Gambie: Le gouvernement pourrait faire face à des procédures judiciaires si les recommandations de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations ne sont pas mises en œuvre

Alors que les audiences publiques de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) sont sur le point d'atteindre leur point culminant le mois prochain, le secrétaire général de l'Institut pour le Développement et les Droits de l'Homme en Afrique, Gaye Sowe, a laissé entendre qu'ils sont prêts à entamer des procédures judiciaires si les recommandations de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations ne sont pas mises en œuvre.

" La Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) a accompli un excellent travail en mettant des sujets sensibles au premier plan. Nous nous devons cependant d'interpeler le gouvernement et la Commission sur leurs responsabilités. Nous avons déjà documenté certains dossiers et nous sommes prêts à entamer des procédures judiciaires au cas où les recommandations de la Commission ne seraient pas prises en considération " a-t-il déclaré.

Mr Sowe a fait cette déclaration au cours de l'ouverture de la Conférence Internationale sur l'Identification de Bonnes Pratiques dans la Recherche des Personnes Disparues et Victimes d'Exécutions Extra-Judiciaires en Gambie. La réunion organisée par l'IHRDA en collaboration avec Justice Internationale et Swisspeace a été tenue au Centre de Conférence Internationale Sir Dawda Jawara de Kairaba.

Les sommités ont déclaré que le forum permettra aux participants d'entreprendre de profondes réflexions sur les disparitions forcées et les exécutions extra-judiciaires tout en mettant un accent particulier sur le contexte Gambien, le partage des connaissances sur les bonnes pratiques à adopter dans la recherche de personnes disparues, l'apport de remèdes appropriées et la prévention de la prévalence.

Selon lui, de grosses violations des Droits de l'Homme ont été commises, et ce, de manière systématique dans le pays au cours du règne de l'ancien Président Jammeh. " Nous sommes tous conscients des violations des Droits de l'Homme qui ont été perpétrées dans ce pays au cours des 22 dernières années. Je n'ai aucunement l'intention de revenir en long et en large sur ce sujet. Cependant, nous pouvons remarquer une nette amélioration en ce qui concerne la préservation des Droits de l'Homme dans ce pays. Bien que les crimes contre les Droits de l'Homme n'aient pas complètement disparu, beaucoup de progrès a été cependant accompli. "

Gaye Sowe a ajouté: " En tant qu'Organisations de la Société Civile, nous menons la lutte contre l'impunité. Raison pour laquelle cette réunion revêt une importance capitale car nous interpellerons le gouvernement sur la responsabilité qui l'incombe de faire toute la lumière sur tous les dossiers sans exception, et ce, en vue de déterminer l'identité des personnes disparues ou arbitrairement exécutées. "

Enya Braun, chef de la Délégation de l'UE pour la Coopération Internationale et l'Aide au Développement en Gambie a déclaré: " Du Lundi au Jeudi, pendant cinq ou six heures, quelque soit votre lieu de destination, l'attention de tous les citoyens du pays est rivée sur les audiences publiques de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations qui sont présentement diffusées à la télévision et à la radio. Les discussions dans les transports publics et privés, les taxis et les bureaux tournent régulièrement autour de la déposition de tel ou tel témoin. Les citoyens se posent toujours avec incrédulité la question: « Avez-vous entendu la déposition de tel ou tel témoin ? » Les audiences publiques de la Commission ont révélé, et continuent de mettre la lumière, sur une série d'horreurs d'une magnitude jamais égalée dans ce pays. "

Elle a ajouté que le processus est loin d'être achevé pour les victimes et leurs familles " qui s'attendent non seulement à ce que les recommandations de la Commission soient pleinement mises en œuvre en matière de poursuites judiciaires contre les auteurs de violations de Droits de l'Homme, mais également que les aspects qui concerne les indemnisations et dédommagements, l'allègement et l'apaisement des souffrances morales, l'établissement d'un monument ou institution publique servant à commémorer la mémoire des disparus et surtout, la mise en place de procédures et mécanismes visant à prévenir la récurrence de tels évènements à l'avenir ne soient aucunement négligés. "

" Tant que le processus de justice transitionnelle ne sera pas complètement achevé, le pays continue de courir le risque de retomber dans les travers d'un régime dictatorial peu soucieux de la préservation des Droits de l'Homme. Un nombre important d'agents de la fonction publique et des services de sécurité qui ont été incriminés par les investigations n'ont pas fait l'objet de licenciements et/ou d'arrestations car ils continuent d'exercer leurs fonctions, et ce, en toute impunité. "

La réforme des services de sécurité, et ce, par la mise en place de procédures de contrôle, de vérification et de redressement des effectifs, a-t-elle poursuivi, demeure un aspect crucial pour la mise en place d'un système démocratique soucieux du respect et de la préservation des Droits de l'Homme.

" A ce jour, aucune stratégie qui doit rendre justice au peuple de Gambie, et ce, à travers la mise en œuvre des recommandations de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations concernant les poursuites judiciaires contre les auteurs de violations de Droits de l'Homme, la possibilité d'indemnisations et de dédommagements et l'établissement d'une institution ou monument publique en charge de veiller à la commémoration de la mémoire des victimes disparues n'a été mise en place. "

Entre-temps, Dawda Jallow, le Procureur Général et Ministre de la Justice a déclaré: " Au risque de sonner comme un disque rayé, l'histoire et le passé douloureux de la Gambie en matière de disparitions forcées et d'exécutions extra-judiciaires est remarquablement bien documenté. "

" Comme je l'ai déclaré auparavant, nous avons enregistré des succès au cours du processus. Il est important de partager nos succès afin de pouvoir consolider et améliorer nos acquis. Vous serez ravis d'entendre que le Ministère a présenté son premier rapport au Comité du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme suite à l'enquête sur les disparitions forcées. "

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