Cote d'Ivoire: Un festival pour lutter contre les violences envers les personnes LGBTQI+

En Côte d'Ivoire, l'ONG Gromo a organisé son premier festival consacré au combat LGBTQI+ (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transexuels, Queers, Intersexuels). Débats, concerts, échanges... le festival Awawale 2021 « Vivre ensemble dans la diversité » s'est tenu, samedi 15 mai, à la Fabrique culturelle, à Abidjan. L'événement vise à lutter contre les préjugés et les violences dont sont victimes les personnes homosexuelles et transsexuelles.

Faut-il assumer son identité sexuelle et comment y parvenir ? Pendant deux heures, les participants ont échangé sur les difficultés ou les réussites de leur marche vers l'acceptation de soi.

Pour Dorgeles, homosexuel qui cache son orientation à ses proches, le mieux vivre passe d'abord par l'autonomisation financière : « Pour moi, assumer l'identité, c'est d'abord d'effectuer un travail, d'avoir une maison... Là, tu rentres à la maison et tu n'as pas le bruit dans ton oreille disant que tu es pédé. »

Parmi les participants, d'autres estiment avoir réussi ce chemin. Celui que l'on surnomme « le général » affirme n'avoir aucun problème dans son quartier de Yopougon où il tient un bar gay friendly : « Je fais ça très bien et donc on me respecte. Quand on te voit, déjà, si tu es chic, si tu es bien vêtu, bien habillé et que tu dis que tu es homosexuel, ils ne vont rien te faire. Mais quand on te voit, si tu ne donnes pas l'impression que tu es quelqu'un qui sait ce qu'il veut dans la vie, forcément, si on dirait que tu es homosexuel, ils vont te blâmer », souligneSeri Nely.

Pour les transsexuels, les obstacles sont nombreux. En plus des préjugés de la société conservatrice, les problèmes administratifs sont récurrents.

« Pour prendre une maison, j'ai besoin de papiers d'identité pour avoir un contrat. Même pour travailler, j'ai besoin de papiers d'identité qui correspondent à ce que je présente, physiquement. Et donc, le problème des personnes trans, c'est vraiment un problème qui va au-delà de la santé, mais cette question-là n'est pas encore suffisamment comprise », explique Orneill Latiyah, militante trans.

Les organisateurs se sont dits satisfaits de la tenue de ce festival auquel des représentants des forces de l'ordre sont venus assister « pour une meilleure compréhension de la vie de nos compatriotes », a indiqué une commissaire de police.

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