Afrique: Relations internationales - L'occident affiche un front commun face aux Etats qui « violent les règles du monde »

Les pays occidentaux et certains Etats, dont la Chine et la Russie, s'accusent mutuellement de saper l'ordre international fondé sur les règles et auquel les deux parties s'opposent des visions différentes.

Un désaccord ayant conduit les puissances du G7 à renforcer leur partenariat, en vue d'apporter des réponses communes aux « menaces mondiales ». Le club des riches a, de ce fait, adopté des approches conjointes en matière de politique étrangère, en particulier à l'égard de Pékin et de Moscou.

Les questions qui font que les deux parties s'opposent ces derniers temps dans certaines rencontres internationales portent, entre autres, sur: la liberté d'expression; les droits de l'homme; la démocratie; le commerce international, bref, le multilatéralisme. Tant l'Union européenne que ses alliés dénoncent « les mauvaises pratiques » orchestrées par certains pays pour rendre la vie difficile dans certaines parties du monde.

A ce sujet, le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, pense qu'il est temps d'agir pour contrer l'influence des Etats qui ne se conforment pas à l'ordre international. « La présidence britannique du G7 est une opportunité pour rassembler les sociétés démocratiques et ouvertes et faire preuve d'unité au moment où c'est le plus nécessaire pour affronter les défis communs et les menaces grandissantes », souligne le chef de la diplomatie britannique.

Du côté des Etats-Unis, l'on appelle également à combattre ceux qui « minent l'ordre international » en « violant » ses règles. Sans citer nommément la Russie ou la Chine, le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, par exemple, assure que Washington continuerait à s'opposer « avec force aux pays qui sapent l'ordre international », en prétendant que « les règles adoptées par tous n'existent pas » ou « en les violant allègrement ». « Certains estiment que des gouvernements peuvent faire ce qu'ils veulent dans leur pays et que les droits humains sont des valeurs subjectives variant d'une société à une autre », argumente le responsable américain, ajoutant que « l'affirmation d'une juridiction nationale ne donne de chèque en blanc à aucun Etat pour asservir, torturer, faire disparaître, nettoyer ethniquement son peuple ou violer ses droits humains ». Allusion implicite faite à la répression visant les Ouïghours en Chine.

Faire respecter l'ordre international

Antony Blinken s'en prend aussi aux nations qui s'affranchissent de l'« égalité souveraine » des Etats reconnue par la charte de l'ONU, en entendant « redessiner les frontières d'un autre » pays, une mention qui semblerait viser la Russie et la prise de la Crimée à l'Ukraine. Et de poursuivre : « Ce que nous essayons de faire, c'est de faire respecter l'ordre international fondé sur des règles, dans lequel nos pays ont tellement investi ces dernières décennies (...) pas seulement dans l'intérêt de nos propres citoyens, mais aussi des peuples à travers le monde ».

Réagissant à la position américaine et européenne, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dénonce les approches de Washington et de Bruxelles sur le multilatéralisme qui risquent, selon lui, de créer de nouvelles « fractures ». Estimant que développer le multilatéralisme est un « travail à faire sur une base collégiale », il déplore le fait que ces derniers temps, l'on assiste à de « tentatives de mise en place d'un ordre international visant à imposer à tous de nouvelles règles élaborées dans des instances non inclusives ».

Les créations de « partenariats étroits sur des questions qui sont déjà débattues au sein des Nations unies ou d'organismes spécialisés », comme l'appel au respect du droit humanitaire signé par 43 Etats ou l'appel à l'appui de la liberté d'expression bénéficiant d'une trentaine de signataires, « sont les preuves d'une certaine unipolarité en Occident », relève Sergueï Lavrov. « On ne voit pas le monde multilatéral comme une façon de travailler ensemble pour prendre des décisions collectives, on le voit plutôt comme une façon d'imposer ses règles aux autres », insiste le ministre russe.

La réponse chinoise aux Occidentaux est tout aussi cinglante. « Pékin est fermement opposée aux ingérences américaines et européennes dans les affaires intérieures de la Chine », martèle le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie, Yang Jiechi.

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