Sénégal: Stratégie de lutte contre les changements climatiques - Le pays cherche à instaurer la taxe carbone

Une des recommandations de la Cop 21 de Paris, en 2015, la taxe carbone est une initiative à développer par les Etats en vue de limiter les émissions de gaz à effet de serre (Ges). C'est dans ce cadre que le Sénégal a engagé des discussions avec les différentes parties concernées afin d'arriver à l'instauration de cette directive. L'annonce est du Directeur de l'Environnement et des Etablissements classés (Deec), Baba Dramé, qui était hier, lundi 17 mai, à une rencontre de formation des journalistes sur la Contribution déterminée au niveau national (Cdn) du Sénégal et du programme pays de Global Green Growth institute (Gggi).

«Il y a une réflexion qui est en cours, avec l'appui de la Banque Ouest-africaine de développement (Boad), pour voir comment mettre en place une taxe carbone. Mais, c'est vraiment une réflexion parce qu'il s'agit de faire une étude de faisabilité pour sa mise en place. C'est un projet qui est en cours parce qu'il suffit de passer en revue l'aspect économique pour voir là où il est possible d'appliquer la taxe», a dit le Directeur de l'Environnement et des Etablissements classés (Deec), Baba Dramé, qui réagissait lors d'un séminaire de formation des journalistes sur la Contribution déterminée au niveau national (Cdn) et du programme Sénégal de Global Green Growth institute (Gggi).

Pour Baba Dramé, il s'agit de «se concerter sur une approche qui puisse permettre de laisser intact le coût de la vie et de mobiliser les ressources qui permettront d'améliorer les conditions d'existence des Sénégalais, à travers le financement de projets d'atténuation».

Mieux, ajoute-t-il, «nous avons récemment reçu le rapport de travail avec un autre cabinet européen pour faire le travail ; mais, ce qui est sûr et certain, dans l'étude de faisabilité, on veillera à ce que cette taxe-là ne crée pas des distorsions dans le coût de la vie au Sénégal». Pour instaurer la taxe sur le carbone, les autorités cherchent également à réguler le transport, avec la promotion de moyens de locomotion moins polluants. «Il y a une grande réflexion qu'on est en train de développer avec le Cetud, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (Pnue) pour développer les activités en matière de transport durable. Ce que l'on veut, c'est à la place de ces moyens de transport qui émettent du gaz, qu'on puisse avoir des véhicules électriques ou à gaz ; ce qui va contribuer à la réduction des gaz à effet de serre», explique M. Dramé.

Sur ce, relève-t-il, l'exploitation future du gaz sénégalais pourrait jouer un rôle déterminent dans la mobilisation de ressources. «Nous voulons faire en sorte que dans la manne financière que l'exploitation du gaz va générer, qu'on prenne une petite partie pour financer des activités qui permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre». Les discussions sont engagées avec les différentes parties concernées, souligne le Directeur de l'environnement afin que les malentendus soient dissipés. «Il y a beaucoup de concertations, la Cdn du Sénégal a été élaborée en tenant compte de tous les acteurs. Au niveau sectoriel, il y a eu des concertations pour que les mesures qui doivent être proposées, aussi bien en matière d'atténuation que d'adaptation au changement climatiques, soient des mesures pertinentes», assure Baba Dramé.

A signaler que la taxe carbone est une taxe environnementale sur les émissions de dioxyde de carbone, les gaz à effet de serre. C'est un impôt environnemental direct, proportionnel aux quantités de dioxyde de carbone (Co2) émises lors de la production et ou de l'usage d'une ressource, d'un bien ou d'un service. L'idée d'instaurer une taxe à carbone a été émise, pour la première fois, au Protocole de Kyoto, en 1997 ; il a été prévu dans le cadre d'un accord international de l'instauration de cette taxe. Mais, c'est suite aux travaux du Gieg et à la Cop 21 de Paris que son instauration est apparue nécessaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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