Afrique: Diplomatie - Emmanuel Macron initie un sommet sur le financement des économies africaines

Une quinzaine de chefs d'Etat africains, ainsi que des hauts responsables des Institutions multilatérales, se retrouveront, le 18 mai à Paris, autour du président français Emmanuel Macron, pour la relance des économies africaines, ralenties par la crise sanitaire.

L'idée du « Sommet sur le financement des économies africaines » a surgi en avril, après que le Fonds monétaire international (FMI) ait averti que l'Afrique pourrait être confrontée à un déficit de financement de 290 milliards de dollars d'ici 2023. En cause, les crises sanitaire et libyenne, les risques sécuritaires dans certains pays, le terrorisme islamiste, la pauvreté... , et leurs conséquences sur les économies africaines. La France avait appelé à un « New-Deal du financement de l'Afrique ». C'est dans ce contexte particulier que le président français a initié un sommet à Paris, en présence de certains dirigeants africains et des institutions multilatérales, pour tenter des solutions adaptées à la crise économique et financière que connaît l'Afrique, avant un rebondissement supposé cette année (+3,4%), après une récession en 2020.

Le sommet vise à bâtir une stratégie efficace permettant de trouver des finances capables de relancer l'économie des pays africains, provoquée par la crise sanitaire, qui aura certes, fait moins de victimes sur le continent, mais fait chuter le PIB (en recul de 2,1%) et une récession sans précédent. L'initiative d'Emmanuel Macron d'appeler à cette rencontre est attirer les investissements vers les secteurs publics et privés. Le président français propose de mettre à la disposition de l'Afrique de Droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international. Sur une émission de DTS d'une valeur de 650 milliards de dollars attendus en juin, 34 milliards seraient destinés à l'Afrique dont 24 milliards à l'Afrique subsaharienne).

Des pistes complémentaires de financements

On sait déjà que ces montants seront insuffisants. L'Elysée suggère en complément, la vente de stock d'or du FMI pour alimenter des prêts à taux zéro, ainsi que des allègements de dettes à partir des réflexions entre créanciers publics et privés. Ce qui pourrait constituer un bon « un paquet de soutien » et « poser des bases pour un nouveau cycle de croissance sur le continent, qui sera aussi un relais pour une croissance pour l'économie mondiale », selon Paris. Pour le gouvernement français, le choc économique est plus fort en Afrique qu'ailleurs, son économie étant dépendante des échanges extérieurs et du choc de la pandémie qui la frappe encore plus que d'autres.

Atouts et faiblesses de l'Afrique

Les besoins de financement de l'Afrique sont estimés à 400 milliards de dollars. Et le continent ne manque pas d'atouts, telles que ses ressources naturelles, terres arables, une forte démographique et une population jeune, une urbanisation accélérée et des taux de croissance de 5 % à 7 % des dernières années. Mais l'instabilité politique, la corruption et le désintérêt croissant de certaines puissances occidentales sur la question africaine font fuir les capitaux. A la différence de l'Europe ou des Etats-Unis, l'Afrique n'a pas bénéficié de plans de relance chiffrés à plusieurs centaines voire milliers de milliards de dollars de la part de banques centrales.

Mais les conditions posées par les institutions multilatérales (FMI, Banque mondiale) suscitent de grandes controverses, notamment sur les contreparties budgétaires ou fiscales. Et la dette africaine était déjà très importante avant la pandémie et les risques de surendettement menacent aujourd'hui les pays à faibles revenus. Les effets de la crise induits par la crise européenne a engendré une baisse des exportations et du tourisme vers le continent africain. Un certain nombre de remboursements de dette prévus en 2020 ont été suspendus, pour un total de 6 milliards d'euros. Cette suspension a ensuite été étendue à 2021. Ce qui aura permis aux États d'utiliser de l'argent pour les dépenses sanitaires et sociales pressantes. Mais cela ne suffira pas. A la place de la suspension provisoire de la dette, certains pays africains appellent à la générosité.

Le sommet du 18 mai est de catalyser les réponses financières pouvant être apportées aux pays africains, d'évaluer les besoins de financements et de voir comment ils peuvent être comblés. Il s'agira aussi d'étudier comment mettre en oeuvre un cadre commun de traitement de la dette publique des pays qui connaissent des difficultés, comme annoncé en novembre 2020 par le G20, en concentranr les efforts concentrant les efforts des bailleurs sur une réponse forte et commune.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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