Afrique: Israël doit arrêter ses frappes aériennes "inexcusables et intolérables" au cœur de Gaza

communiqué de presse

Ce lundi 17 mai le ministère de la Santé de Gaza a annoncé qu'au moins 198 personnes, dont 58 enfants, avaient été tuées à Gaza. En Israël, 10 personnes, dont deux enfants, ont été tuées par des tirs de roquettes lancées par des groupes armés palestiniens depuis la bande de Gaza.

La veille, des bombardements israéliens sur la zone où se trouve la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans la ville de Gaza, ont tué 42 personnes, dont 10 enfants, d'après le Ministère de la Santé. La clinique MSF a également été endommagée par ces bombardements. La pièce de stérilisation de la clinique est hors service ainsi que la salle d'attente. Personne n'a été blessé au sein de la clinique, qui propose des services d'urgences et de traitement des brûlés.

Un employé de MSF, présent à ce moment-là, décrit une scène d'horreur totale, alors que d'énormes explosions faisaient trembler les environs et que des femmes et des enfants couraient dans la rue en criant et en pleurant.

« La situation était déjà dramatique cette semaine, compte tenu du nombre de victimes civiles qui augmentait quotidiennement. Mais quand j'ai vu les dégâts dans notre quartier et la clinique de MSF, le matin après l'attaque, je n'avais pas les mots » dit le Dr. Mohammed Abu Mughaiseeb, assistant de coordination médicale de MSF à Gaza. « Tout est impacté - les maisons, les routes, les arbres. La clinique, dans laquelle on voit plus de 1,000 enfants chaque année avec des brûlures et d'autres blessures traumatiques, avait un mur en moins et il y avait des gravats partout. Elle est maintenant fermée, pas seulement à cause des dégâts causés mais aussi parce que la route pour y accéder a été détruite et que la zone est toujours dangereuse. »

L'accès aux soins de santé pour les personnes avec des blessures potentiellement mortelles est très fortement restreint, car les frappes aériennes israéliennes ont endommagé beaucoup de routes menant vers les hôpitaux. De plus, une grande partie du personnel médical craint de se rendre vers les structures de santé, et certaines fournitures médicales commencent à manquer. Deux médecins figurent parmi les 42 personnes tuées dans ces frappes aériennes.

« Les attaques sur des civils et des infrastructures civiles dont nous sommes témoins à Gaza sont inexcusables et intolérables », dit Ely Sok, chef de mission de MSF dans les Territoires Palestiniens Occupés. « Alors que le nombre de blessés et de déplacés continue d'augmenter, il n'est toujours pas possible de renforcer le soutien humanitaire et de faire entrer davantage de personnel et de fournitures dans la bande de Gaza. Les autorités de santé locales disent que dans 24 heures, elles n'auront plus de poches de sang, ce qui veut dire qu'elles ne pourront plus faire de transfusions de sang aux patients qui en ont besoin, une intervention pourtant clé quand il s'agit de traiter des blessés de guerre. »

Une équipe de MSF effectue des rotations de 24 heures pour soutenir le personnel médical dans la salle des urgences et les salles d'opération de l'hôpital d'Al Awda, dans la zone de Jabalia, et traite environ 40 à 45 patients souffrant de blessures profondes et de brûlures sévères quotidiennement. Au cours de la semaine passée, MSF a également fait don de fournitures médicales essentielles à différentes structures de santé qui traitent les blessés dans l'enclave. L'insécurité ambiante signifie toutefois que MSF n'est pas en mesure de mener ses activités régulières de soins des brûlés et de soins post-opératoires d'urgence.

Alors qu'Israël continue sa campagne de bombardements à Gaza, plus de 38,000 Palestiniens ont dû fuir leurs foyers pour des raisons de sécurité, d'après les Nations Unies. Au moins 2,500 personnes ont déjà perdu leurs maisons, dont certains employés de MSF. Beaucoup d'entre eux ont trouvé refuge chez des personnes de leur famille ou bénéficient d'hébergements temporaires.

« Israël doit arrêter ces attaques au cœur de Gaza. Nous avons vu à plusieurs reprises que même si elles sont censées être « ciblées », elles tuent de nombreux civils. Dans des zones aussi densément peuplées, c'est tout simplement impossible de limiter l'impact des bombardements sur la population » dit Ely Sok. « Un accès sûr pour le personnel et pour les fournitures humanitaires doit aussi être mis en place de façon urgente. »

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