Burkina Faso: Cheriff Sy, ministre de la défense, à propos de la lutte contre le terrorisme

« Ça fait mal d'entendre des gens qui moussent leur bière, dire que les militaires ne foutent rien »

Ministre d'Etat, ministre de la Défense nationale et des anciens combattants, Chériff Sy était, les 14 et 15 mai 2021, dans la région de l'Est. Il dit être allé encourager et galvaniser les forces engagées contre les groupes armées terroristes qui endeuillent les familles d'une part, et d'autre part, recueillir les préoccupations des Hommes sur le terrain.

Du 14 au 15 mai 2021, le ministre d'Etat, ministre de la Défense nationale et des anciens combattants, Chériff Sy, a séjourné dans la région de l'Est pour remobiliser et encourager les éléments sur le terrain, pour mieux affronter et vaincre les groupes armés qui sèment la désolation dans les familles. A chaque étape de la tournée, le ministre d'Etat, Cheriff Sy, a exprimé les reconnaissances de la Nation aux soldats qui se battent jour et nuit sur le terrain pour réduire les assauts des groupes armés terroristes à leur plus simple expression.

Pour lui, ce sont des patriotes engagées à qui il faut accorder toute l'attention. Malheureusement, déplore Cherif Sy, certains, par leurs actions et paroles, tentent de saper le moral des soldats qui, pourtant, donnent le meilleur d'eux-mêmes pour que les populations vivent en paix. « Nous sommes en face de personnes qui ont un engagement patriotique. Sinon, ils ne seraient pas là pour se battre contre le terrorisme. Parfois, ça fait mal d'entendre des gens qui moussent leur bière, dire que les militaires ne foutent rien. A ceux-là, nous leur disons, quiconque est prêt à s'engager, nous sommes prêts à le former et à l'envoyer sur le terrain.

C'est trop facile de mépriser l'engagement patriotique de ces militaires. Leur courage pour vivre et se battre dans ces conditions et se faire », a-t-il déploré à l'issue de sa visite du détachement de Foutouri. D'ailleurs, les stigmates de l'attaque de ce détachement en position avancée en novembre 2019, sont toujours visibles. En effet, ce détachement a été attaqué en 2019, se souvient un soldat qui était présent au moment des faits.

Permettre aux populations de regagner les terres cultivables

Ce jour-là, confie-t-il, le détachement a été encerclé très tôt le matin et les combats furent violents. Très violents, mais les soldats ont réussi à les repousser et à prendre le dessus. Même s'il nous a été impossible de savoir s'il y a eu perte en vies humaines ou pas, les impacts des balles sont encore visibles sur les murs de la clôture du détachement mais aussi sur le bâtiment principal, témoignant de la violence des combats. Malgré cet incident et la proximité avec les groupes armés terroristes, les éléments restent debout et engagés dans la lutte contre le terrorisme, rassure le chef du département. Ils entendent réduire la menace à sa plus simple expression. « Je tiens à remercier le ministre d'Etat, ministre de la Défense nationale et des anciens combattants pour cette visite qui nous réjouit et nous galvanise.

Notre présence sur le terrain est le témoignage d'un engagement patriotique pour la défense de notre pays, la recherche de la tranquillité et la sérénité des populations », a indiqué Achille Nikiéma, chef de détachement de Foutouri. Après avoir encouragé les éléments et les avoir invités à redoubler d'efforts et de vigilance, la délégation a mis le cap sur Gayeri où attendaient des hommes gonflés à bloc, prêt à se battre pour préserver le territoire burkinabè. De l'entretien entre les FDS et le ministre, il ressort que les Hommes ont su s'adapter aux réalités du terrain et arrivent à engranger des victoires certaines.

Mieux, ils se sont fixés l'objectif de permettre aux populations de regagner les terres cultivables avant l'installation de la saison agricole. Et les opérations vont bon train. « Les Hommes, actuellement très aguerris, ont le moral haut avec la visite du ministre en charge de la Défense nationale. Nous sommes confiants et très heureux de recevoir ici le ministre », se réjouit le Commandant Joanny Compaoré, commandant du secteur No 2.

