Madagascar: Sommet de Paris - Absence remarquée de Madagascar

Sommet de financement des économies africaines

Le Sommet de Paris, initié par le président français Emmanuel Macron, s'est tenu hier 18 mai, avec la présence de chefs d'États et de gouvernements africains, européens, et des patrons d'institutions de financement, entre autres la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l'Agence française de développement (AFD) et l'Union européenne.

Ce sommet sera d'une grande importance pour l'Afrique afin de relancer l'économie du continent qui, contrairement aux puissants pays du nord, ne dispose pas de mécanisme dédié après le début de la pandémie de Covid-19.

Comme à son habitude, la grande famille des bailleurs de fonds, comprenant la France, les États-Unis, l'Allemagne, des pays scandinaves, la Chine ou encore le Japon, se met au chevet des "pays amis" de l'Afrique pour étudier la mise en oeuvre de cette relance économique, suite notamment au constat de recul de la croissance continentale.

Le 17 mai, Paris a vu l'arrivée des présidents africains et les annonces de la présence virtuelle d'une partie d'entre eux, comprenant entre autres l'angolais Joao Lourenço, le président en exercice de l'Union africaine et président de la RDC, Félix Tshisekedi, le mozambicain Felipe Nyusi, le rwandais Paul Kagame, Alassane Ouattara de la Côte d'Ivoire et Macky Sall du Sénégal.

Seront également représentés physiquement l'Égypte, l'Éthiopie, le Ghana, le Mali, la Mauritanie, le Nigeria, le Soudan, le Togo et la Tunisie et, côté européen, l'Italie, l'Espagne et le Portugal ainsi que l'Union européenne, et la directrice générale du FMI, la bulgare Kristalina Gueorguieva et le directeur général de l'IFC, le sénégalais Makhtar Diop.

Les Pays-Bas, l'Allemagne, le Japon, le Kenya, la Tanzanie et l'Afrique du Sud, l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques), l'OMC (Organisation mondiale du commerce), et la Chine ont confirmé leur présence en visioconférence, ainsi que le président de la Banque mondiale, David Malpass.

Situation délétère

Dans les annonces officielles et les présences réelles des dirigeants africains à Paris, d'aucun a noté l'absence remarquable de Madagascar, sauf annonce de dernière minute. Vérification faite très tôt le 18 mai, aucune annonce officielle ni d'article média n'a inscrit la présence de la Grande île, ni même en visioconférence.

Il est légitime de se poser des questions sur cette absence, d'autant que le thème du Sommet de Paris se base sur la recherche de solution à court et moyen terme sur la relance économique en Afrique.

Il faut en effet remonter au mois de mai 2019 pour constater le dernier déplacement officiel d'une délégation malgache à Paris. Depuis, il y a eu la pandémie et la fermeture des frontières de part et d'autre. Mais pendant l'année 2020, les observateurs ont également été témoins de la détérioration des relations franco-malgaches, notamment après le passage éclair du président Macron sur l'île Glorieuse annonçant la phrase assassine, «Ici, c'est la France», loin d'être innocente sur le conflit des Îles Éparses.

Cette situation est devenue délétère avec des dossiers économiques comme l'appui sur l'énergie où la France a regretté l'abandon du projet du barrage hydroélectrique de Sahofika, dont le groupe Eiffage, à travers le consortium Neho, devait être chargé de la construction. S'en suit d'autres dossiers «bloqués», comme celui du barrage de Volobe, où le groupe Axian très présent en Afrique francophone et au-delà, à travers sa filiale Jovena, ou encore la contestation à peine voilée de la teneur du contrat Ravinala Airports, très suivi par Paris et par le groupe Aéroports de Paris, contrat signé avec le régime précédent.

Même si le volet diplomatique ne révèle aucun point de discorde sur les relations entre les deux pays, notamment après le passage éclair du secrétaire d'État français Jean Baptiste Lemoyne, chargé du Tourisme et des français de l'étranger, à Madagascar et ayant rencontré le président Andry Rajoelina, «l'opportunité de l'absence malgache» au Sommet de Paris soulève des questions. D'autant qu'au moment où cet article est rédigé, aucune des deux parties n'a émis aucune information sur la présence ou non de la Grande île en France auprès des pays africains pour ce sujet crucial de la relance.

Plus de: L'Express de Madagascar

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