Ethiopie: Metsa Worke, une ville fantôme piégée par les violences au Tigré

Le conflit continue au Tigré, dans le nord du pays. Les violences sont quotidiennes. Certaines localités ont même été complètement désertées. À quelques dizaines de kilomètres de Mekelle, la capitale du Tigré, le village de Metsa Worke a été entièrement vidé de ses habitants. Reportage.

Metsa Worke est une ville fantôme. Les maisons de pierre à flanc de colline sont vides, les volets sont fermés et si certaines régions du Tigré sont ébranlées par le bruit des combats, ici, le silence règne. Seule deux femmes, leurs enfants et quelques animaux vivent encore sur place. Mariam raconte ce qui s'est passé.

« Des soldats éthiopiens sont arrivés en octobre. Ils cherchaient des rebelles. Ils ont emmené des gens dans les montagnes. Certains ont été égorgés. D'autres ont reçu une balle dans la tête. Il y a eu 50 morts. Le 15 janvier, c'était au tour des Erythréens. Ils ont tout pillé. Ils nous ont demandé de nous déshabiller pour nous humilier. Tout le monde a fui. Il y avait environ 500 habitants. Il n'y a plus que nous deux. »

Sa compagne d'infortune, Zenab, explique avoir tenté de partir elle aussi, avant de renoncer.

« J'ai tenté d'aller au village le plus proche, mais il n'y avait pas d'abri, alors je suis revenue ici. C'est chez nous, nous n'avons nulle part où aller. Alors on a toujours de la nourriture prête dans un sac au cas où les soldats reviendraient. Comme ça on peut partir avec un peu de provisions pour survivre. Mais dès que des militaires approchent, des amis des localités voisines nous appellent et on part en courant. »

Le cas de Metsa Worke n'est pas isolé et le phénomène des villes-fantômes devrait continuer avec la fuite des Tigréens vers les agglomérations où se trouvent notamment les camps de déplacés.

Plus de: RFI

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