Afrique: La Welthungerhilfe soutient Madagascar contre la famine qui menace

La Welthungerhilfe (Agro-action allemande) s'alarme de "plus d'un million de personnes" menacées de famine dans le sud de Madagascar. Il faut de la nourriture, de l'eau... et du matériel agricole en urgence.

Plus d'un million de personnes risquent de souffrir bientôt de la famine dans le sud de Madagascar... à cause d'une sécheresse historique - la pire depuis 40 ans - qui est en passe de détruire une grande partie des récoltes. Les prix ont déjà augmenté, beaucoup ont dû vendre leurs biens, leur maison, des milliers d'enfants ne vont plus à l'école.

C'est pourquoi plusieurs organisations onusiennes (PAM, FAO...) ou humanitaires appellent à venir d'urgence en aide aux Malgaches.

Sandrine Blanchard a joint Marlene Müller, directrice des programmes de la Welthungerhilfe (l'Agro-action allemande) à Madagascar. Elle témoigne d'une situation dramatique :

"Madagascar est l'un des pays les plus touchés par le changement climatique. Il y a régulièrement des cyclones et les pluies sont de plus en plus courtes et moins intenses.

Sur 107 pays analysés, Madagascar se classe sur 105 dans l'indice mondial de la faim, 40% de la population souffre de malnutrition et cinq pour cent des enfants n'atteignent pas l'âge de 5 ans parce qu'ils meurent avant cet âge.

Le pire, c'est la sécheresse. Celle qui frappe l'île actuellement est la pire depuis 40 ans et affecte gravement le sud de Madagascar. Il y a déjà des milliers d'enfants qui souffrent de malnutrition. Au total, plus d'un million de personnes dans le sud sont particulièrement touchées par la sécheresse.

Moitié moins de pluie que d'ordinaire

Entre novembre et janvier, il n'est tombé que la moitié des précipitations normales, donc dans les semaines à venir, on s'attend à des pertes importantes de récoltes. On parle d'environ 60 pour cent d'enfants qui peuvent plus aller à l'école. Il n'y a presque plus de possibilités d'emploi sur place. Les gens n'ont plus d'argent pour acheter à manger sur les marchés et les prix pour les produits alimentaires ont augmenté.

On observe déjà des migrations vers les grandes villes. Les gens ont commencé à vendre leurs maisons, leurs terrains pour pouvoir quitter et trouver un meilleur avenir ailleurs.

La pandémie de Covid-19 complique les choses

De plus, il y a la pandémie de Covid-19, qui aggrave la situation et rend plus difficile l'accès au sud. Avec des collègues du siège de la Welthungerhilfe à Antananarivo, nous avions planifié un voyage pour prêter main forte à nos collègues dans le Sud. Mais on a dû annuler à cause des nouvelles restrictions pour limiter la propagation du virus.

Donc là, on va coordonner avec notre équipe qui est sur place, et aussi nous sommes en contact au niveau national et régional avec le BNGRC, le Bureau national de gestion des risques de catastrophe, avec les agences des Nations unies et des autres organisations humanitaires.

Mes collègues qui travaillent à Fort-Dauphin, dans le Sud-Est du pays, sont allés vers les villages assez touchés pour pouvoir voir ce qui se passe vraiment sur le terrain et pour analyser les besoins locaux. Ils ont vu l'état des gens, des champs et ils ont parlé aussi avec les employés des centres de santé. Et la situation est vraiment très grave.

L'urgence : la nourriture et l'eau

Donc, pour l'instant, il est très important d'assurer rapidement que les populations affectées auront accès à l'alimentation et à l'eau. C'est très important.

De plus, il faut renforcer les capacités des centres de santé et des hôpitaux. Ensuite, les gens auront besoin des semences et de matériel de travail pour qu'ils puissent se préparer à la prochaine récolte.

Nous, Welthungerhilfe, nous sommes en train d'élargir notre zone d'intervention pour aider les familles les plus vulnérables à accéder à la nourriture et à l'eau."

Plus de: DW

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