Tchad: Manifestation étouffée à N'Djamena - "Nous sommes dans un pays de non droit"

Une vue de l'Union africaine à Addis-Abeba, Ethiopie

Une manifestation prévue mercredi à N'Djamena contre la junte au pouvoir dirigée le général Mahamat Idriss Déby après le décès de son père, le maréchal Idriss Deby Itno, a été stoppée. Les militaires ont pris d'assaut les espaces vides et les coins stratégiques, empêchant tout regroupement.

La manifestation avait été interdite par les autorités de transition. Mercredi matin, les quartiers où résident les responsables de la coalition Wakit Tama ont été quadrillés par les éléments de la DGSSIE, la garde présidentielle.

Des mouvements sporadiques, très vite étouffés par des militaires lourdement armés. Des bastonnades et arrestations à domicile ont été signalées comme en témoigne à VOA Afrique Djimadoum Térasna, habitant le quartier Gassi, commune du 7e arrondissement de la capitale.

Il informe que des militaires à bord d'une dizaine de véhicules ont fait irruption chez aux environs de 5 heures (heure locale) pendant que les membres de sa famille étaient endormis.

"Un militaire a voulu tirer à balles réelles sur les enfants qui étaient dans la chambre et j'étais obligé de demander aux enfants de sortir. C'est comme ça qu'ils ont ramassé quatre personnes dont un enfant de 15 ans. Les deux sont convalescents. Je demande la libération sans condition de mes enfants parce que nous ne sommes pas des manifestants", a-t-il plaidé.

Des arrestations ont été également signalées à Bongor, province du Mayo Kebbi Est et à Moundou, province du Logone Occidental, capitale économique du Tchad.

Le président du parti réformiste, Yacine Abderamane Sakine, à la tête d'une colonne des marcheurs dans la commune du 8ème arrondissement municipal, a été arrêté avec quelques militants de son parti.

Dr Succès Masra, leader du parti Les Transformateurs, lance un appel à l'endroit de la communauté internationale.

"Notre pays est à la croisée des chemins. Que ceux qui espèrent que nous peuple tchadien, nous allons encore nous mettre à genoux, qu'ils soient les partenaires du Tchad, qu'ils soient les partenaires internationaux, qu'ils soient l'ancien système, je vais leur dire qu'ils sortiront par la petite porte", a-t-il averti.

Pour lui, Il y a deux Tchad aujourd'hui: "le Tchad de ceux qui sont escortés par les forces de sécurité dont le transport est assuré pour marcher pour demander que le système reste en place et il y a le Tchad de ceux qui veulent la justice et qui n'ont pas le droit de manifester", précise-t-il.

L'ancien président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme et avocat au barreau du Tchad, Maitre Midaye Guerimbaye, dénonce le comportement des autorités de transition qui selon lui cherchent à diviser les Tchadiens.

"Nous sommes dans un pays de non droit. La chose la plus importante dans une république, c'est d'abord la Constitution qu'on n'a pas de difficulté à la déchirer et donc ce n'est pas choisir les gens qui doivent marcher qui poserait de problème", a déploré Me Midaye.

Entretemps, des marches des organisations pour soutenir la junte au pouvoir prévues pour ce jeudi sont autorisées. Il s'agit des marches de la coalition Tchad en marche et nouvelle vision, deux plateformes favorables à la transition militaire.

Plus de: VOA

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