Afrique: Diplomatie - La relance des économies africaines relève d'un enjeu stratégique pour la France et pour l'Union européenne

Le sommet à Paris destiné à réfléchir aux moyens de relancer les économies africaines a réuni une trentaine de chefs d'Etat africains et européens, ainsi que les dirigeants d'institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international.

Ce sommet, une initiative du président français, vise à renforcer les investissements en Afrique au moment où le continent fera face à un déficit de 300 milliards de dollars d'ici la fin 2023, après avoir subi une récession économique en 2020. « La crise a touché tous les pays, tous les continents, l'Asie, l'Europe, et l'Afrique. La singularité de l'Afrique, c'est qu'elle n'a pas les moyens financiers aujourd'hui de protéger et de relancer son économie comme l'ont fait tous les autres continents », a déclaré sur RFI le ministre français des Finances, Bruno Le Maire.

Citant le Fonds monétaire international (FMI), Bruno Le Maire a rappelé que les pays développés avaient consacré 25% de leur richesse nationale à relancer leur économie, alors que ce chiffre est d'à peine 2% en Afrique. « Donc le risque majeur, celui que nous voulons prévenir (...) c'est la grande divergence économique entre le continent africain qui repartirait en arrière - cela peut s'aggraver avec le retour de la pauvreté, la croissance de l'inégalité - , alors que de l'autre côté les Etats-Unis repartiraient fort, l'Europe repartirait fort, l'Asie repartirait fort », a souligné le ministre français. Pour lui, « c'est un problème économique, un problème politique, mais aussi un problème de sécurité », ajoutant que l'enjeu en Afrique est absolument stratégique pour la France et pour l'Union européenne.

Le directeur exécutif en charge de l'innovation et de la recherche de l'Agence Française de développement, Thomas Melonio, alerte pour sa part : « La moitié de l'Afrique court un risque élevé de surendettement »... Aussi Paris pousse depuis un an en faveur d'une restructuration de l'endettement de certains pays.

On notera que pour la première fois, la Chine, un des plus gros créanciers de l'Afrique était à la table des négociations. Ce qui est considéré comme « une avancée majeure ».

Emmanuel Macron estime qu'un "New Deal" est nécessaire pour l'Afrique afin d'apporter au continent une bouffée d'air frais. De fait, selon la Banque africaine de développement, 39 millions de personnes pourraient tomber sous le seuil de pauvreté cette année, de nombreux pays africains étant sous la menace d'un surendettement en raison de la pandémie.

La dette des pays africains à géométrie variable

La dette africaine varie d'un pays à un autre. Certains pays sont durement touchés par la crise sanitaire (Comores, Gambie, Seychelles) alors qu'ils dépendent du tourisme ; d'autres (Angola, Nigeria, Congo) par la baisse des cours du pétrole, et plus largement, les pays dépendant des exportations de matières premières (Afrique du Sud, Zambie... ). Ceux qui s'en sortent le mieux sont ceux qui ont diversifié leurs revenus et su trouver des relais de croissance dans des secteurs moins frappés par la crise (Bénin, Côte d'Ivoire, Kenya, Sénégal... ). Un nombre important d'habitants auraient néanmoins basculé dans l'extrême pauvreté. L'Afrique subsaharienne compterait ainsi 34 millions de « nouveaux pauvres » vivant avec moins de 2 dollars par jour, selon les estimations de la Banque mondiale.

Le rebond de l'activité devrait finalement être assez modéré, avec une croissance de 3,4 % du PIB du continent cette année. Ce qui ne permettra pas à l'Afrique de revenir au niveau d'avant crise avant au moins plusieurs années, estiment les experts.

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