Il a aussi en charge 3 détachements, à savoir ceux de Gayeri, de Tankoalou et de Foutouri. Cette 2e journée de la tournée a pris fin à Pama où les FDS ont réussi à convaincre les populations à collaborer avec elles. « Et ça a très bien marché », s'est réjoui le ministre d'Etat Cheriff Sy. Il dit souhaiter que l'exemple de Pama fasse cas d'école auprès des autres unités à travers le pays. Avant les détachements de Foutouri, de Gayeri et de Pama, la délégation a rendu visite aux responsables et aussi aux éléments du 34e Régiment inter armées (RIA) dans la région de l'Est, au groupement de gendarmerie départementale de Fada N'Gourma et au poste avancé de Tambaga dans la commune de Madjoari province de la Kompienga où il a livré les mêmes messages, à savoir encourager et recueillir les préoccupations des Hommes.

Ils ont dit

Achille Nikiéma, Chef du détachement de Foutouri

« Je tiens à remercier le ministre d'Etat, ministre de la Défense nationale et des anciens combattants pour cette visite »

« Je tiens à remercier le ministre d'Etat, ministre de la Défense nationale et des anciens combattants pour cette visite qui nous réjouit et nous galvanise. Notre présence sur le terrain est le témoignage d'un engagement patriotique pour la défense de notre pays, la recherche de la tranquillité et la sérénité des populations. »

Commandant Joanny Compaoré, commandant du secteur No 2 qui couvre trois détachements, à savoir ceux de Gayeri, de Tankoalou et de Foutouri

« Nous tenons à rassurer la population que nous sommes là pour elle, quelle que soit la situation »

« Les Hommes sont actuellement très aguerris et ont le moral haut avec la visite du ministre en charge de le Défense nationale. Nous sommes confiants et très heureux de le recevoir ici. Aussi, il nous a traduit toute la satisfaction des plus hautes autorités pour le travail qui est abattu sur le terrain. Les hommes ont reçu ses conseils et ont posé des préoccupations. Le ministre les a rassurés des mesures prises à même de nous aider dans nos missions. Cette visite traduit pour nous, toute l'importance que les autorités accordent à cette lutte et nous en sommes très fiers.

Nous avons le moral haut et nous sommes prêts à aller de l'avant. Nous tenons à rassurer la population que nous sommes là pour elle, quelle que soit la situation, jour et nuit, elle peut nous toucher. Nous l'invitons à ne pas céder à la propagande terroriste. Vous avez dû remarquer qu'ils se livrent à des actions de sabotage et tout type d'action pour dissuader les populations de collaborer avec les Forces de défense et de sécurité. C'est parce qu'ils sont aux abois sur le terrain et que leurs capacités ont été réduites au maximum. C'est pour cela que nous encourageons les populations à collaborer. Nous sommes confiants que cette menace, nous allons en venir à bout et le moral est haut. »

Zéphirin Ouoba, commandant de la brigade de gendarmerie de Pama

« La visite galvanise et encourage les hommes à lutter efficacement contre les terroristes »

« Nous remercions le ministre pour la visite ici à Pama. Elle galvanise et encourage les Hommes à lutter efficacement contre les terroristes. Pour la collaboration entre les FDS et la population, elle a été possible grâce aux différents entretiens que nous avons eus avec les personnes ressources tels que les chefs coutumiers, les conseillers, les CVD et les chefs religieux. Nous avons échangé plusieurs fois par rapport à l'insécurité. Nous leur avons fait comprendre que nous avons ensemble intérêt à collaborer. Ils ont bien compris notre message et ont accepté de nous soutenir.

Toute personne étrangère qui arrive à Pama, est automatiquement signalée et nous l'interpellons pour l'identifier. Je vous rassure que la population coopère avec les Forces de défense et de sécurité. Jusqu'à présent, nous sommes fiers d'elles et nous leur souhaitons de continuer avec cette collaboration pour nous permettre de bouter les terroristes hors de notre province et en particulier hors de la commune de Pama. »

Caporal Lankoandé Denise

« Nous sommes prêts à nous engager davantage »

« Nous sommes très fiers de la visite du ministre en charge de la défense. Elle nous réconforte et nous donne le moral. Nous sommes très heureux. Nous sommes prêts à nous engager davantage sur le terrain de la lutte contre le terrorisme afin d'engranger des victoires. »

Caporal Aïcha Kafando

« Sur le terrain, nous luttons aux côtés de nos frères d'armes »

« Nous sommes honorés de la présence du ministre. Elle nous encourage à poursuivre la lutte contre le terrorisme. Ça nous encourage, nous fortifie et rehausse notre moral pour mieux lutter contre le terrorisme. Sur le terrain, nous luttons aux côtés de nos frères d'armes. Les hommes et les femmes effectuent les mêmes missions car nous nous complétons. S'il y a une attaque, nous nous défendons ensemble. S'il y a une offensive, nous partons ensemble. »

Ousséni Kienou, adjudant-chef major et adjoint au commandant de l'escadron de Fada N'Gourma.

