Sénégal: Accusé d'usurpation de fonction et d'extorsion de fonds - Le faux gendarme réclamait 20 000 FCfa à des camionneurs

Jugé pour usurpation de fonction et extorsion de fonds le 12 mai dernier, S. Faye, le faux gendarme, sera édifié sur son sort le 18 mai prochain.

Tantôt il se faisait passer pour un gendarme, tantôt un agent d'une société de gardiennage, d'après l'accusation. Mais à la barre, S. Faye, prévenu d'usurpation de fonction et d'extorsion de fonds, a contesté les faits. Mais les chauffeurs de gros porteurs T. Fall, D. Ndiéguène et L. Diack ont déclaré, à l'enquête, qu'ils ont été arrêtés à des endroits différents par le sieur Faye. Ce dernier, ont-ils fait savoir, se présentait comme un gendarme, un militaire ou un agent de sécurité. Sur cette base, il leur demandait les documents de leurs véhicules avant de réclamer 20.000 FCfa. Ce montant était susceptible d'être réduit à la baisse après «marchandage».

Fall a avoué, devant les enquêteurs, avoir remis 5.000 FCfa à S. Faye grâce à l'intervention de son patron. N'eût été celle-ci, il allait en découdre avec le faux gendarme, selon ses dires. D'ailleurs, le présumé malfaiteur sera interpellé par ses «collègues» gendarmes lorsqu'il a intercepté D. Ndiéguène pour lui réclamer 20.000 FCfa. Jugé le 12 mai dernier devant la barre du tribunal des flagrants délits, S. Faye a maintenu ses déclarations. Il a soutenu qu'il a été arrêté sur le chemin du travail. «En cours de route, j'ai été attaqué par des gens et j'ai réagi. C'est ainsi que j'ai été arrêté», a-t-il indiqué. «Je n'ai jamais usurpé la fonction de qui que soit», a insisté S. Faye.

Le procureur de la République n'a pas été convaincu par ses dénégations. Il a insisté sur le fait que les parties civiles ne se connaissent pas et ont été arrêtées à des endroits différents. Par conséquent, estime-t-il, «elles ne peuvent pas se tromper sur la personne du mis en cause». Convaincu que les faits d'usurpation de fonction et d'extorsion de fonds sont établis, il a requis deux ans dont trois mois ferme contre S. Faye. Pour sa part, les avocats de la défense pensent qu'il s'agit «d'une déclaration (la version du prévenu) contre celles des chauffeurs». Regrettant l'absence des parties civiles à la barre, ils sont d'avis que celles-ci n'ont jamais voulu comparaître. C'est d'ailleurs, a soutenu la défense, ce qui justifie les nombreux renvois de l'affaire. Pour elle, son client n'a pas été surpris avec des uniformes appartenant à ces corps. Il a été trouvé et interpellé avec «des habits neutres». Par conséquent, elle a plaidé la relaxe au bénéfice du doute. Le tribunal rend sa décision le 18 mai.

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