Ile Maurice: Taux «très élevé» de gaz toxique - Le mouvement #LetUsBreatheMoris lancé

Le quartier dans lequel vous vivez est-il une zone sensible en matière de pollution atmosphérique ? Selon Arvin Mootoocurpen, chaque citoyen a le droit d'avoir accès à ce type d'information.

C'est l'une des raisons qui l'ont poussé à acheter un capteur de qualité de l'air en 2019. L'habitant de La-Tour-Koenig est aussi concerné par le fait qu'un cancer du poumon a été diagnostiqué à sa belle-mère, une femme 55 ans, alors qu'elle ne fume pas.

Cette semaine, il a mené des contrôles avec l'appareil Flow de Plume Labs. Les résultats étaient si troublants que le député Fabrice David a décidé de soulever la question au Parlement. Malgré le scepticisme affiché par les autorités au sujet des données recueillies par Arvin Mootoocurpen, Fabrice David a lancé, jeudi, le mouvement #LetUsBreatheMoris, dans le but de combattre la pollution atmosphérique, non seulement dans cette région mais également à travers le pays. Il peut compter sur la participation d'Arvin, des membres du Collectif bienêtre de Pointe-aux-Sables ainsi que d'autres écologistes.

Tout est parti des contrôles effectués par Arvin Mootoocurpen sur le Flow en début de semaine. Le Flow est un appareil de petit format (moins de 10 cm) et très compact. Mais sa petite taille ne l'empêche pas d'être un concentré de technologie. Grâce à un laser et une cellule photovoltaïque, le capteur est en mesure de comptabiliser la présence de plusieurs molécules dans l'air telles que les particules fines PM10 (de 10 microns donc), qui sont issues du trafic routier ou de la combustion. De par leur taille, ces particules peuvent s'enrouler dans les poumons. Le capteur détecte aussi les PM2,5, qui sont des particules encore plus fines et donc encore plus néfastes pour la santé. Elles peuvent gagner les alvéoles pulmonaires. Les taux de composés organiques volatils (COV), qui sont cancérigènes, et de dioxyde d'azote ou de NO2, qui provient particulièrement de la combustion, sont aussi détectés.

Une application dédiée se synchronise avec le capteur et permet de consulter l'exposition quotidienne à toutes ces molécules volatiles. Qui plus est, des diodes multicolores s'illuminent lorsque l'on appuie sur le bouton central pour obtenir une mesure immédiate. Par exemple, cette semaine, c'est le violet, qui a scintillé sur le capteur, ce qui représente un risque «très fort» de pollution. La couleur verte indique un risque faible, orange pour le risque modéré alors que le rouge est synonyme d'un risque élevé.

Les déplacements d'Arvin Mootoocurpen à proximité du dispensaire communautaire de La-Tour-Koenig, ont permis de capter un taux de concentration de dioxyde d'azote supérieur à la moyenne. Jeudi, il a enregistré un taux élevé de PM2,5 à proximité de l'université de Technologie, à la suite d'informations reçues par un lanceur d'alerte, basé dans la zone industrielle.

Mais les autorités parlent, quant à elles, d'un taux élevé de dioxyde de soufre, qui est un gaz tout aussi toxique que le dioxyde d'azote. «Pwazon res pwazon», soutient Arvin qui, à travers le hashtag #LetUsBreatheMoris, exhorte les autorités à enfin écouter l'appel lancé depuis 2016 par le Collectif bien-être de Pointe-aux-Sables. «Le hashtag nous permettra d'harmoniser nos posts sur les réseaux sociaux. Nous réclamons qu'un système de contrôle permanent soit mis en place car celui qui est actuellement là, n'est pas efficace.»

En effet, comme nous l'a déclaré un cadre du National Environmental Laboratory en milieu de semaine, des contrôles de la qualité de l'air sont effectués à travers une caravane mobile. Seuls Port-Louis, Rose-Hill et Vacoas comptent, chacun, une station permanente pour enregistrer les données sur la qualité de l'air. Le cadre a fait comprendre à l'express que trois autres stations verront le jour d'ici la fin de l'année. Ceux qui s'associent au #LetUsBreatheMoris demandent aussi que les données recueillies à travers les contrôles officiels soient rendues publics pour plus de transparence.

Plus de: L'Express

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