Madagascar: Contexte difficile - Que faire des entreprises à la dérive ?

La lutte, peut-être sans fin, contre le coronavirus justifie l'imposition de l'état d'urgence sanitaire et ses mesures restrictives. Mais ne doit pas faire oublier le cas de quelques sociétés en grande difficulté.

Le projet de loi de finances va-t-il évoquer leur cas ? Car les Conseils des ministres successifs n'ont pris aucune décision pour elles. Ne serait-ce que des esquisses de solution. Mais rien n'est moins sûr. L'actuel régime est désormais sous programme avec le Fonds monétaire international, FMI. Avec l'obtention des 312 millions de dollars de la Facilité élargie de crédit, FEC. Dans son communiqué préliminaire du 12 février, avant la validation finale de son Conseil d'administration le 30 mars, le FMI, par exemple, a exclu les réformes structurelles d'Air Madagascar dans ses recommandations. Les fermetures des frontières aériennes, ici comme ailleurs, peuvent motiver une telle « indifférence ». Une « non assistance à une personne morale en danger ».

Le FMI, comme d'autres bailleurs de fonds, ne veut pas non plus entendre parler de subventions à ces sociétés d'état en piteux état. Ils proposent des « schémas de sortie de crise ». Comme l'adoption du système de facturation Optima pour la Jirama. Afin d'atteindre, au moins le seuil de rentabilité, sur le court terme.

Rôle central

Car les montants décaissés des ces aides financières substantielles, supportées par les contribuables, dépassent de loin, le plus souvent, ceux annoncés dans le Budget. Ce qui fait souffrir d'autres secteurs jugés prioritaires par le FMI.

Pour le cas spécifique d'Air Madagascar, le 1er octobre lors de la réouverture de l'aéroport de Nosy Be aux trafics aériens régionaux et internationaux, Joël Randriamandranto, ministre du Tourisme, des transports et de météorologie, a pourtant déclaré que « le contenu du Business Plan du redressement d'Air Madagascar serait dévoilé sous quinzaine ». Depuis, aucune indication n'a été donnée sur cette belle envolée lyrique. Alors que les activités touristiques dans les pays générant des visiteurs pour Madagascar, en l'occurrence la France, l'Italie et dans une moindre mesure l'Espagne, commencent à reprendre de façon progressive. Tôt ou tard, ils reviendront. Et Air Madagascar devrait jouer un rôle central dans une éventuelle relance effective du tourisme.

Bien entendu, le pass sanitaire, une fois imposé, va encore nous causer des ennuis. Il se peut que Madagascar soit classé parmi les destinations peu fréquentables, sous forme de codes couleurs sur la carte du monde. Comme aux moments critiques de la propagation de la pandémie du coronavirus, l'an passé.

Cela étant, les salariés d'Air Madagascar se trouvent aujourd'hui dans l'expectative des plus angoissantes, quant à leur avenir. Par l'absence d'un directeur général, celle qui assure l'intérim, Hanitra Rasetarinera, n'oserait pas prendre des directives engageant Air Madagascar sur le long terme. Comme une nouvelle forme de partenariat avec un puissant groupe de compagnies aériennes ou un cartel financier d'envergure internationale. Elle gère le quotidien. Sans perspectives à l'horizon.

D'autres employés sont aussi en détresse chronique. Pour ne citer que ceux de la Kraoma. Pour répondre à leurs revendications sociales, paiements de salaires cumulés depuis des mois - prises en charge de leurs dépenses médicales - aides d'urgence à cause du coronavirus, Fidiniavo Ravokatra, ministre des Mines et des ressources stratégiques, répète sans cesse les mêmes arguments. « La Kraoma porte un lourd fardeau, une dette de 39 milliards d'ariary, et accuse les contrecoups de la mauvaise gestion perpétrée par les barons du précédent régime, HVM. Avec un solde de 55 milliards d'ariary détournés ».

Des techniciens de la Kraoma affirment pourtant « que le niveau de la dette n'est pas aussi insurmontable que cela. Par rapport au potentiel existant de la Kraoma. Il manque la volonté politique de l'État pour la sortir de l'ornière dans laquelle elle est engluée depuis 2019 ». Ils ont émis des propositions concrètes. En tout cas, il appartient aux actuels responsables de trouver des réponses aux exigences du moment. Après les « inepties » de leurs devanciers.

Plus de: L'Express de Madagascar

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