Afrique: Recrudescence de la migration irrégulière - La politique migratoire en Afrique et les stratégies de l'UE, en question

Enfants abandonés

Face à la recrudescence de la migration irrégulière, avec des dizaines de morts déplorées ces dernières semaines dans des naufrages de leurs embarcations de fortune en mer méditerranéenne et au large des côtes espagnoles, ADHA (Action pour les droits humains et l'amitié) s'interroge sur l'efficacité de la politique migratoire en Afrique. Aussi appelle-t-elle l'Union Européenne (UE) à revoir ses stratégies et au respect de l'application des textes fondamentaux des droits humains.

Action pour les Droits Humains et l'Amitié (ADHA) tire la sonnette d'alarme face à la recrudescence de la migration irrégulière.

Selon les informations relayées par le Porte-parole de l'Organisation Internationale pour les Migration (OIM), au moins 17 candidats à la migration irrégulière se sont noyés, peut-on lire dans un communiqué de ADHA. «Après investigations, l'embarcation provenant du port Libyen de Zouara pour un voyage vers l'Europe, partie le mardi 11 mai 2021, avait des difficultés et a finalement fait naufrage en mer Méditerranéenne. Ainsi, deux (2) survivants de nationalité nigérienne ont été retrouvés, jeudi 13 mai, au large de la Tunisie», note la source. Depuis le début de l'année, 557 personnes sont mortes en Méditerranée Centrale, en tentant de rejoindre les côtes européennes à bord d'embarcations de fortune, d'après l'OIM. «Cette situation doit encore plus nous pousser à nous interroger sur l'efficacité de la politique migratoire en Afrique. Cette situation prouve qu'il n'y a pas de politique migratoire efficace en Afrique. Or, malgré les accords européens destinés à dissuader de telles traversées, le rythme des départs des migrants s'est accéléré. Cela doit inciter l'UE à revoir ses stratégies d'intervention... », lit-on.

Face à cette situation alarmante et de désespoir, ADHA «dénonce avec la dernière énergie l'absence de politiques efficaces capables de faire face aux phénomènes migratoires». ADHA n'a pas manqué de rappeler que ce sont des pays africains qui assument l'essentiel du fardeau de la migration et qui, par conséquent, payent le plus lourd tribut. Pour ADHA, il est ainsi «impératif et crucial de poursuivre la réflexion et de mettre en place de nouveaux mécanismes de sortie de crise, plus soucieux de la prise en charge des fléaux de la jeunesse africaine, parmi lesquels le chômage et le sous-emploi. Il s'agit surtout d'y impliquer totalement les jeunes qui définiront eux-mêmes leur propre politique, telle que établie par la charte africaine de la jeunesse. Il s'agit par la même occasion, de pousser les jeunes africains à prendre leur propre responsabilité et leur destin en main et à ne plus se fier entièrement à des politiques concoctées par des adultes, pire, des vieux, totalement en déphasage avec la réalité qu'ils vivent».

DRAME DE LA MIGRATION IRREGULIERE, SOUS L'ŒIL COMPLICE DES DIRIGEANTS AFRICAINS ET OCCIDENTAUX

Dans la foulée, ADHA recommande vivement, «à l'Union Européenne (UE) de revoir ses stratégies pour un respect et une application véritables des textes fondamentaux des droits humains notamment de s'attaquer aux causes profondes poussant les personnes à quitter leurs pays, d'élaborer un cadre stratégique pour la politique migratoire en Afrique et qui devrait contribuer à relever les défis posés par les migrants. Et aussi à assurer leurs intégrations ainsi que toute question s'y rapportant, dans le programme national et régional pour la sécurité, la stabilité, le développement et la coopération. En plus d'améliorer la coopération et la coordination entre les Etats dans les sous-régions et dans les régions en vue de faciliter la libre circulation de l'échelle bilatérale, sous régionale et régionale.

Enfin, l'ADHA recommande à l'UE de fournir des informations adéquates aux futurs migrants sur les opportunités et les perspectives de différentes destinations afin qu'ils puissent, librement, prendre des décisions éclairées», préconise-t-on dans le communiqué. Dans la note datée d'hier, dimanche 16 mai, ADHA se dit vivement préoccupée par le «drame de la migration irrégulière qui dure, sous l'œil complice des dirigeants africains et occidentaux». Et de rappeler : «En effet, depuis le début de l'année, plus de 557 personnes sont mortes en Méditerranéen centrale en tentant de rejoindre les côtes européennes à bord d'embarcations de fortune, d'après l'OIM. S'y ajoute la noyade, en fin de semaine dernière, d'au moins 17 migrants subsahariens au large de la Tunisie et 60 morts dans les côtes espagnoles», renseigne Adam Mbengue, président d'ADHA.

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