-19 sera également un défi.

Le secteur manufacturier

Hormis la fermeture de quelques entreprises, malgré les perturbations logistiques, l'industrie manufacturière a réussi à adapter sa production à la demande, en concevant des masques, des désinfectants, des gants et autres produits sanitaires. L'avenir du secteur manufacturier, soutient Georges Chung Ming Kan, Head of Insolvency and Business Advisory, «réside dans sa capacité à évoluer vers un mode de production plus efficace et efficient, axé sur la qualité et la valeur ajoutée à un coût minimal, en vue d'accroître notre niveau de compétitivité». Il ajoute que cela nécessitera un niveau plus élevé d'automatisation et de numérisation, impliquant plus d'investissements en capital, une main-d'œuvre qualifiée et une stratégie plus profonde pour reconstruire ses fondations.

L'agro-industrie

Le rendement de la canne à sucre a baissé de 20,7 % en 2020, en raison du confinement. Le prix du sucre était de Rs 12 282 la tonne, principalement dû à dépréciation de la roupie. Le prix du sucre blanc sur le marché international n'a pas augmenté.

«Il est difficile d'estimer comment la consommation et la production de sucre blanc évolueront dans le monde. Il existe toujours une incertitude quant aux futurs prix du sucre sur le marché international», indique Shabnam Peerbocus Partner, Audit and Business Advisory. Cependant, notre industrie sucrière doit rester compétitive sur le marché international.

D'autre part, la perturbation du commerce international a fortement sollicité la production alimentaire locale, alors que le pays dépend des importations, avec une balance commerciale plutôt déficitaire. Malgré l'engouement pour atteindre l'autosuffisance alimentaire, il apparaît que seuls les résultats des nombreuses mesures annoncées au fil des ans et les campagnes de sensibilisation pour promouvoir la consommation locale détermineront la suite des événements.

Le secteur financier

La rapide mise en oeuvre de la politique du travail à distance a permis la continuité des activités malgré les perturbations majeures sur les marchés internationaux. Relativement moins touché par le Covid-19, le secteur des services financiers a enregistré une croissance de 1,1 % en 2020, mais plus faible que sa croissance stable des 10 dernières années. Le futur Centre financier international du Rwanda est un défi important pour Maurice qui devra appliquer des mesures proactives pour garantir sa position sur le continent africain.

Parmi les recommandations de BDO pour ce secteur, une collaboration plus étroite doit exister entre l'industrie, le gouvernement et les défis auxquels le secteur est confronté. De plus, une approche proactive et non réactive est à privilégier, tout comme une coopération accrue au niveau mondial pour éviter de figurer sur une liste noire ou grise.

Le secteur du TIC

Les cybercriminels profitent de la pandémie pour s'attaquer aux dizaines de millions de travailleurs à domicile, vulnérables aux logiciels malveillants et virus entre autres. «Vous pouvez disposer de la meilleure technologie au monde, mais si vous n'avez pas de processus appropriés et si vous n'avez pas formé votre personnel à l'utilisation de cette technologie, vous êtes exposé aux cybermenaces», déclare Krishna Radhakeesoon, Partner - BDO IT Consulting.

Il conseille de s'assurer que l'organisation est capable de repousser les attaques et de prévenir les violations de données. Car plus de 95 % des violations de la cybersécurité sont dues à une erreur humaine. Dans ce contexte, toute personne utilisant l'informatique doit être consciente de son rôle dans la prévention et la réduction des cybermenaces, qu'il s'agisse de manipuler des données sensibles ou de travailler à domicile en toute sécurité.

Un programme efficace de sensibilisation à la cybersécurité et des audits informatiques réguliers sont essentiels pour s'assurer que les processus sont bien définis et suivis. «Avec le nombre croissant de travailleurs à domicile, il est important de rappeler aux employés les politiques de sécurité en matière de télétravail et s'assurer que les membres du personnel les suivent à la lettre.»

Le secteur de l'outsourcing

De la sécurité des employés à la sécurité des données du travail à domicile, la continuité des affaires, et la résilience financière, les entreprises du secteur de l'outsourcing ont été grandement affectées par le Covid-19. Toutefois, la reprise s'amorce et le rebond sera rapide. Le secteur devra se réinventer pour être pertinent et répondre aux besoins. Pour ce faire, il doit continuer à croître et attirer les bons talents et partenaires à Maurice, repositionner l'ensemble du secteur en mettant l'accent sur l'innovation, l'excellence commerciale, les services à valeur ajoutée et les technologies de pointe.

Plus de: L'Express

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