Algérie: À l'approche des élections, la répression s'intensifie

communiqué de presse

À trois semaines des législatives, les journalistes sont systématiquement et violemment empêchés de couvrir les manifestations hebdomadaires du Hirak. Reporters sans frontières (RSF) est extrêmement préoccupée par cette répression croissante et le verrouillage de l'information en Algérie.

Tandis que le soulèvement populaire qui revendique davantage de liberté rejette les élections législatives du 12 juin prochain en Algérie, les autorités tentent d'entraver la couverture du Hirak avec brutalité. De nombreux journalistes ont subi des violences physiques, ont été tenus à l'écart par des tactiques d'encerclement des forces de l'ordre et ont été arrêtés sans motifs lors de la manifestation hebdomadaire du Hirak vendredi 15 mai 2021.

À Alger, une quinzaine de journalistes et photographes ont été arrêtés alors qu'ils couvraient l'évènement. Lynda Abbou (RadioM), Sid Ahmed Belouchrani (Sid Walinés) photographe indépendant, et Khaled Drareni (Casbah Tribune) ont été interpellés à plusieurs reprises durant la journée. Ils ont finalement été arrêtés et retenus pendant huit heures avant d'être libérés sans aucune explication. Des journalistes et photographes dont le photographe de l'AFP Riad Kramdi, Wided Laouedj (Radio M), Anis Chelouche (Casbah Tribune) et Farida Tayeb Cherrad (TariqNews), ont également été arrêtés plusieurs heures et empêché de rendre compte de la violente répression lors de la manifestation.

Violemment frappé par des policiers anti-émeutes

Le journaliste Djaafer Kheloufi du site d'information Twala a été violemment frappé par des policiers anti-émeutes à Alger en essayant d'intervenir lors de l'interpellation brutale de la journaliste Kenza Khattou, vendredi dernier, par cinq agents des forces de l'ordre. Ce lundi 17 mai, la journaliste qui anime la rubrique politique de Radio M était toujours en garde à vue et n'avait pas été entendue par le procureur de la République. La jeune femme porte des traces de coups sur le corps et ses lunettes ont été cassées. Après avoir refusé de signer le procès-verbal qu'elle ne pouvait pas lire sans lunettes, elle a été forcée d'y laisser ses empreintes sous la contrainte.

La volonté d'empêcher la couverture médiatique des manifestations du Hirak s'était déjà illustrée une semaine auparavant. Le 11 mai, Khaled Drareni (Casbah Tribune) Hakim Hammiche (photographe indépendant), Sami Kharoum (photographe El Watan), Mustapha Bastami (El Khabar) et Feriel Bouaziz (Interlignes) ont passé cinq heures au commissariat de la Casbah avant d'être relâchés sans aucune justification. Leurs portables et leurs papiers, confisqués lors de l'interpellation, leur ont été rendus.

" L'intimidation et le harcèlement que subissent les journalistes algériens dans l'exercice de leur fonction est inadmissible. Ils poursuivent leur mission qui est de publier des images et des témoignages, déclare Souhaieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord. Reporters sans frontières appelle les autorités algériennes à cesser immédiatement cette répression brutale, en totale contradiction avec sa Constitution et la Charte des droits de l'Homme".

Ces arrestations interviennent alors que les autorités algériennes tentent d'empêcher les manifestations dans le pays. Depuis le 9 juin, toute manifestation est interdite si elle ne bénéficie pas d'une autorisation préalable, délivrée à condition que les organisateurs communiquent leur identité, l'itinéraire de la marche et les horaires de début et de fin du rassemblement. Des conditions impossibles à respecter puisque les manifestations du Hirak n'ont pas de leader et qu'ils doivent régulièrement changer d'itinéraire pour éviter les cordons sécuritaires.

L'Algérie figure à la 146e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Le pays a perdu 27 places depuis 2015.

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