Tchad: Des craintes au sujet de la transition

Une vue de l'Union africaine à Addis-Abeba, Ethiopie

Depuis le décès d'Idriss Déby Itno, il y a un mois, son fils Mahamat Déby dirige le Tchad et les inquiétudes persistent sur son maintien au pouvoir après la transition.

Cela fait un mois maintenant qu'Idriss Déby Itno, qui a dirigé le Tchad pendant une trentaine d'années, a été tué lors de combats contre des rebelles.

Depuis ce décès, c'est son fils le général Mahamat Idriss Déby qui dirige le pays pour une période de "transition" au terme de laquelle des "élections libres et transparentes" doivent être organisées.

18 mois, renouvelable une seule fois, c'est la durée de la transition que dirige Mahamat Idriss Déby. Une transition dont les modalités de fonctionnement se basent sur une charte rédigée et rendue publique aussitôt après la prise du pouvoir par les militaires suite au décès d'Idriss Déby. Seulement voilà, pour certains membres de la société civile comme l'activiste Abel Maina, cette charte pose toujours problème.

" La charte de la transition donne trop de pouvoir, cela donne les pouvoirs d'un chef d'Etat normal. C'est lui qui décide de tout, c'est lui qui révoque qui il veut, il nomme qui il veut. Cela lui laisse aussi la possibilité de modifier la charte quand il le veut et donc de rester au pouvoir ", s'indigne-t-il.

Mahamat Déby qui reste indéfiniment au pouvoir, c'est ce que ne souhaitent pas l'opposition et la société civile tchadiennes qui peinent pourtant à parler d'une même voix.

Des priorités

Depuis la prise de pouvoir des militaires, les manifestations d'opposants à la junte ont été interdites ou réprimées sans susciter de réelles condamnations.

Cette situation illustre l'isolement relatif de ces derniers selon le politologue et spécialiste du Tchad Roland Marchal qui rappelle que l'Union Africaine a toujours pesé pour que les responsables de la transition ne soient plus candidats à des scrutins qu'ils organisent. Le chercheur identifie certaines priorités :

" Les organisations de la société civile vont devoir dans les mois, les semaines qui viennent se concentrer sur trois objectifs importants : 1) limiter le temps de la transition. 18 mois et rien de plus, et peut-être moins de 18 mois. 2) Obtenir que des responsables de la transition ne puissent pas se présenter aux élections présidentielles. 3) définir quelle vont être la forme, la nature et l'étendue du dialogue national inclusif qui est promis à la fois par la charte de transition et surtout par la nomination d'un ministre ad hoc qui a été pendant longtemps une grande personnalité de l'opposition : Acheikh Ibn- Oumar."

Acheikh Ibn- Oumar, le tout nouveau ministre chargé de la réconciliation nationale et du dialogue a récemment déploré sur notre antenne la répression des manifestations de l'opposition.

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