« La visite du ministre est pour nous un réconfort moral »

« La visite du ministre dans la zone est pour nous un réconfort moral. Elle nous a permis de savoir encore une fois que nos autorités sont avec nous. Nous avons constaté, avec les dernières informations, que nous avions un soutien important et cela nous rassure et nous permet de combattre sans recul parce que nous sommes soutenus ».

Lieutenant Richard Pingdwendé Sombougma , chef du détachement de Madjoari

« L'arrivée du ministre galvanise la troupe »

« Nous avons apprécié positivement la visite du ministre. Elle est la bienvenue. Elle rehausse le moral, surtout que nous sommes dans une position avancée. Tout se passe bien ici. Nous menons bien nos opérations et missions qui nous ont été confiées. L'arrivée du ministre galvanise la troupe et la population et j'ose croire que ça va permettre de renforcer la collaboration entre populations et le détachement pour que nos différentes missions se passent bien. Pour ce qui est de la situation sécuritaire, nous arrivons à maîtriser la situation même si les mouvements des groupes armés terroristes se font sentir. Notre mission est de les traquer et nous veillons à ce que tout se passe bien, à rassurer la population, et créer un climat stable. »

Chériff Sy, ministre en charge de la Défense

« Il y a un business dans cette affaire »

« Malgré les moyens limités et le fait que nous sommes dans une zone suffisamment infestée par les terroristes, nos hommes assurent les missions qui sont les leurs. Ils défendent non seulement leur zone territoriale mais aussi les populations et leurs biens. Nous sommes à quelques kilomètres de Kodiel, un village qui a été attaqué récemment avec des pertes en vies humaines de 25 personnes. Il y a des déplacés internes ici.

A Gayeri, nous sommes dans une zone extrêmement hostile. Nous avons pris connaissance du travail qu'ils abattent au quotidien. Leur engagement, leur détermination à travailler de telle sorte qu'avant l'installation de la pluie, les cultivateurs puissent vaquer à leurs occupations et les autres secteurs de production puissent travailler normalement. Nous leur avons transmis tous nos encouragements et l'admiration du chef suprême des armées, le président Roch Kaboré. En résumé, ils font un grand travail. Le combat dans lequel nous sommes, n'est pas seulement un combat des Forces de défense et de sécurité. Il faut véritablement que tout un chacun s'y implique parce que ces gens-là se ravitaillent ne serait-ce que pour le carburant, l'alimentation. Mieux, il y a des questions qui interpellent.

Quand vous savez qu'une kalachnikov coûte 470 à 500 mille F CFA et qu'ils en ont autant, il y a des questions à se poser. Quand vous savez que pour obtenir une 12,7 il faut 17 à 18 millions de F CFA et qu'ils en ont, et même avec des munitions, vous vous dites qu'il y a beaucoup de choses qui interpellent. C'est pour cela que nous parlons de collaboration avec les Forces de défense et de sécurité. Si vous avez un voisin qui a un comportement bizarre, qui a un enrichissement brusque, il y a des questions qui doivent vous interpeller. Il y a des questions qui doivent nous interpeller. (... ) ensuite, il y a d'autres aspects sur lesquels la réflexion d'autres acteurs de la société doit être engagée.

Il y a des personnes qui font des prêches bizarres, certains sont formés dans d'autres pays, sans jeter l'opprobre sur qui que ce soit, il y a nécessairement un questionnement citoyen par rapport à tout le monde. Nous sommes aujourd'hui à un stade où il ne faut pas qu'on se serve d'une valeur religieuse pour inscrire une forme de délinquance, de voyoucratie, de criminalité. C'est un paravent qui est assez grand mais, il faut le dire, il y a un business dans cette affaire. Il faut que nous coupions les sources de ce business ».

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