Burkina Faso: Des travailleurs licenciés reçus par le ministre de la Réconciliation nationale

Ils sont plus de 7 000 travailleurs burkinabè, licenciés après la privatisation et la liquidation de leur entreprise suite à la mise en œuvre du programme d'ajustement structurel sous le régime de l'ex-président Blaise Compaoré. Ils luttent toujours pour recouvrer leurs droits. Certains ont été reçus ce vendredi 14 mai à Ouagadougou par le ministre de la Réconciliation nationale.

Ces anciens travailleurs sont venus exposer leur situation de précarité et leurs attentes à Zéphirin Diabré, ministre de la Réconciliation nationale. Pendant près de deux heures, la quarantaine de représentants des ex-travailleurs, issus de sociétés ayant subi une privatisation, ont plaidé pour une prise en compte de leur situation avant tout processus de réconciliation nationale.

En 1989, Jean Marie Kodié et 800 autres travailleurs se sont retrouvés au chômage après la dissolution et la privatisation de la RAN, la régie chargée d'exploiter le chemin de fer reliant la Côte d'Ivoire au Burkina Faso.« Ces licenciements massifs ont été effectués dans des conditions désastreuses, raconte-t-il. La perte de l'emploi pour la majorité des travailleurs déflatés, après plus de vingt ans de service, a été le principal facteur déclencheur de la perte du pouvoir d'achat. C'est ce à quoi ces derniers s'attendaient le moins puisqu'ils avaient la garantie de l'emploi, dans une société de grande souveraineté, comme les chemins de fer. »

« Des enfants jetés dans la rue, des enfants déscolarisés et même des cas de suicide »

Une quarantaine de sociétés publiques ont subi le même sort, suite à l'application du programme d'ajustement structurel. Plus de 7 000 personnes se sont ainsi retrouvées sans emploi et sans plan d'accompagnement, selon Karim Niakara, président de l'Association nationale des travailleurs déflatés. Il estime que la réconciliation doit également passer le recouvrement de leurs droits.

« Des enfants jetés dans la rue, des enfants déscolarisés et même des cas de suicide... Donc, dans cette situation, on ne peut pas parler de réconciliation nationale si les cas de ces travailleurs déflatés ne sont pas traités. »

Les dossiers étant déjà en traitement au niveau du Haut conseil pour la réconciliation nationale - institution chargée de leur gestion - le ministre d'État Zéphirin Diabré promet de se pencher sur les propositions qui seront faites pour une mise en œuvre diligente.

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