Afrique de l'Ouest: Le Forum de Bamako pour une réforme profonde des systèmes éducatifs au Sahel

20 Mai 2021

Entreprendre des réformes en profondeur des systèmes éducatifs des pays du Sahel afin de se doter d’un capital humain de qualité capable de porter les aspirations de développement. C’est l’une des fortes recommandations notées à l’ouverture des travaux de la 21eme Édition du Forum de Bamako, ce jeudi 20 mai 2021 dans la capitale malienne. Une indication qui rappelle à la nécessité d’augmenter les investissements publics dans l’éducation, la santé, les jeunes, les femmes, entre autres, au moment où 55% des enfants âgés de 8 à 14 ans dans la région de la Liptako-Gourma (Mali, Burkina Faso et Niger) ne vont pas à l’école.

(Envoyé spécial) – « Développement durable et capital humain : bilan et priorités opérationnelles pour la Transition au Mali ». C’est le principal thème de l’édition 2021 du Forum de Bamako ouvert ce jeudi 20 mai dans la capitale malienne.

Cette rencontre de trois jours met le doigt sur la nécessité de doter les pays du Sahel, en général, le Mali, en particulier, d’un capital humain de qualité pour faire face aux défis dans un contexte de pandémie de covid-19.

Le  Pr. Hamidou Boly, Représentant de la CEDEAO au Mali a indiqué la voie à suivre pour disposer d’un capital humain de qualité.

Selon lui, les gouvernements doivent travailler à révolutionner leurs systèmes éducatifs à l’image des Dragons asiatiques qui, en dix ans, ont réussi ce pari avec des résultats probants sur le développement économique et social.

Dans cette même veine, Mme Soukeyna Kane, Directrice pays de la Banque Mondiale estime que la crise mondiale actuelle est une opportunité pour rebâtir le système éducatif et celui de la santé.

Elle rappelle ainsi qu’un capital humain est un moteur capital de développement durable.

Le Président du Forum de Bamako, M. Abdoullah Coulibaly, pour sa part, a mis le curseur sur la qualité des enseignants en charge de la fourniture du savoir aux enfants.

Pour le Pr Alioune Sall, Directeur exécutif de l'Institut des Futurs Africains, la valorisation du capital humain est à la fois un défi majeur et un impératif pour la Mali.

Dans la même veine, il estime que le Mali partagera ce défi majeur avec tous les pays du Sahel en quête de ressources humaines de qualité devant adresser les défis de l’heure.

A son avis, si nos États veulent résoudre la problématique des emplois de demain, ils sont dans l’obligation d’investir dans le capital humain.

Équation sur la manière de réaliser ces investissements massifs et urgents

Dans cette même dynamique, le Directeur régional de l’UNFPA Afrique de l’Ouest et du Centre se désole du fait que dans certains pays de la région, la moitié des enfants en âge d’aller à l’école ne soit pas scolarisée.

Selon lui, c’est 55% d’enfants âgés de 8 à 14 ans dans la région de la Liptako-Gourma (Mali, Burkina Faso et Niger) ne vont pas à l’école. A cela, s’ajoute le fait que trois femmes sur quatre ne sont pas alphabétisées.

Ce qui, à son avis, constitue deux repères qui montrent l’enjeu et l’ampleur du défi du développement du capital humain auquel les pays du Sahel sont confrontés à l’heure de la quatrième révolution industrielle.

Pour lui, il s’agit de développer les compétences, les qualifications et connaissances qui vont permettre de corriger les inégalités sociales et de soutenir la croissance économique.

Le patron du bureau Afrique de l’Ouest et du Centre de l’UNFPA pense que la grande difficulté des pays du Sahel comme le Mali c’est comment réaliser de tels investissements qui sont à la fois massifs et urgents.

Mais surtout, comment le faire dans un contexte de crise généralisée (sécuritaire, humanitaire, sanitaire).

Devant cet état de fait, M. Ngom pense que la question centrale à laquelle les pays de la région doivent répondre est de voir comment investir dans ce chantier de développement du capital humain.

Un capital humain face à une locomotive en panne

Interpellé sur la problématique, en marge du Forum de Bamako, imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut conseil islamique pense que le capital humain a besoin de locomotive de qualité pour répondre aux aspirations des peuples.

Malheureusement, se désole-t-il, « la locomotive africaine est en panne parce qu’elle est représentée par une élite politique, religieuse, intellectuelle qui nous vaut ce qu’on est en train de vivre aujourd’hui ».

Ce constat amer de l’imam Dicko remet au gout du jour le problème de gouvernance dont souffre la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, notamment ceux du Sahel.

D’après lui, c’est tout le monde qui doit accepter de se remettre en cause pour trouver des solutions.

La presse a profité de cette opportunité pour l’accrocher sur la situation politique malienne.

Très avare en parole sur ce sujet, cet imam qui avait mené la révolution ayant entrainé la chute du président Ibrahima Boubakar Keîta lance sèchement : « la transition n’est pas la fin ni le début du Mali. C’est un processus et on est dedans ».

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