Congo-Kinshasa: Parc Agro-Industriel de Bukanga-Lonzo - Ce qu'on reproche à Matata

Le dossier de la faillite manifestement programmée du Parc Agro-Industriel de Bukanga-Lonzo colle plus que jamais Augustin Matata Ponyo à la peau, Sénateur de son état et Premier ministre à l'époque des faits.

Avec la saisine formelle du Sénat et de l'Assemblée Nationale par le Parquet général près la Cour de Cassation, il ne fait l'ombre d'aucun doute que les poursuites judiciaires sont imminentes contre le précité et ses complices.

En tout cas, l'acte d'accusation ficelé à ce sujet par le ministère public, sur pied des enquêtes de l'Inspection Générale des Finances, cite nommément l'intéressé ainsi que plusieurs parlementaires, dont la levée des immunités est également sollicitée. Le retour précitée de Matata Ponyo de l'étranger, où il était en séjour, dans la ferme intention d'affronter la justice, est perçu par l'homme de la rue comme un excellent signal pour la tenue du procès.

D'où d'aucuns pensent que le Sénat et l'Assemblée nationale, auraient intérêt à accélérer le processus de conversion de Matata et consorts en justiciables dépouillés de tout ce qui serait de nature à gêner la procédure judiciaire à enclencher à leur encontre. Le dossier Bukanza-Lonzo est si sensible que les deux chambres du Parlement devraient jouer la carte à la fois de l'urgence et de la transparence pour ne pas donner l'impression de chercher à protéger ceux qui sont perçus, par la clameur publique, comme des « Kuluna en cravate » à juger publiquement et condamner sévèrement dans l'hypothèse avérée du sabotage de la politique du ventre.

La présence physique de Matata à Kinshasa devrait en principe pousser tous ceux et toutes celles qui sont tentés de le soustraire de la justice, à laisser celle-ci instruire le dossier et le fixer devant son juge naturel. Puisque l'intéressé continue de clamer haut et fort son innocence et qu'il aurait même traduit en justice l'Inspecteur général des Finances, Jules Alingete, et certains de ses proches collaborateurs, pour diffamation et dénonciation calomnieuse, il n'y a pas meilleur arbitre que la Cour Constitutionnelle ou la Cour de Cassation - c'est selon - pour fixer les esprits.

Rappelons, à propos du dossier de Bukanga-Lonzo, que l'acte d'accusation ficelé par le Parquet général près la Cour Constitutionnelle fait état des infractions de faux et usage de faux, détournements des deniers publics et abstention coupable de fonctionnaire chargé de gestion du gouvernement, de son épouse Hortense Kachoko Mbonda, des anciens ministres du Portefeuille (Louise Munga), de l'Agriculture, de l'Industrie, et du Développement Rural. Cela fait du beau monde appelé à éclairer l'opinion tant nationale qu'internationale sur des millions de dollars partis en fumée dans des marchés de gré à gré, des surfacturations d'achats d'engins, d'équipements et d'intrants, de rétro-commissions payées à des sociétés écrans ou fictives, etc.

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