Congo-Kinshasa: Peinture - La Fondation Basango relance ses activités avec l'exposition «Réalisme imaginaire»

Après 5 ans d'inactivité, cette structure qui œuvre pour la sauvegarde de l'art congolais et africain a récemment réouvert ses portes sur un nouveau site situé à la cité Tchikobo, au Centre-ville, avec l'exposition de peinture intitulée «Réalisme imaginaire» du peintre congolais de la République démocratique du Congo (RDC) Fiston Maketa.

Le Vernissage de ladite exposition qui a eu lieu le 13 mai dernier a aussi marqué l'inauguration de la nouvelle galerie Basango. Fiston Maketa expose 23 tableaux (acryliques sur toiles avec des paillettes) de différents formats allant de 150x150 cm (avec le tableau intitulé «Dernière photo») à 85x85cm (tableau «Moseka» la vierge). Les toiles représentent des hommes et des femmes souriants et joyeux, à la forme et à la couleur de peau souvent pas ordinaire. Le peintre ayant une imagination fertile et une préférence pour les couleurs chaudes a expliqué : «Chacun a sa façon de voir les choses. Moi je peux vous voir bleu ou rouge alors que d'autres vous voient noirs. C'est pourquoi j'ai intitulé cette exposition «Réalisme imaginaire». Je peins la réalité de mon imaginaire. Pour ce qui est des couleurs, j'aime le chaud, le chaud c'est l'Afrique».

Optimiste et Autodidacte, Fiston Maketa s'inspire de son quotidien. Sur ses toiles, il peint la société congolaise (les deux Congo). Sur plusieurs de ses tableaux, on note la présence de la moto, des vieilles voitures, des plantes ainsi que des arbres. Pour l'artiste, les arbres c'est l'Afrique, une Afrique qui n'est pas encore construite. La moto c'est pour évoquer les difficultés de transport auxquelles nous sommes souvent confrontées au quotidien en RDC qui ont conduit à l'utilisation des taxis-motos communément appelés «wewas». Et les vieilles voitures, telles que «les Kombis», pour montrer aux jeunes les moyens de transport que les grands-parents utilisaient à leur l'époque.

Fiston Maketa, qui se décrit comme un artiste populaire contemporain, se met lui-même aussi en scène. On peut le reconnaître sur certains tableaux, entouré de ses proches et des membres de sa famille. Une manière pour lui de présenter sa culture, la joie d'être ensemble avec ceux qu'on porte et ceux qu'on aime, la joie qui règne en RDC malgré les situations difficiles. L'artiste veut aussi montrer la force du sourire qui, pour lui, permet de surmonter les difficultés. «On manque presque de tout, mais on ne manque pas de sourire et le sourire ne se vend pas», a-t-il lancé tout souriant.

Ainsi, après 5 ans de silence, la Fondation Basango, qui œuvre pour donner de la visibilité aux artistes congolais, africains et ceux de la diaspora, renoue avec ses activités. Celles-ci seront dorénavant axées uniquement sur les arts plastiques et le cinéma, a confié son directeur, Wilfrid Massamba : «Le projet Basango n'était pas fini, il était juste en stand-by. En revenant ici au Congo où se trouvent mes racines, après avoir séjourné 5 ans en Colombie, l'idée est de relancer nos activités en se concentrant sur la partie exposition d'œuvres d'art des artistes africains, afro descendants et congolais, et également sur le Cinéma. Nous allons relancer le Moké film festival qui connaitra sa 3e édition en septembre prochain».

Outre l'exposition, l'inauguration de la nouvelle galerie Basango a été enrichie en couleurs avec la présence de la chanteuse et styliste congolaise, créatrice de la marque Liputa Swagga, Tchianna Tchicou-Pembey alias Queen Tawa, qui a présenté certaines de ses créations faites en Liputa (pagne), dans le thème afro stylisme, son thème de prédilection. Ses modèles (conçu dans le style afro futurisme) qui donnent l'impression d'avoir des Mapapu (des ailes) sont à la fois extravagants et élégants. Les créations de Queen Tawa suscitent admiration et interrogation.

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