Burkina Faso: Simon Compaoré, à propos des ministres qui détournent

« Si c'est vrai, c'est intolérable ; cela doit être sanctionné »

La Direction politique du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) était face aux Hommes de médias, dans la matinée du 17 mai 2021 à Ouagadougou. Objectif : donner sa lecture de la situation nationale et communiquer sur la vie du parti au pouvoir. Simon Compaoré, président du parti, et ses camarades comptent organiser, courant 2021, leur congrès qui connaîtra le renouvellement de la direction politique du parti.

1 heure 10 minutes. C'est le temps qu'a pris Simon Compaoré, président du MPP, pour faire sa déclaration liminaire et répondre aux questions des journalistes. Toujours égal à lui-même, Simon Compaoré a répondu sans détour aux questions quoique gênantes des Hommes de médias au regard de leur sensibilité, lors du point de presse du 17 mai dernier.

Dans une parution d'un de nos confrères, des ministres auraient investi dans des pays à l'étranger et ce, avec une gestion légère des deniers publics. S'exprimant sur ce sujet, le commandant en chef du navire MPP dit ne pas, jusqu'à ce jour, avoir d'éléments tangibles sur cette révélation de notre confrère « sinon, pour ce genre de questions, tant que le parti a des éléments, il agit ». Pour montrer que son parti ne s'aurait s'accommoder de ce genre de pratiques, Simon Compaoré a indiqué que des cas plus ou moins similaires ont fait l'objet de discussion en leur sein.

Cependant, l'ex-ministre de la Sécurité a rassuré que malgré la protection des sources, des efforts seront consentis pour en savoir davantage sur cette affaire car, pour lui, son parti rassemble des camarades qui veulent faire avancer les choses et non le contraire. Et de marteler : « Rassurez-vous, vous allez nous entendre. Si c'est vrai, c'est intolérable ; cela doit être sanctionné ».

« Le MPP désapprouve les approches irresponsables d'une partie de la classe politique... »

Le 6 avril dernier, le président du Faso, Roch Kaboré, venait d'effectuer ces cent premiers jours à la tête de l'Etat depuis sa réélection en novembre 2020. Ces cent jours, le parti en retient quelques éléments. Le premier, Simon Compaoré et ses camarades semblent se féliciter de la signature de contrats de performances par les membres du gouvernement. Ces contrats « les engagent à donner le meilleur d'eux-mêmes dans l'exercice de leurs fonctions.

Les ministres seront évalués périodiquement par le Premier ministre... C'est un challenge que l'équipe gouvernementale devra relever », a indiqué Simon Compaoré. Le deuxième élément à mettre à l'actif des cent premiers jours du président du Faso, selon le MPP, est la réforme des examens scolaires. Cela « soulève une levée de boucliers chez les élèves... Le MPP désapprouve les approches irresponsables d'une partie de la classe politique, qui nous éloignent d'une sortie de crise ».

Puis d'inviter les associations scolaires à une reprise des cours dans les meilleurs délais. Répondant à une question relative à la récente décision de la Justice suspendant la procédure de destitution du maire de l'arrondissement 10, Jérémie Sawadogo, Simon Compaoré dira que ce dernier « s'est auto exclu en préférant aller battre campagne pour d'autres partis ». Et de poursuivre en ces termes : « C'est le summum de la gravité au sein d'un parti. C'est un maire qui avait été sanctionné et qui a récidivé.

C'est tout à fait normal qu'il rende le tablier. Nous allons suivre cette question de très près ». Troisième arrêt : une lettre ouverte d'Ablassé Ouédraogo, président de Le Faso Autrement, adressée au président du Faso en rapport avec la crise au sein de la Communauté musulmane au Burkina Faso (CMBF), fait les choux gras des médias et ce, depuis le 16 mai 2021. Cette lettre semble ne pas avoir une boîte postale chez Simon Compaoré. « Ablassé Ouédraogo se trompe.

C'est une attitude qui consiste à mettre de l'huile sur le feu alors que les choses étaient en train de rentrer petit à petit dans l'ordre», a regretté Simon Compaoré. Et de s'interroger : « Pour des gens (MPP) qui se sont battus et qui ont conquis le pouvoir d'Etat et qui le gèrent actuellement, ont-ils besoin de coups-bas ?». Et de se confier à Dieu : « Il (Dieu) ne souhaite pas voir notre pays dans la tourmente. Il saura apaiser les cœurs ».

« Nous chérissons les débats démocratiques en notre sein aussi »

Dans le même sillage et c'est là où les cœurs ont aussi besoin d'être apaisés, il a évoqué l'affaire de la mosquée de Pazanni. Simon Compaoré, sur ce dossier, dit s'aligner sur les récentes explications du ministre en charge de l'administration territoriale, Clément Sawadogo. Et d'ajouter : « On peut tout dire de nous, sauf nous traiter de gens qui ne sont pas respectueux de la Justice ».

Autre point abordé au cours de cette conférence de presse du 17 mai dernier : le parti de Roch Kaboré s'active pour la tenue de son prochain congrès qui, selon sa direction, doit intervenir courant 2021. Mais déjà, selon Simon Compaoré, dans la quinzaine du mois de juin, une rencontre du bureau politique national sera convoquée à l'effet d'adopter les différents travaux qui avaient été confiés à certains d'entre eux. Il s'agit de la relecture des textes et statuts du parti, de son programme d'activités et du choix du thème du congrès.

Et déjà, ce sont des réactions de militants qu'on pourrait qualifier de batailles d'anti- chambre en prélude au congrès qui, selon Simon Compaoré, devra connaître le renouvellement de la Direction politique, qui se font constater. Le président du parti au pouvoir a estimé que ce qui pourrait être qualifié de bagarres, dénote plutôt de la vitalité du parti du Soleil levant. « Pour un grand parti comme le MPP, des contradictions ne peuvent pas ne pas naître. Nous chérissons les débats démocratiques en notre sein aussi », a-t-il souligné.

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